Papineau-Histoire-Qc.ca
LES PAPINEAU DU QUÉBEC 
                                et d'ailleurs
La première génération :
Samuel Papineau dit Montigny (1670-1737)

  • 1.7 recherches, analyses, documents



  • 1.7.0 À LA RECHERCHE DE SAMUEL PAPINEAU
    Dans la recherche des premières racines de la famille Papineau, on découvre que la technologie moderne peut apporter un éclairage additionnel à ce qui nous a été transmis jusqu'ici. Essentiellement, on peut exploiter les sources suivantes:
    - la tradition orale de la famille,
    - les transcriptions par Louis-Joseph Papineau (1786-1871) de 5000 feuillets des archives de la Marine pendant son exil forcé à Paris de 1839 à 1845, et dans sa correspondance abondante, en particulier avec son fils Amédée.
    - les démarches de son fils Amédée aux lieux d'origine en 1878,
    - les travaux considérables d'enquêtes et de publications jusqu'en 1965 par le généalogiste le plus prolifique de la famille, le lieutenant-colonel Denis-Benjamin II  Papineau (1890-1965),
      aide-de-camp des lieutenants-gouverneurs du Québec,

    - tous travaux qui ont amené l'archiviste-historien Roland C. Auger à écrire une notice biographique de Samuel Papineau, en français et en anglais, dans le célèbre Dictionnaire Biographique du Canada©, publié par l'Université Laval de Québec et l'Université de Toronto.

    Une étude attentive de ce dernier document donne un bon exemple de l'évolution des techniques en recherches historiques. Cette notice datée d'environ 1960-1965 comprend une erreur sur la résidence du premier ancêtre Samuel Papineau, laquelle a été perpétuée par tous les historiens. Les techniques modernes permettent de la corriger: les microfilms des actes notariés de la Nouvelle-France, répertoriés en informatique sur l'instrument de recherche Parchemin, gracieuseté de la chambre des notaires du Québec, indiquent que Samuel Papineau a toujours habité la même terre acquise en 1699 des Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montreal, à la Côte-St-Michel de l'île de Montréal.
    La terre que lui et son épouse Catherine ont vendue en 1705, aussi à la Côte-St-Michel, était celle du premier mari de Catherine, Guillaume Lacombe dit St-Amant décédé en 1703.
    Et la deuxième terre qu'ils ont acquise des Sulpiciens à Rivière-des-Prairies en 1711 était au bénéfice de sa belle-famille, car cédée peu après à Pierre Taillefer et à son épouse, Jeanne Hunault dit Deschamps, veuve Quevillon, la mère de Catherine. On apprend même dans l'acte notarié que cette terre avait été reprise par les Sulpiciens pour non paiement des droits et cens, et que sa mise en vente avait été affichée aux portes de l'église plusieurs dimanches consécutifs.
    Et voilà l'erreur corrigée, du moins en principe, car elle continuera d'être répandue par une foule d'anciennes publications!

    Pour les générations suivantes, comme on le verra plus loin, la notoriété de plusieurs descendants de Samuel Papineau a amené de nombreux chercheurs, historiens et analystes de toutes tendances et idéologies à publier une production monumentale, souvent romancée, dont nous donnerons surtout la bibliographie tout en corrigeant les erreurs les plus criantes.

    On notera aussi l'essai en 1989 de moderniser la généalogie de la branche la plus connue, dite "politique", dans la compilation du "Mémorial Papineau" de Normand Pickering-Leblanc aidé de l'écrivain Claude Lamarche. Là aussi se sont glissées de nombreuses erreurs, en partie dues à la faillite de la maison d'édition.

    C'est donc avec beaucoup de respect et d'humilité que nous avons repris à l'automne 1998, et de nouveau au printemps 2000, des recherches sur le premier ancêtre Papineau, sur le terrain, à Montigny et autres lieux dans les Deux-Sèvres, et dans les archives, à Paris, à Niort, à La Rochelle, à Rochefort, à La-Roche-sur-Yon en Vendée, et à Bordeaux. Nous avons  même vérifié les archives à Rouen pour sa banlieue appelée Montigny où un contributeur à la base de données informatisée des Mormons y faisait naître par erreur le premier ancêtre.

    Cela faisait suite à des rencontres et des relevés entre 1965 et 1969, au lieu présumé d'origine du premier ancêtre, à La Papinière de Montigny ainsi qu'à La Rochelle et à Paris où l'auteur habitait à l'occasion d'une affectation diplomatique.
    Ces recherches permettent d'établir qu'il existait en France vers l'an 1600 plusieurs noyaux de familles Papineau, celles reliées à l'Amérique se trouvant toutes dans les provinces de l'Ouest de la France.
    (On trouve aux archives des Mormons une très ancienne famille Papineau à Annonay, dans l'Ardèche, sans lien connu avec le Nouveau-Monde).
    Ces anciennes familles Papineau habitaient principalement:  Bordeaux, l'Île d'Oléron et La Rochelle, ainsi que le nord des Deux-Sèvres, dont Montigny et La Boissière. Dans le sud des Deux-Sèvres, c'est-à-dire Niort et les environs, on retrouve aussi des Papineau et des Papinot qui semblent être des Huguenots. 

    C'est aussi dans le département des Deux-Sèvres que l'on trouve le plus grand nombre de lieux-dits:
    La Papinière à Montigny, dont voici l'illustration, mais aussi près de Bressuire, aussi entre Cholet et sa banlieue de St-Léger et à St-Paul-en-Gâtine. À Saint-Prouant, à l'ouest de Pouzauges, près du prieuré de Grammont et de la tombe de Clémenceau se trouvent les Hautes Papinières et les Basses-Papinières. Autant de preuves que de nombreux Papineau sinon des Papin sont passés par là. En 2004 nous avons visité une famille au "lieu dit" La Papinaudière, près de Les Groseilliers, au centre du Département des Deux-Sèvres.

    Ainsi nous avons beaucoup appris sur les circonstances générales à l'époque du départ de l'ancêtre, sur les guerres de religion en Poitou, sur les soldats des Détachements de la Marine et sur les conditions héroïques de leur traversée en Nouvelle-France, sur les dures guerres qu'ils ont livrées, et finalement sur les conditions aussi héroïques de l'implantation de ces jeunes Français en Nouvelle-France. Les démographes estiment que ces quelque trois-milles enfants-soldats des Troupes de la Marine sont les ancêtres d'au moins le quart des quelque vingt millions de descendants Français vivant aujourd'hui en Amérique.

    En dépit des dévastations causées par les révolutions et les guerres, les archives françaises recèlent certainement encore beaucoup de surprises.
    Il faut ainsi colliger cette masse de documentation trouvée en France et la confronter aux très riches archives de la Nouvelle-France, heureusement de plus en plus disponibles sous forme informatique.
    Malgré toutes ces recherches et malgré l'aide précieuse des amis chercheurs francais, nous n'avons pas encore repéré en France les pièces originales de l'état civil ou religieux de Samuel Papineau ou de ses parents.
    Une jeune dame des archives départementales des Deux-Sèvres à Niort (lesquelles avaient été incendiées au début du siècle) avait certainement découvert un document. Avant 1939, elle informait le lieutenant-colonel Denis-Benjamin Papineau II, le généalogiste attitré de la famille, qu'elle ne pouvait lire correctement si le nom de l'épouse du père de Samuel Papineau, lui-même prénommé Samuel, était bien Delain ou Delair. Ce document est maintenant introuvable.

    Par contre la tradition orale joue aussi un rôle important dans l'histoire des Papineau car plusieurs sont lettrés dès la première génération née en Nouvelle-France. Ainsi, Catherine Quevillon (1686-1781) a 18 ans à son mariage avec Samuel Papineau en juin 1704. À son décès en 1781, à l'âge de 95 ans, son fils Joseph I a 62 ans et son petit-fils Joseph II a 27 ans. Or le premier sait lire et écrire et le deuxième est notaire. Il faut donc accorder beaucoup d'importance à la tradition orale des Papineau pour cette période telle qu'elle leur fut racontée par l'aïeule.



    On doit aussi se référer aux documents abondants d'autres archives en France et en Nouvelle-France. Ce que nous ferons au cours du récit. Qu'il suffise de présenter ici trois documents:
     

    1.-  Le certificat de mariage de Samuel avec Catherine Quevillon le 16 juin 1704. L'officiant est le père sulpicien Jean Bouffandeau, natif de Cholet, donc Vendéen comme Samuel et connaissant certainement le prieuré et la ville de Montigny. Il inscrira dans le registre: "Samuel Papineau dit Montigny,  fils de Samuel Papineau et de Marie Delain ses père et mère de la ville de Montigny en la province du Poitou dans le royaume de France".

    2.- ÉPITAPHE DANS LA CHAPELLE FUNÉRAIRE DES PAPINEAU AU MANOIR DE MONTE BELLO, commémorant la mémoire des parents du jeune soldat qui vint en Nouvelle-France.
    (concue et exécutée vers 1885 par Ls.-J.-Amédée Papineau, fils du patriote Louis-Joseph Papineau)

    Transcription

           la Mémoire de
     SAMUEL PAPINEAU
     de la Papinière, commune de Montigny
     en Poitou, d'Origine Gallo-Romaine*
       et de MARIE de LAIN son
       Épouse
     Victimes des Guerres de Religion**
     Lui, Mort avant 1686. Elle après cette année

    * L'inscription "d'Origine Gallo-Romaine"est du cru de l'auteur de l'épitaphe qui avait vu de nombreuses ruines gallo-romaines pendant son séjour en Poitou en 1878. Il associera aussi le nom de Papineau à celui de Papinien, en latin Aemilius Papinianus, un des plus grands juristes romains, mis à mort en  212 par l'empereur Caracalla. Ce Papinien avait servi dans les provinces romaines sur le Rhin et peut-être en Gaule.
    Étrangement, en ancien patois Vendéen, Papineau se prononce Papinia.

    ** Pour des interprétations possibles du libellé "victimes des guerres de religion", voir le chapitre 1.7.2.Les ancêtres de Samuel Papineau étaient-ils huguenots ?


    3.- BLASON DE GILLES PAPINEAU, frère présumé de Samuel.
    Selon le généalogiste Denis-Benjamin II Papineau, Samuel Papineau dit Montigny qui vint en Nouvelle-France en 1688 était peut-être le jeune frère de celui qu'il remplaça en se portant volontaire dans la recrue de 1688: "Gilles Papineau, greffier des rolles de la paroisse de la Boissière" qui fut gratifié d'un blason (écus ancien et moderne) :

    "De sable, semé d'étoiles d'or et de billettes d'argent" .

    (Armorial général du Poitou, de Charles D'HOZIER, pour Mauléon, Généralité de Poitou.
    Recueil officiel dressé en vertu de l'édit de 1696.
    L.Clouzot, libraire à Niort, 1878. p. 63)

    La paroisse de la Boissière et la ville de Mauléon, autrefois Chatillon-sur-Sèvre, sont voisines de Montigny et 1696 correspond à la présence de la famille de Samuel Papineau à Montigny.

    Libre aux Papineau du 21e siècle d'emprunter son blason à cet oncle français du 17e siècle.



    ©2008 Jean-Yves Papineau                        SUITE>>>