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LES PAPINEAU DU QUÉBEC 
                     et d'ailleurs

Première génération:
Samuel Papineau dit Montigny (1670-1737),
qui fut soldat de 1688 À 1698 dans:

1.7.4 Les "Détachements de la Marine"comme on les appelait à Montréal.


Aquarelle du 17e. siècle intitulée:  Soldats des Compagnies franches de la Marine.  collection Werchorn.


Peinture de Vernet d'un officier des Compagnies franches de la Marine à Marseille en 1754.
Comme on peut l'imaginer, ceci n'était pas le lot des troupiers.

Coupe d'un navire de 104 canons de 1693.
 

Les Détachements sont aussi connnus comme "les Troupes de la Marine" et après 1700, "Compagnies franches de la Marine".
Elles ont été créées à l'instigation de Louis XIV qui voulait un corps d'armée destiné spécifiquement au service dans les ports du royaume et dans les colonies. En temps de paix elles seraientt appelées à s'y fixer pour accélérer la colonisation. L'intendant Colbert, qui était à la fois Ministre des Colonies et Ministre de la Marine, imagina cette formule qui lui permettait d'éviter les structures plus lourdes de l'armée de métier dont faisaient partie les régiments de Carignan-Sallières envoyés en Nouvelle-France en 1665. Après leur démobilisation en 1668, bon nombre des officiers de ces régiments obtinrent des seigneuries et reussirent à convaincre leurs soldats de s'y faire habitants. Ce devint le modèle préconisé par Colbert.

Si bien qu'entre 1668 et 1683 il n'y eut pas de troupes réglées et seules les milices canadiennes (dessin de Francis Back) assurèrent la défense de la Nouvelle-France.

Puis ce fut l'arrivée des premières Compagnies des Troupes de la Marine envoyées en Canada précipitamment en 1683 pour faire face à la reprise des hostilités par les Iroquois, soudoyés par les Hollandais de la Nouvelle-Angleterre.
Entre 1683 et 1688 ce seront 35 compagnies composées chacune de 50 soldats et de 6 à 8 officiers et sous-officiers qui traverseront en Nouvelle-France.
Pendant la guerre avec la Ligue d'Augsbourg, le nombre de compagnies sera ramené à 28.
Le recrutement des officiers se faisait dans les rangs des "Gardes de la Marine" et autres officiers des ports. Occasionellement ils venaient de l'armée de métier où de familles de la noblesse qui, comme c'était la coutume, achetaient la charge pour un des leurs. Grâce aux rapports annuels de l'intendant Champigny, on retrouve dans les archives françaises des Colonies non seulement les rôles des officiers mais aussi la notation de leur caractère et de leur performance.
Les soldats pour leur part étaient des volontaires où des jeunes conscrits désignés par les notables des villes et villages du littoral selon un système de quotas. Malheureusement, les archives de l'Amirauté des ports français et de l'Amirauté de Québec décrivant ces soldats ont été en partie détruites, à l'exception d'un "rolle d'embarquement sur le navire Le François à destination de Plaisance",  la capitale de la partie française de Terre-Neuve.
Ce document est précieux parce qu'il donne: le nom du soldat et de ses père et mère, son âge, sa taille, la couleur de son poil, son métier, et aussi son lieu d'origine. On retrouvera très rarement une partie de cette information dans les actes de l'état civil et dans les actes des notaires quand le soldat demeurera en Nouvelle-France.

Uniformes et armement.
Plusieurs historiens et illustrateurs ont travaillé à reconstituer l'environnement, l'habillement et l'armement de ces trente-cinq Compagnies venues en Nouvelle-France entre 1683 et 1688, dont Eugène Leliepvre en France, et Michel Pétard et Francis Back ici. Voici une  reconstitution par Pétard des uniformes entre 1683 et 1700.  Le soldet Montigny aurait ressemblé au soldat, à gauche. L'uniforme du soldat "MONTIGNY", nom de guerre de Samuel Papineau, était donc: "chausses, culotte et veste de couleur blanc grisâtre avec bordures bleues et boutons en laiton. Feutre noir avec galon doré, agrémenté de l'ancre blanche de la Marine. Souliers noirs".
Noter qu'il manie un mousquet car le fusil fera son apparition après 1700.
 


Soldat, tambour et sergent des Troupes de la Marine en Nouvelle-France entre 1685 et 1700.
(Michel Pétard, Parcs Canada)
 
 
 
 
 

Soldat portant un uniforme modifié pour affronter les rigueurs du climat.
R.J. Marrion, Musée canadien de la guerre.
Un autre porte aux pieds des raquettes pour marcher sur la neige en hiver.
Francis Back, Parcs Canada.

Ordonance de démobilisation de 1698

Comme l'avaient souhaité Louis XIV et Colbert, la plupart de ces jeunes soldats, qui avaient entre 16 et 24 ans à leur arrivée, prendront racine dans le pays qu'ils avaient si chèrement défendu.
Le roi avait donc vu juste et portera toujours une attention affectueuse à ces jeunes sujets. Il leur accordera une dot royale et le titre "d'habitans" qui deviendront en quelque sorte leurs lettres de noblesse. Voyons ses ordres (voir l'original)  pour faciliter leur démobilisation après la fin des guerres iroquoises:

À Versailles le 21 May 1698

ORDONNANCE
qui permet aux soldats des
Compagnies de Canada de se faire habitans au pays

De par Le Roy
Sa Majesté étant informée que parmy les soldats dont sont composées les Compagnies qu'elle entretient en Canada il y en a plusieurs qui seroient bien aisément de se faire habitans et qui ont toutes les qualités nécessaires pour contribuer au bien et à la solidité de la colonie - Elle a ordonné et ordonne veut et entend que ceux qui trouveront à s'establir par mariage avec des filles ou femmes nées ou establies en la Colonie soient congédiés de ses Compagnies sur première demande qu'ils en feront et que les habits d'ordonnance qu'ils auront leur demeurent sans que sans aucun prétexte les officiers puissent les retenir. Et afin de leur donner le moyen de s'establir et de subsister en attendant que les terres qui leur seront données à défricher puissent porter le bled et les autres denrées nécessaires à leur subsistance, - Sa Majesté leur accorde une année de solde qui leur sera payée sur les ordonnances du Sieur de Champigny intendant au dit Pays. Mande et ordonne Sa Majesté au Comte de Frontenac, Gouverneur et son lieutenant général en la nouvelle france,et au dit Champigny de tenir la main à l'exécution de la présente ordonnance et de la faire lire et publier à la sortie des compagnies afin que les officiers et les soldats en ayent connaissance.
fait à Versailles le 21 May 1698

Archives nationales du Québec à Montréal.
Correspondance du Conseil souverain, 1698.
Microfilm no. 5937. SUITE >>>