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   LES PAPINEAU DU QUÉBEC ET D'AILLEURS   
1.6 La vie à Montréal et en Nouvelle-France, au temps de Samuel et Catherine Papineau, au début du 18e. siècle
1.6.1 Le contexte historique
Depuis la démobilisation générale des Troupes en 1698 jusqu'au mariage de l'ancêtre Papineau en 1704, ce fut une période charnière pour le développement de Montréal. Cela se situait dans l'interlude de paix en Europe et donc en Nouvelle-France, entre les traités de Ryswick de 1697 mettant fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg et la reprise des hostilités en 1704, début de la guerre de Succession d'Espagne.
La Nouvelle-France et surtout Montréal avaient grand besoin de ce répit.

Montréal avait vu le jour en 1642 à l'initiative d'une entreprise religieuse visant la conversion des peuples autochtones.
Ces pieux évangélisateurs se sont établis sur une île entièrement inhabitée, autrefois appelée Hochelaga, qui leur avait été concédée par le roi.
Au sud-ouest, ils avaient comme puissants voisins la Confédération des cinq nations iroquoise dont les villages se situaient le long de la rivière Mohawk, dans le nord de l'État actuel de New-York, entre Albany et Syracuse. Au sud se trouvaient les Loups, alliés des Anglais qui les appelaient les Mohicans, dont la triste disparition a été rendue célèbre par le roman de Fennimore Cooper.
Ces tribus étaient devenues les fournisseurs de pelleteries aux Hollandais à Orange-Albany et par l'Hudson, dans l'axe Nord-Sud, jusqu'à Manhatte, plus tard approvisionnant ainsi les Anglais après leur victoire sur la Hollande.

Les Iroquois ont vu dès la naissance de Montréal les dangers de ce nouvel axe est-ouest développé par les Français via le Saint-Laurent et n'ont eu de cesse d'essayer de l'exterminer.
C'est l'épopée du gouverneur De Maisonneuve, du major Lambert Closse et de ces braves dont l'histoire est si vividement racontée par le sulpicien Dollier de Casson dans son "histoire du montréal" (sic) qu'il faisait parvenir en cachette aux malades de son infirmerie à Paris, une bulle papale interdisant aux missionnaires de publier des "relations des missionnaires".
Mais quelques années plus tard la situation de Montréal, qui a toujours été la première cible des dépravations iroquoises, semblait désespérée.
On allait tenter un dernier effort pour sauver la frêle bourgade.

On dépêcha en France monsieur de Maisonneuve, qui, avec les patrons français de la Société Notre-Dame,  comme monsieur De La Dauversière, et grâce a la générosité de madame De Bullion, financèrent la levée d'une centaine d'engagés contractuels. C'est la Grande Recrue de 1653  dont on célébrera le 350e anniversaire à l'automne de 2003.
Après d'innombrables difficultés ils s'établissent à Montréal et comme on le verra lors de l'exploit du Long-Sault en 1660, ils parviennent à tenir tête aux Iroquois.
Les historiens affirment que ces cent recrues ont sauvé la Nouvelle-France toute entière.

Ils ont tenu le coup jusqu'à l'arrivée en 1666 de renforts de l'armée régulière française. Les régiments de Carignan-Sallières auront tôt fait d'obtenir la signature d'une paix qui durera  25 ans.
Plusieurs de ces officiers et leurs soldats s'établissent alors dans la vallée du Richelieu et du Saint-Laurent, coupant ainsi les voies d'attaques puisque la seul façon de se déplacer efficacement se faisait par canot.
Cependant, la coalition des Anglais, des Hollandais et des Iroquois de la colonie anglaise de New-York voyait ses plus grandes craintes se réaliser.
La Nouvelle-France, ses militaires, ses vaillants coureurs-des-bois et même ses missionnaires pénétraient toujours plus profondément chez les nations autochtones des Grands Lacs. Non seulement ils amplifiaient la domination de la route du Saint-Laurent mais ils osaient même tracer une nouvelle route des fourrures vers le sud par le Mississipi avec débouché sur la mer en Louisiane.
De plus Lemoyne d'Iberville et ses vaillants marins contestaient aux Anglais la route maritime du nord à la Baie d'Hudson.
Le Gouverneur Frontenac illustrait ainsi son premier mandat.

Le prétexte pour légitimer la reprise des anciennes hostilités se représentera en 1686 lors de la déclaration de guerre de la Ligue d'Augsbourg, encore l'Angleterre et la Hollande contre la France.
Malheureusement les successeurs de Frontenac, les gouverneurs de La Barre et ensuite Denonville, ne connaissaient pas assez le pays et les tactiques de la "petite guerre" pour étouffer les conspirations de la coalition ennemie ou la vaincre sur le terrain.
Montréal fut décimée à répétition de 1686 à 1696, le pire carnage se produisant dans la nuit du quatre août 1689 dans ce qui s'est appelé le "massacre de Lachine", suivi des attaques sur Lachenaie, Rivière-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles, Verchères et autres villages.

Puis Frontenac revient en 1689 prendre les choses en main.
Il a maintenant à sa disposition une nouvelle armée constituée des 35 compagnies arrivées entre 1683 et 1688, soit les 1600 soldats et officiers des Troupes de la Marine. Ils ne proviennent pas de l'armée régulière mais sont recrutés dans les provinces maritimes françaises. Leur jeunesse supplée au manque d'expérience des champs de bataille par une plus grande versatilité et leur adaptabilité à la petite guerre. Ils seront d'abord mis à l'épreuve en rejetant à la mer les soldats et les marins du Bostonnais Phipps à l'automne de 1690.
Cette victoire retentissante à Québec fit beaucoup d'effet en Iroquoisie.

Les attaques continuèrent cependant par la nation iroquoise des  Onontagués, entraînée par un de ses chefs, Chaudière Noire.
Frontenac reprit alors l'offensive; après avoir rétabli l'avant-poste du fort Cataracoui, aujourd'hui Kingston en Ontario, il dirigea, en dépit de son grand âge, une campagne avec 2300 hommes contre les Iroquois.
Cette vigoureuse campagne de 1696 qui avait maté les Cinq Nations Iroquoises de la Nouvelle-Angleterre et les talents diplomatiques de Frontenac annonçaient une paix durable. Le Roi Louis XIV a alors autorisé par ordonnance royale de 1698 la démobilisation des Troupes, maintenant appelées Compagnies franches de la Marine, accordant aux soldats une généreuse dot et ordonnant aux seigneurs de leur céder des terres.  Il faisait de même à l'endroit des femmes nées ici, très souvent veuves de militaires et mères de famille, octroyant aussi par ordonnance royale en 1700  une dot de cinquante livres à celles qui prendraient mari en ce pays.

En 1701 ce fut la Grande Paix de Montréal, signée par le nouveau gouverneur, le marquis de Callières, avec trente-neuf nations amérindiennes venues d'aussi loin que des Illinois. Comme la plupart des soldats se firent habitants, de nouvelles concessions furent ouvertes sur l'île de Montréal, à la Côte Saint-Michel et à la Côte Saint-Laurent. La population civile de Montréal doubla rapidement pour s'établir à environ deux mille  cinq cents âmes.
 

Une carte historique dressée par les seigneurs sulpiciens, datée de 1702 et faisant le recensement des cinq cent propriétaires censitaires et des institutions, donne un portrait de Montéal qui reflète l'aboutissement de tous ces événements.
 

On retrouve la chronique historique de Montréal de cette période chez plusieurs historiens, anciens et modernes.  Mentionnons: L'Histoire du Montréal (sic) du sulpicien Dollier de Casson,  l'histoire du Canada de son confrère François Vachon de Belmont, jusqu'à celles de nos contemporains comme Robert Prévost, Montréal, la folle entreprise, Stanké 1991.
 

Les Montréalais de 1700.
(appelés dérisoirement par ceux de Québec: les Montréalistes).
La ville de Montréal de 1700, comme le sera celle de 2000, s'est affirmée par l'action de toute sa population :  le simple habitant (ce titre donné par le Roi avec sa dot était alors valorisé comme lettre de noblesse), les religieux et religieuses, les marchands, les artisans, les officiers et leurs soldats, les intrépides voyageurs autorisés à se rendre "aux pays d'en haut", et même les coureurs des bois, pudiquement appelés "volontaires" qui, eux, faisaient la traite en toute illégalité.

L'histoire est souvent cruelle en oubliant les simples gens mais elle se fait pardonner lorsqu'elle conserve la mémoire de ceux et celles qui les ont accompagnés.  Ainsi les archives sont très riches de la vie et des hauts faits de notables qui ont joué un rôle important dans le Montréal de 1702.
On pourra trouver in extenso les fiches du Dictionnaire biographique du Canada (DBC) de l'Université Laval (disponibles en CD-ROM) pour les principaux, tels : Vachon de Belmont et son prédécesseur Dollier de Casson, les gouverneurs, Frontenac, Callières, Vaudreuil, l'intendant Bochart de Champigny, le chef huron Kondiaronk et son vieil ennemi Chaudière Noire;  aussi trois des acteurs clefs, injustement ignorés dans les célébrations de la Grande Paix, admis chez les Iroquois dont ils parlaient les langues, le jésuite  Jacques Bruyas et les capitaines Paul Lemoyne de Maricourt et le chevalier de Joncaire; les officiers De Crisafy, Testard de Montigny, Lemoyne de Louvigny; les frères Charron, fondateurs de l'Hôpital général de Montréal.  La plupart apparaissent dans l'énumération de la carte de 1702, soit en personne ou dans l'anonymat de leurs institutions.

La liste manuscrite des occupants qu'on trouve sur l'original dans l'ordre d'occupation du sol avec la superficie pour chacun comporte quelques difficultés pour l'exploitation que chacun voudra en faire.
D'abord la graphie est parfois phonétique.  Très souvent le scribe inscrit plutôt que le nom de famille ou patronyme, le surnom qui, pour un soldat, était son nom de guerre, bien plus connu que son patronyme.  De plus, il est souvent arrivé que chez certains descendants le surnom subsiste et que le nom de famille disparaisse. Dans certains cas, il arrive que des frères adoptent, l'un le surnom et l'autre le nom, ceci avec la complicité du clergé qui avait alors la responsabilité exclusive de l'état civil.
Il est donc souvent difficile de relier un nom répertorié sur la carte de 1702 avec ses descendants en 2002.  Heureusement que des instruments de recherche sur papier et en informatique ont été mis au point pour aider les généalogistes et les historiens à surmonter ces embuches.  Nous donnons donc ici en annexe une liste préliminaire des noms et surnoms apparaissant sur la carte de 1702.

Familles de 1700 bien connues en 2000
L'histoire de familles de pionniers a déjà fait recette : Jacques Lacoursière faisait une notule sur une famille à chaque numéro de sa publication Nos racines.  Robert Prévost, ancien journaliste et diplomate du Québec, a publié pendant plusieurs années dans La Presse un résumé  des antécédents de nombreuses familles, maintenant disponibles sous forme de livres, Portraits de familles pionnières, Libre Expression, 1993. Il existe aujourd'hui plusieurs autres sources d'histoires de familles qu'on peut recouper avec la liste de Montréal en 1702.  Plusieurs associations de familles, souvent regroupées dans la  "Fédération des  familles souches" ont fait faire la généalogie et parfois l'histoire de la famille. L'Institut Drouin, par exemple, en a fait des centaines.  De nombreux généalogistes professionnels ou amateurs, souvent à la retraite, en confectionnent pour eux-mêmes, pour des amis ou pour publication.


 
1.6.2 Pour continuer l'histoire des Papineau,
                 on peut consulter:
1.7.0 des documents souvent inédits de recherche et d'analyse de  l'histoire de la première génération Papineau (recommandé): >>>
 

1.7.8 une iconographie additionnelle se rapportant à cette génération >>>

1.7.9 la bibliographie se rapportant à cette génération >>>
 
 

Pour passer immédiatement à la deuxième génération: 2.0 >>>