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LES PAPINEAU DU QUÉBEC 
                    et d'ailleurs

première génération:
Samuel Papineau dit Montigny, 1670-1737

1.7.2 apercu historique Vendée-Poitou

ÉPITAPHE DANS LA CHAPELLE FUNÉRAIRE DES PAPINEAU
AU MANOIR DE MONTE BELLO (concue et exécutée vers 1885
par Ls.-J.-Amédée Papineau, fils de Louis-Joseph Papineau).
Dessins originaux aux ANQ-Q, fonds Joseph Papineau.


Transcription de la partie inférieure,
(avec corrections*)

     À la Mémoire de
    SAMUEL PAPINEAU II
 Émigré au Canada en 16_ _* dans l'armée
 Française, puis Colon à la Rivière-des Prairies**
(Ile de Montréal) Mort 23 d'Avril 1737
 Et de CATHERINE QUEVILLON son Épouse
    Morte en 1773***

(*   en 1688)
(**  à la Côte-St-Michel)
(*** elle est décédée en 1781, à l'âge de 95 ans)

 
Le lieu d'origine de Samuel Papineau fut selon plusieurs sources concordantes:
 
le village de La Papinière,
dans le bourg de Montigny,
aujourd'hui, La Forêt-sur-Sèvre,
(autrefois appelée: Baronie de La Forêt sur Sèvre)
dans le canton de Cerizay,
sous-préfecture à Bressuire,
préfecture à Niort du
Département des Deux-Sèvres. (créé en 1789)
Montigny est limitrophe de la Sèvre Nantaise qui à cet endroit est la frontière des Deux-Sèvres avec la Vendée. Cette région est aussi appelée le Bocage Vendéen, à ne pas confondre avec le Marais Vendéen que borde l'Atlantique plus à l'ouest. On appelle aussi La Gâtine ces collines élevées au plus d'une centaine de mètres qui courent grosso modo dans l'axe de Nantes à Limoges.
L'ancien Bas-Poitou dans la France de l'ouest, appartenait à la province du Poitou, avec Évêché à Poitiers.

Les premiers habitants identifiés au Poitou faisaient partie de la nation appelée Pictons où Pictaves qui fut subséquemment combinée aux peuplades voisines, dont les Vénètes situés au nord-ouest, les ancêtres de ces Bretons qui furent les derniers à résister à l'invasion de l'Empire Romain et de ses légions.
La capitale, Poitiers assimila très tôt la culture gréco-latine et fut un des premiers centres de rayonnement culturel en France. Rabelais nous le rappellera plus tard avec bonheur.
On peut voir l'épanouissement de la civilisation à cette période en visitant les ruines gallo-romaines découvertes récemment à Sanxai sur la route entre Niort et Poitiers : aqueduc et thermes, temple de 75 mètres, théâtre de 10,000 places.

Pour son plus grand malheur pendant les siècles suivants, le Poitou a été le lieu de passage obligatoire des envahisseurs qui sillonnèrent la France du nord au sud et de l'est à l'ouest.
Après la chute de l'Empire Romain d'Occident en 476, les Poitevins devenus de paisibles Gallo-Romains connurent la fureur tour à tour:
-des Cimbres venus du nord ,
-des Francs de Clovis qui à la bataille de Poitiers en 507 ont vaincu les tribus venues du sud,
-des Visigoths, qui occupaient l'Espagne et l'Aquitaine,
-des Sarrasins (arabes musulmans), arrètés à Poitiers par Charles Martel en 732,
-des guerres de Charlemagne jusqu'à son sacre en l'an 800,
-des Vikings, venus des brumes scandinaves, aussi appelés "northmans", qui ravagèrent les pays de la Seine et de la Loire jusqu'au traité de 912 de Ste-Claire-sur-Epte qui les fixait en Normandie sous le nom de Normands,......d'où ils partirent conquérir l'Angleterre !!!
-des Anglais suite au mariage d'Eleonor D'Aquitaine avec Henry II Plantagenêt, qui fit du Poitou une province anglaise et amena la guerre de cent ans jusqu'à ce que Jeanne D'Arc et le poitevin DuGuesclin les "boutent hors du Royaume de France".
-Finalement ce furent les Allemands  qui laissèrent des souvenirs désagréables dont les déportations de 4000 Vendéens au travail obligatoire et des dizaines de résistants fusillés à Cerizay aux combats de la Libération en 1944.

Le Poitou fut de plus un des foyers principaux des guerres de religion qui dévastèrent à répétition les plus belles villes de la région. Depuis les prêches de Jean Calvin à Poitiers en 1534 et son prosélytisme doctrinal et politique à partir de son refuge de Genève, soit pendant le seizième et dix-septième siècle, elles opposèrent les Français dans des luttes fratricides, souvent par mercenaires interposés, "rêtres et lansquenets" venus de l'Europe centale.
Ces hordes ont oscillé entre La Rochelle la protestante et Paris la catholique jusqu'à l'abjuration providentielle de Henri IV et la réconciliation apparente apportée par la proclamation de l'Édit de Nantes en 1598.

Les terribles guerres de Vendée de 1790 à 1795 entre les Bleus des armées républicaines et les Blancs de "la grande armée catholique et royale" dévastèrent encore plus ce coin de pays.
Sous la Terreur, les Bleus suivirent le mot lancé depuis la tribune de la Convention par Barrère: "il faut détruire la Vendée".
C'est d'ailleurs notoire que les Vendéens, comme avant la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, sont encore à la Révolution Francaise cent ans plus tard, les défenseurs de la royauté et de la religion catholique. Le sud du Bas-Poitou, dont Niort et La Rochelle, régions traditonnellement Huguenotes dans la noblesse et dans les classes commerçantes, se réfugièrent dans la neutralité.

"Cette armée en sabots" n'en connut pas moins plusieurs victoires des "ventre-à-choux", surnom donné aux Vendéens, découlant de leur habitude de maquisards de faire feu en position couchée...dans les choux, avant d'attaquer au cri en patois vendéen de "Rembarre, (En avant) pour la religion et le roi".
Les Vendéens connurent leur première grande défaite le 13 octobre 1793 devant Cholet  dans un endroit situé entre "La lande de la Papinière  et Bois Saint-Léger". (aucune relation avec La Papinière de Montigny)
Après cette défaite et la non moins sanglante "Virée de Galerne" de l'armée Vendéenne au nord de la Loire, avec femmes et enfants fuyant la répression, la région de  Montigny, Cerisay, Bressuire, La Forêt sur Sêvres  "fut ravagée le 14 mars 1794 par les colonnes infernales du général Grignon, ancien marchand de boeufs qui se fait fort de tenir une comptabilité rigoureuse des Vendéens abattus par lui et se vante d'en avoir occis 200 en une seule journée aux abords de Bressuire". On brûla les habitations et les fermes dont sans doute l'habitation originale de La Papinière à Montigny, et bien peu échappèrent au massacre. À la plus grande honte de la première république, le nom du général en chef  Trureau qui présida à ce carnage est aujourd'hui gravé sur l'arc de Triomphe à Paris.
Ce fut une bien mince consolation que Napoléon déclare plus tard à la vue de l'héroisme des Vendéens: "C'étaient des géants" et les exonère de la conscription requise par les guerres napoléoniènes.
On retrouve aujourd'hui plusieurs musées qui perpétuent le drame vendéen, dont le plus remarquable est le gigantesque  Puy-du-Fou à quelques kilomètres à l'ouest de Cholet.
 La marquise de Larochejacquelain, épouse d'un général vendéen, mentionne dans ses mémoires le nom du patriote Bourasseau, qui était le patronyme d'origine de l'ancêtre Francois Bourassa venu en Nouvelle-France depuis Saint-Hilaire de Loulay, près de Montaigu, en Vendée. Les Bourassa alliés aux Papineau deviendront célèbres dans l'histoire du Québec.      SUITE >>>