Jean-Yves Papineau      

 

 

 

                    

 

 

 

 

 

LA CHRONIQUE

DES ANCIENS PAPINEAU

 

 

                       Premire gŽnŽration

   

 

 

 

 

               

 

 

 

                 ƒDITIONS DE LA PAPINIéRE

 

 

 

 

Autres publications ˆ titre dÕauteur :

 

Documents de recherche :

 

MontrŽal en 1700

 

Les bŽnŽficiaires des 50 Dots royales de 1698

 

 

Sur internet :

 

Une Histoire des Papineau

http://www.papineau-histoire-qc.ca/

 

Avec mes remerciements ˆ ma famille pour leur aide et leur patience exemplaire, et ˆ tous les chercheurs et archivistes qui mÕont guidŽ dans ces recherches dans les vieux grimoires et sur lÕinternet.

Un coup de chapeau ici ˆ lÕoncle Denis-Benjamin pour son immense travail au temps des archives Ē papier Č et ˆ Georges Aubin pour ses magistrales transcriptions de lÕimmense correspondance des Papineau.

Merci bien spŽcial ˆ Margaret Morrison aux archives des Deux-Svres pour son dŽvouement depuis la vieille patrie de Samuel Papineau.

 

copyright: jean-yves papineau 2010

 

ISBN  XXXXXXXXX

Soldat des Compagnies franches de la Marine

Eugne Leliepvre, peintre aux armŽes de France,

et Parcs Canada

 

AVANT-PROPOS       

Dans la tradition quŽbŽcoise:

Pre et mre tu honoreras,

afin de vivre longuement.

 

Le petit catŽchisme du QuŽbec de 1924:

quatrime commandement de Dieu.

 

Dans le monde asiatique:

Le culte des anctres.

Les descendants doivent observer le culte des anctres, indispensable pour contrer lÕerrance des esprits.

Ils ont ainsi lÕobligation dÕaller fleurir et nettoyer leurs tombes au moins deux fois par annŽe.

LÕautel des anctres.

Dans chaque foyer bouddhiste, un petit autel trs colorŽ  sur lequel on fait des offrandes et o on fait aussi bržler des b‰tons dÕencens en lÕhonneur des anctres.

- - - - - - - - - - - - - - - - - -
Fort de ces deux influences quÕa vŽcues lÕauteur, il est rempli dÕadmiration, de respect et de reconnaissance pour ses anctres et pour tous ces enfants venus de France, qui, dans des conditions difficiles, ont faonnŽ le pays du QuŽbec.

 

 

 

 

LA PREMIéRE GƒNƒRATION

DES PAPINEAU DU QUƒBEC

ET DÕAILLEURSÉÉ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TELLE QUE DƒCOUVERTE

DIX GƒNƒRATIONS PLUS TARD

 

 

EN LÕHONNEUR DU PREMIER ANCęTRE

Cet ouvrage se veut un hommage ˆ ce jeune adolescent franais de dix-huit ans qui, en Nouvelle-France, devint lÕanctre des Papineau du QuŽbec et de leurs descendants et cousins de par le monde.

 

SAMUEL PAPINEAU dit MONTIGNY

Montigny, France, 1670

MontrŽal, Nouvelle-France, 1737

Venu de France en Nouvelle-France au dŽpart du bourg de Montigny en Poitou, embarquŽ le 21 mars 1688 ˆ La Rochelle sur le navire "La Mareschale".

Il a 18 ans.

Samuel Papineau, sous le nom de guerre de Montigny, est volontaire dans la 35e et dernire compagnie des Troupes de la Marine, nommŽes plus tard Ē Compagnies franches de la Marine Č.

Il a guerroyŽ pour la paix pendant dix ans sous le comte de Frontenac, dans la vallŽe du Saint-Laurent, depuis MontrŽal jusquÕaux Grands Lacs.

Ė la dŽmobilisation gŽnŽrale de 1698, il choisit de ne pas retourner en France.

Il prend racine en 1699 en obtenant du SŽminaire de Saint-Sulpice, seigneurs de lՔle de MontrŽal, la concession dÕune terre ˆ la Ē C™te-Saint-Michel Č de MontrŽal o il vivra toute sa vie comme Ē habitant Č et soldat de la milice.

Il se marie en 1704 ˆ lՉge de 34 ans avec sa voisine, veuve Catherine Quevillon.

Elle est ‰gŽe de 18 ans. (on peut consulter son histoire au chapitre 1.5, page 61, Ē Les anctres de la famille Quevillon Č).


Samuel et Catherine eurent neuf enfants et 93 petits-enfants dont la descendance se chiffre aujourdÕhui par milliers, rŽpartie sur toute la terre.

Ceci est lÕhistoire des premiers dÕentre eux.

 

Le site internet de lÕhistoire des Papineau du QuŽbec, a recu environ six mille visites, en franais et en anglais, entre 2002 et 2009. http://www.papineau-histoire-qc.ca

Il comprend dix pages web, soit une par gŽnŽration depuis lÕarrivŽe du premier anctre, Samuel Papineau, en 1688.

Chaque page contient : lÕarbre gŽnŽalogique des membres recensŽs de cette gŽnŽration, le contexte historique de la pŽriode, les recherches et les documents iconographiques trouvŽs, la bibliographie et des liens avec dÕautres sites pertinents, y compris ceux des descendants des  autres pionniers Papineau venus en Nouvelle-France et en Nouvelle-Angleterre au 17ime sicle.

Chaque page est basŽe sur un canevas gŽnŽalogique documentŽ. Par contre, lÕhistoire des premiers anctres est soit vŽridique, soit vraisemblable. En faisant le lien entre le connu vŽrifiable et lÕinconnu probable, ce rŽcit reflte parfaitement les ŽlŽments essentiels recueillis jusquÕici.

Les Papineau sont encore nombreux en France, particulirement dans les dŽpartements de lÕOuest.

Voir une carte des naissances de 1891 ˆ 1990: http://www.notrefamille.com/v2/services-nom-de-famille/nom.asp?nom=papineau&periode=1)

Il y a approximativement en AmŽrique dix gŽnŽrations de Papineau descendants du pionnier.
(En voici dix, avec comme repres, la lignŽe directe de lÕauteur)

gŽnŽration   1 Samuel Papineau dit Montigny  (1670-1737)  qui eut au moins un frre connu.

gŽnŽration   2 Joseph I Papineau dit Montigny  (1719-1785) qui eut trois soeurs et cinq frres,  premire generation nŽe en Nouvelle-France.

gŽnŽration 3 Joseph II Papineau                       (1752-1841) qui eut sept soeurs et deux frres

 

gŽnŽration 4 Denis-Benjamin Papineau           (1789-1854) qui eut une soeur, Rosalie P. Dessaulles, et trois frres,

Louis-Joseph Papineau, AndrŽ-Augustin et Toussaint-Victor

 

gŽnŽration 5 Augustin-Cyrille Papineau          (1828-1915) qui eut quatre soeurs et trois frres

 

gŽnŽration 6  Joseph-Victor Papineau               (1863-1942)  qui eut une soeur et un frre

 

gŽnŽration 7 Augustin-Jean Papineau              (1888-1968)  qui eut deux soeurs

 

gŽnŽration 8    Jean-Yves Papineau (lÕauteur) (1929- )   qui a un frre et trois soeurs

 

La gŽnŽration 9 suivante compte 17 enfants

La gŽnŽration 10 suivante compte 34 enfants
La gŽnŽration 11 suivante compte 1 enfant  

 

LA PREMIéRE GƒNƒRATION:

Samuel Papineau dit Montigny, 1670-1737

Marie-Catherine Quevillon, 1686-1781

TABLE DES MATIéRES

SYNOPSIS ET PROLOGUE                            p. 12

1.0 en lÕhonneur du premier anctre                  p.13

1.1  le dŽbut de lÕaventure, de Montigny ˆ La

Rochelle                                                   p. 15

1.2  la longue traversŽe, de La Rochelle ˆ

MontrŽal                                                   p. 25

1.3  soldat des troupes de la marine              p. 37        

1.4  habitant et milicien ˆ la C™te-St-Michel de

MontrŽal                                                   p. 46

1.5  les anctres de Catherine Quevillon       p. 63

1.6  la vie ˆ MontrŽal au temps de Samuel et

  Catherine                                               p. 73

1.6.2 les MontrŽalais de 1700                  p. 78

1.6.3 quelques familles de 1700 en 2000 p. 80

 

1.7  recherches, analyses, documents

1.7.0 ˆ la recherche de Samuel Papineau p. 81

1.7.1 recherche de Montigny en Poitou   p. 94

1.7.2 apercu historique VendŽe-Poitou    p. 105

1.7.3 des anctres Papineau huguenots?  p. 113

1.7.4 les Ē DŽtachements de la Marine Č p. 125

1.7.5 lՎnigme du capitaine dÕAndrŽsy    p. 137

1.7.6 capitaine Charles Henri dÕAloigny  p. 140

1.7.7         ƒpilogue                                   p. 144

   1.7.8        Annexes et documents             p. 146

A.- La Mareschale en 1688                        p. 148

B.- Actes de la famille de Samuel             p. 153

C.- Actes de familles reliŽes                      p. 171

D.- Troupes de la Marine                           p. 184

E.- Cartes gŽographiques diverses             p. 188

F.- Notables de Montigny au 17e sicle        p. 194

 

1.7.9 les Papineau de Niort

         en Angleterre et aux Etats-Unis        p. 204

1.8.0      les Papineau de Bordeaux                 p. 206

au Canada et aux USA

ainsi quՈ Singapour et en Australie

1.9.0    Bibliographie                                        p. 212

 

 

                                               

    

                            

              

Prologue

 

Cet adolescent qui grandissait dans les doux paysages de sa France natale ne pouvait sÕimaginer que ses descendants se compteraient par milliers et se trouveraient trois cents ans plus tard partout dans le monde.

Comment pouvait-il imaginer que ses fils se rendraient jusquÕau milieu dÕun nouveau continent, quÕun petit-fils serait appelŽ Ņpre de la patrieÓ et que lÕun de ses arrire- petits-fils serait consacrŽ par les historiens comme lÕhomme politique le plus marquant du Canada alors quÕun autre sera co-premier ministre de ce lointain pays qui inspirait ici tant de crainte?

Il aurait dÕabord fallu quÕil traverse une mer inhospitalire vers une contrŽe sauvage, quÕil y survive ˆ des guerres barbares, trouve ˆ sÕy installer, ˆ prendre Žpouse et ˆ fonder une famille.

Mais non! Ė cet instant, Samuel Papineau revient tout bonnement du marchŽ de Bressuire au pas indolent de son mulet poitevin. Il aperoit dŽjˆ les ailes du moulin et la fumŽe des feux de son village de La Papinire dans le bourg de Montigny, quand la rumeur sourde  dÕun attroupement sur la place de lՎglise lui fait dresser lÕoreille. Puis il entend ce roulement de tambour familier qui indique quÕil sÕagit encore une fois dÕune levŽe de soldats.

Comme il y a trs peu de volontaires, les recrues sont conscrites par tirage au sort par les autoritŽs des villes et des bourgs. Cette recrue ira ensuite dans les ports dÕembarquement former une nouvelle compagnie des Troupes de la Marine ˆ destination du Canada.

ŅEncore! Vraiment, notre cher Intendant ˆ Poitiers exagre!  Allons voir de plus prs lequel de mes amis sera sa victime cette fois. Ce ne sera certainement pas moi, car ˆ 17 ans je suis encore trop jeune pour la recrue Ó.

Les ŽvŽnements lui fourniront bient™t une rŽponse inattendue. Car avec la recrue levŽe ˆ Montigny en 1687 pour embarquement en 1688, le jeune fils du marchand meunier poitevin, devient soldat des Troupes de la Marine en Nouvelle-France sous le nom de Samuel Papineau dit Montigny.  Pour fins militaires, il sÕappelle MONTIGNY

    

Uniforme et armes de Samuel Papineau dit Montigny
au dŽpart de France en 1688 dans la 35ime compagnie des  Ē Soldats des Compagnies franches de la Marine Č.
(aquarelle inŽdite dÕun auteur anonyme du dix-septime sicle)

1.1    Le dŽbut de lÕaventure

Nous sommes le samedi aprs-midi 25 avril 1699, ˆ Ville-Marie, aussi appelŽe MontrŽal, en Nouvelle-France.

Un jeune homme de grande taille avance dans la rue encore enneigŽe des vestiges de lÕhiver.

Il est en tenue de coureur des bois, sauf pour la tuque bleue ornŽe dÕune ancre blanche, insigne des soldats des Troupes de la Marine.

Ė sa gauche, se profilent la silhouette du clocher de lÕhumble Žglise Notre-Dame et ˆ droite, la masse du nouveau sŽminaire des messieurs de Saint-Sulpice, seigneurs de lՔle de MontrŽal. CÕest lˆ quÕil a rendez-vous.

ƒglise Notre-Dame de Ville-Marie, faade et profil

On lÕattend, car derrire la porte entrouverte, le supŽrieur, Franois Dollier de Casson, ancien capitaine de cavalerie devenu curŽ et premier historien de Ville-Marie, accueille Samuel Papineau dit Montigny et lÕinvite ˆ le suivre dans une des salles.

Des documents dŽtaillant les clauses dÕacquisition dÕune terre sont ŽtalŽs sur la table du pre Žconome et attendent les signatures des tŽmoins, le chirurgien royal, Jean de Mosny et le notaire royal, Pierre Raimbault.

Le sort en est jetŽ, il restera en Nouvelle-France.

Il ne sait pas sÕil reverra un jour sa mre, Marie Delain, veuve de son pre Samuel, dŽcŽdŽ quelques annŽes avant son dŽpart. Il pense ˆ son village de La Papinire,  

(photo jyp, octobre 1998)

dans lÕantique bourg de Montigny au bord de la Svre Nantaise o, enfant, il allait pcher avec les jeunes bocains du bocage vendŽen qui commence sur lÕautre rive. Seul, il allait plut™t taquiner le menu fretin dans le Ruisseau Papinire situŽ tout juste devant la bourrine et le moulin ˆ vent des Papineau.

Il a quittŽ son Poitou natal, au royaume de France, se portant volontaire pour dix ans dans la trente-cinquime et dernire des compagnies des ŅDŽtachements de la MarineÓ recrutŽes entre 1683 et 1688 dans lÕespoir de mettre un terme aux guerres iroquoises.

En ce magnifique automne de 1687 tous les hommes du bourg sont lˆ. Le capitaine fait battre la caisse sur la place de lՎglise.

 File written by Adobe PhotoshopØ 4.0

ƒglise St-Pierre de Montigny, choeur du 11e sicle, clocher du 19e sicle

(photos jyp, janvier 1966, mai 1998)

Le tirage au sort tombe sur son frre a”nŽ qui a depuis peu charge de famille. Sans hŽsitation, Samuel prend tout naturellement sa place, au grand plaisir du sergent-recruteur qui cherche des soldats de grande taille pour imposer la crainte ˆ lÕennemi.

Ce jeune gŽant ˆ lÕair dŽlurŽ fera lÕaffaire. Ce geste lui permettra toute sa vie de se dŽclarer firement volontaire et non conscrit comme la plupart des autres soldats de la recrue de 1688.

Le tambour continue son oeuvre dans les bourgs et villages des environs. Ė St-AndrŽ-sur-Svre, dÕo vient le sergent Pierre Meriau dit Lapririe, du village de La Prairie, puis ˆ St-Mesmin, ˆ Pouzauges et ˆ Cerisay dont les notables se plaignent rŽgulirement ˆ lÕintendant du Poitou de ces levŽes de troupes excessives.

Pendant ce temps, Samuel va vite dire adieu ˆ ses amis.

Il passe devant le trs ŽlŽgant Ch‰teau Plessis-Batard, aussi relevŽ sur la carte de Cassini de 1765

 

(photo jyp, mai 1998)

Il continue vers celui de La Fort-sur-Svre.    (photo jyp, mai 1998)

CÕest un endroit doublement historique parce que dŽjˆ propriŽtŽ de la cŽlbre famille du pote Joachim du Bellay. Le ch‰teau devint ensuite propriŽtŽ de Philippe du Plessis Mornay, le trs tolŽrant thŽologien huguenot, conseiller de Henri IV alors roi de Navarre, et surnommŽ  au Poitou: Óle pape des huguenotsÓ.

Henri IV et  Philippe Duplessis Mornay,

tableau de Kauffman,  vers 1780

 

De lˆ, Samuel poursuit jusquՈ la ville-marchŽ de Bressuire, dominŽe par son Žnorme ch‰teau, o il se rend tous les jeudis pour le commerce familial, et chaque annŽe, pour la foire de la Saint-Jacques qui attire aux halles et au foirail du marchŽ ˆ bestiaux les marchands et les forains de toute la France.

Il faut bien une journŽe entire ˆ dos de son mulet poitevin pour tous ces au revoir et pour couvrir dans lÕair enfumŽ les cinq lieues de ce pŽriple par les chemins creux et les sentiers bordŽs dÕajoncs et de gents que les paysans font bržler pour enrichir leurs maigres terres.

Puis il dit bien bravement adieu ˆ la famille. Sa mre lui rappelle une dernire fois en ŌparlangeŌ vendŽenne le pome du retour au pays natal de Joachim Du Bellay: ŅTchao qui sÕest teurvirŽ dans le quatrÕcoins dÕla terre (qui se taduit)....Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyageÓ  ...en espŽrant que son benjamin, Samuel, tout comme le pote, reviendra bient™t au pays natal.

Il se souvient ensuite de la marche forcŽe de la petite troupe vers le sud ˆ travers les collines du bocage vendŽen, parfois ralentie, car dans plusieurs bourgs sÕajoutent de nouvelles recrues. Il arrive parfois que le sergent-recruteur doive rŽcupŽrer le jeune conscrit dans les auberges qui avaient prolifŽrŽ dans les villes-relais.

Pour la premire fois, il voit La Chataigneraie, puis Fontenay-le-Comte, la ville martyre des dernires guerres de religions. De lˆ, on descend doucement vers les marais poitevins quÕavec lÕaide des Hollandais on sՎvertue ˆ reconquŽrir sur la mer. On traverse Maillezais dont la grandiose abbaye se dŽcoupe sur le ciel bas dÕoctobre, cŽlŽbrŽe par Rabelais qui fut pendant trois ans le secrŽtaire du seigneur-Žvque Geoffroy dÕEstissac. Puis on vire ˆ lÕouest vers la mer pour rejoindre Marans dont la quiŽtude inspira en 1583 les lettres du Vert Galant, Henri IV, ˆ sa maitresse, la Belle Corisandre, Diane dÕAndouins.

On y traverse ˆ guŽ la Svre Niortaise pour ensuite mettre le cap sur le pays charentais et la nouvelle ville fortifiŽe de Rochefort que le grand Colbert avait fait Žlever ˆ lÕintŽrieur des terres en 1665 pour mettre la c™te atlantique ˆ lÕabri des Anglais qui dŽvastaient Brest et La Rochelle.

 

Port de Rochefort vu du magasin des colonies (dÕaprs Joseph Vernet, 1762)

CÕest lˆ que les vieux dragons des glorieuses guerres de Louis XIV commencent ˆ inculquer ˆ cette troupe disparate la discipline militaire faite dÕexercices, de parade et de maniement dÕarmes en formation rangŽe. Tout cela rŽpugne ˆ ces jeunes, par tradition ˆ la fois indisciplinŽs et dŽbrouillards. On est bien loin de lÕembuscade efficace et de la chasse fine pratiquŽes dans leurs landes.

Il nÕest pas non plus trs facile pendant ces mois de prŽparation ˆ la grande traversŽe de ma”triser la langue franaise, dorŽnavant imposŽe ˆ tous ces jeunes, pour la plupart analphabtes, venus de plusieurs provinces franaises, chacun avec les mots de son coin de pays. Samuel constate quÕen majoritŽ, ils sont issus des provinces de lÕouest, Bretagne, Anjou, Poitou, Aunis, Saintonge et Angoumois, et quÕils ont en commun le mme accent ˆ la fois chantant et rocailleux. Ceux des provinces centrales et de Paris trouvent bien amusants les mots du cru: baiser pour tromper, garocher pour lancer, btises pour injures, galipote pour sorcellerie, jolis mots quÕils embarqueront avec eux vers la Nouvelle-France.

Aux brefs moments de libertŽ, la recrue fl‰ne sur les quais de Rochefort sous lÕoeil moqueur des jeunes filles attirŽes par lÕuniforme.

Il est blanc ˆ bordure bleue, garni de boutons dorŽs. Il est agrŽmentŽ du tricorne noir ornŽ de lÕancre blanche et bordŽ dÕun galon dorŽ, semblable ˆ la coiffure traditionnelle de Caudebec en Normandie.

Mais ˆ 18 ans on est bien jeune pour sÕattendrir longuement ˆ la vue des soubrettes aguichantes ou pour admirer la douceur des paysages bucoliques, surtout quand on se pavane en uniforme en parlant de navires, de canons, et dÕaventures dans lÕinconnu dÕau-delˆ des mers.

 

 

Troupes de la Marine ˆ lÕembarquement ˆ Rochefort vers 1757. (detail) (Eugne Leliepvre, peintre aux armŽes)


1.2       La longue traversŽe de La Rochelle ˆ MontrŽal

 

Finalement, arrive le navire le Soleil dÕAfrique, venu prendre le grŽement militaire et les munitions ˆ la redoute de Rochefort. Ce b‰timent de guerre aura deux ans plus tard une carrire glorieuse ˆ pouchasser les anglais ˆ la Baie dÕHudson, sous le commandement de Lemoyne dÕIberville.

Lourdement chargŽ et h‰lŽ par les soldats, le navire sort prudemment de la Charente. Il passe devant le Fort La Pointe et le bien nommŽ Moulin de LÕEspŽrance et le Fort Vauban ˆ Fouras, en face de lÕIle dÕOlŽron, o il prend les officiers.

Sont prŽsents les cent cinquante soldats et la vingtaine dÕofficiers des trois compagnies de la Ņrecrue de 1688Ó et les soixante-quinze remplaants pour ceux qui sont rentrŽs en France, qui ont ŽtŽ tuŽs au combat, ou qui se sont mariŽs lˆ-bas.

La mareschale aussi remonte vers La Rochelle prendre des munitions, des marchandises et les victuailles pour une traversŽe estimŽe durer deux mois.

Il y a lˆ en rade une petite escadre groupŽe autour de La Diligente, lÕancienne frŽgate du roi de 250 tonneaux, affrtŽe par la Compagnie de lÕAcadie et manoeuvrŽe par 27 hommes et trois mousses sous le commandement du capitaine Jean Durand. On a la plus grande confiance en lui car il a dŽjˆ fait la traversŽe vers QuŽbec chaque annŽe depuis 1682 et dÕailleurs la fera sans arrt jusquÕen 1698. LÕannŽe prŽcŽdente, en 1687, il avait guidŽ la traversŽe de 16 Compagnies de la Marine dont les 900 soldats et officiers venaient prŽparer le retour de lÕancien gouverneur de QuŽbec, Louis de Buade, comte de Frontenac, que le roi jugeait seul capable de faire de nouveau la paix avec les Cinq-Nations iroquoises et peut-tre aller enlever Boston et Manhatte (New-York) ˆ lÕAngleterre.

Il y a donc aussi en rade: Le Soleil dÕAfrique, construit ˆ Rochefort en 1681, du capitaine Delorme; Le Nom-de-JŽsus, de 100 tonneaux, du capitaine Nicolas Blacquebot; La Franoise, de 80 tonneaux, du capitaine Jacques Pruneau; Le Dragon, de 80 tonneaux, du capitaine Nicolas No‘l.

Cette illustration de Cassini dÕun navire de 104 canons, datŽe de 1693 permet dÕen comprendre lÕamŽnagement.

 

Il y a enfin ŅLa mareschaleÓ, navire de 300 tonneaux, construite en Hollande douze ans plus t™t, appartenant ˆ Richard Massiot, de La Rochelle, commandŽe par le capitaine Jean Guillot secondŽ de 33 hommes.

On trouvera en annexe des documents trs rares retrouvŽs en 2002 aux archives de lÕAmirautŽ ˆ Larochelle, quatre manuscrits vieux de plus de 300 ans, ici retranscrits par lÕauteur, donnant lÕorigine du navire, la composition de lՎquipage et la description du chargement lors de la traversŽe de 1688.

Il ne subsiste malheureusement aucune archive des  manifestes et des Ē rolles dÕembarquement des soldats Č des 35 compagnies des Troupes de la Marine parties pour QuŽbec entre 1683 et 1688.

Le seul Ē rolle de soldats Č trouvŽ ˆ ce jour se rapporte ˆ une compagnie embarquŽe sur le Saint-Franois ˆ destination de Plaisance, la capitale franaise de Terre-Neuve.

La Mareschale

Navire de 300 tonneaux, construit en Hollande vers 1675. (un navire hollandais semblable, peint par Van De Velde, au Rijks museum dÕAmsterdam)

CÕest sur cette ŅMareschaleÓ que sÕembarque Samuel Papineau dit Montigny avec les cinquantes hommes de la compagnie du chevalier dÕAndrŽsy.

On y a entassŽ un total de 225 soldats et marinss.

On compte aussi quelques navires des marchands de Bordeaux et de La Rochelle qui par ŅOrdre du RoiÓ doivent traverser en convois comme protection contre les pirates. Ces navires plus lents comprennent un contingent de colons et dÕengagŽs, appelŽs Ōles trente-six moisÕ, durŽe de leur contrat notariŽ avec des marchands, des bourgeois ou des communautŽs religieuses de la Nouvelle-France.

Il y a aussi un joyeux groupe de jeunes filles. Elles suivent les traces des pionnires de 1668, des filles souvent orphelines et des femmes ayant reu une dote du Roy, toutes parties comme futures Žpouses pour les nombreux cŽlibataires de la Nouvelle-France, suite ˆ lÕimplantation des militaires des rŽgiments Carignan-Salires.

Sur chacun des navires de la Marine royale se trouvent aussi, selon les Ordres du Roi, un commandant des canonniers, un aum™nier, un chirurgien et un ŅescrivainÓ.

CÕest lՎcrivain, un poste prestigieux, qui consigne les faits et documents du voyage pour lÕAmirautŽ. Ainsi il a inscrit, de sa plus belle plume, le rolle de lՎquipage ainsi que lÕinventaire du chargement de ŅLa MareschaleÓ, dont copie sera remise ˆ lÕAmirautŽ de La Rochelle au dŽpart, et ˆ lÕAmirautŽ de QuŽbec ˆ lÕarrivŽe. Il fait de mme le Ņrolle des soldats qui composent la recrue embarquŽe sur le vaisseau la mareschale pour la garnison de quŽbecÓ.

Y figurent: le nom du soldat, sa paroisse dÕorigine, son ‰ge, sa taille, la couleur de son poil, le nom de ses pre et mre et sa profession, sÕil en a une. Malheureusement ces documents nÕexistent plus.

Avant que ŅLa MareschaleÓ ne lve lÕancre, lՎcrivain est pris dÕassaut par les nombreux voyageurs qui, ne sachant Žcrire, viennent lui demander furtivement de rŽdiger une dernire missive ˆ la famille ou ˆ un tre cher quÕils ne sont pas certains de revoir un jour.

LÕaum™nier, pour sa part, consulte le manifeste dÕembarquement pour y dŽbusquer les malfrats et ceux de la religion prŽtendue rŽformŽe, ainsi quÕon nomme les huguenots calvinistes, ˆ qui le roi a interdit de traverser en Nouvelle-France, sinon aprs avoir abjurŽ et fait trois ans de probation dans un port du littoral. Si un sujet Žchappe ˆ sa perspicacitŽ, il sÕen rendra vite compte aux offices religieux pendant la traversŽe et sÕappliquera ˆ le convertir avant lÕarrivŽe ˆ QuŽbec, ce qui est relativement facile car lÕalternative sera le retour par le premier navire et ˆ lÕarrivŽe, la prison ou la marche forcŽe jusquÕaux galres royales de Marseille.

LaRochelle au 17e sicle. MusŽe du Nouveau Monde, LaRochelle


La Rochelle vers 1750, peinture de Joseph Vernet

Au signal dÕun coup de canon, les premiers navires lvent lÕancre avec la marŽe du 21 mars 1688. Les voyageurs regardent une dernire fois les trois tours de La Rochelle sÕestomper au soleil levant pendant que les matelots sÕaffairent ˆ hisser les voiles pour prendre le vent du large. Pour les nouveaux militaires et les canonniers il nÕy a pas de temps pour sÕattendrir. La discipline sÕinstalle sžrement chez les jeunes recrues, faite de leons et dÕexercices dÕabordage, de combats de corps ˆ corps ˆ lՎpŽe et de pratique de tir du canon du navire contre les attaques possibles des forbans. La mer en est infestŽe car ils sont financŽs par les marchands anglais qui, en dŽpit de la paix nŽgociŽe par Louis XIV avec son ami le roi dÕAngleterre, le catholique Jacques II, envoient leurs navires en course pour attaquer et piller sans vergogne les navires franais et les lourds galions espagnols chargŽs des richesses du Nouveau-Monde.

Le canon du dŽpart,

Van de Velde,  Rijks Museum,  Amsterdam.

La traversŽe est particulirement longue et pŽnible. Parmi les nombreuses victimes de la fivre pourpre, du scorbut et du typhus, on compte le chevalier dÕAndrŽsy, le capitaine qui a recrutŽ la compagnie de Samuel Papineau ˆ Montigny. On pense quÕil est fils dÕune grande famille de Saint-Germain-en-Laye, qui, en lui obtenant ce commandement, espŽrait quÕil trouverait gloire et fortune dans le Nouveau-Monde. La cŽrŽmonie funŽraire se rŽpte plusieurs fois. Le corps est enfermŽ dans un sac taillŽ dans un rebut de la grande voile, lestŽ dÕun boulet de canon. On le laisse glisser ˆ la mer aprs le chant solennel du Libera et une salve de mousquet pour un matelot ou un soldat et le tir du canon pour un officier.

Les deux autres compagnies de la recrue de 1688, commandŽes par les capitaines De Beaugy et De Gallifet, subissent aussi des pertes et mme les plus costauds, ŽpargnŽs par lՎpidŽmie, souffrent horriblement du mal de mer.

Le convoi progresse lentement, les navires mieux carŽnŽs et plus rapides Žtant obligŽs dÕattendre les navires marchands. Ils arrivent finalement sur les grands bancs de Terre-Neuve. Lˆ, se dŽroule la traditionnelle initiation au Nouveau-Monde par lÕimmersion de quelques soldats et passagers dans une grande cuve dÕeau glacŽe et autres facŽties prŽsidŽes par un matelot dŽguisŽ en dieu Neptune, le tout au grand dŽpit de lÕaum™nier.

Ė la Saint-Jean, on traverse les Grands-Bancs et on aperoit enfin avec soulagement la c™te inhospitalire de Terre-Neuve. Les chaloupes vont refaire le plein dÕeau potable, de bois pour la cuisine, et dŽbusquer quelque gibier pour faire oublier le biscuit avariŽ et le poisson.

Puis en suivant prudemment La Diligente du capitaine Durand, par petites bordŽes et poussŽ par le reflux de la marŽe, on remonte le majestueux fleuve St-Laurent, dŽcouvert en 1535 par Jacques Cartier de St-Malo.

Aprs plusieurs jours de navigation hasardeuse ŅLa MareschaleÓ arrive enfin ˆ QuŽbec o elle jette lÕancre ˆ la mi-juillet devant ce  promontoire que lÕon dit inexpugnable.

 ŅQuŽbec comme on le voit du c™tŽ de lÕest en 1688Ó,
carte de Franquelin.

Voilˆ la vue de son nouveau pays quÕaperoit le soldat Montigny ˆ lÕapproche de QuŽbec.

 

La ville de QuŽbec en 1688, Archives du SŽminaire de QuŽbec,
d'aprs la carte de Franquelin.

 

Aprs les cŽrŽmonies du dŽbarquement en la prŽsence du gouverneur Denonville, lÕintendant Champigny constate dans un rapport ˆ Versailles:

 Original et transcription

*

                       

 

(QUƒBEC)  6 NOVEMBRE 1688

ŅTOUT CE QUI A ESTƒ ENVOYƒ DE FRANCE EST ARRIVƒ EN BON ESTAT ET BIEN CONDITIONNƒ.

MAIS LE NOMBRE DÕHOMMES A BIEN DIMINUƒ,

CAR DE 225 QUI ESTOIENT DANS

LA MARESCHALE IL EN EST MORT.

LE SR. DANDRESY CAPÕNE EST DU NOMBRE.

ILS ONT DONNƒ SON EMPLOY AU SR. DE LA GROYE, LIEUTENANT QUI EST UN FORT HONESTE GENTILLHOMME ET QUI A BIEN SERVYÓ

 

La compagnie orpheline a donc un nouveau capitaine, Charles Henri dÕAloigny, fils du marquis de la Groye, de Ingrandes prs de Chatellerault en Poitou, donc Ņun paysÓ pour Samuel. Il lui restera attachŽ jusquՈ sa mort, survenue en retournant en France sur le Saint-JŽr™me qui sombre ˆ lÕėle-de-Sable en 1714, avec seulement deux survivants recueillis par une chaloupe venant de Boston.

Le marquis de la Groye, titre de noblesse obtenu aprs le dŽcs de son pre et de son frre, se fera un devoir dÕassister aux mariages et aux baptmes des enfants de ses anciens officiers et soldats, ce qui permet de reconstituer une bonne partie de la compagnie originale de 1688.

 

Ė QuŽbec, soldats et officiers font une dernire prire dans la nouvelle Žglise de la basse-ville, tout juste complŽtŽe sur la Place Royale en cette annŽe 1688. Aprs la victoire sur lÕamiral anglo-amŽricain Phips en 1690, elle sera nommŽe Notre-Dame. Aprs le naufrage de la flotte de lÕamiral Walker en 1717 sur les rŽcifs de lÕėle-aux-Oeufs dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, elle sera rebaptisŽe Notre-Dame-des-Victoires.

Voici lՎglise trois cents ans plus tard.

 

 

Aprs quelques jours de repos, ils quittent ˆ regret le raffinement et la sŽcuritŽ de QuŽbec. La troupe prend immŽdiatement la direction de MontrŽal menacŽe par les bandes iroquoises.

Ce sera un voyage dÕune semaine pour remonter le vaste fleuve, soldats, officiers et matŽriel entassŽs dans des barques plates et de frles canots faits dՎcorce de bouleau.

Cette grande nature leur semble remplie de pŽrils.

Ils apprŽhendent tous que seront encore bien plus pŽrilleuses les prochaines annŽes.


1.3       Samuel, soldat des Troupes de la Marine,

        de 1688 jusquՈ  1698

 

 

Voici ˆ quoi pouvait ressembler le soldat ŅMontignyÓ.

Soldats des Troupes de la Marine,

en campagne et ˆ la parade  (Francis Back et Michel PŽtard).

 

 

et en uniforme dÕhiver. (R.J. Marrion et Francis Back) Parcs Canada

Les marchands anglais et hollandais de New-York, voulant Žtendre leur nŽgoce de la fourrure vers les Grands Lacs, arment les tribus iroquoises qui vivent le long de la rivire Mohawk (dans lÕextrŽmitŽ nord de lÕactuel ƒtat de New-York) pour attaquer MontrŽal.

Les expŽditions ineptes des deux gouverneurs De la Barre en 1683 et De Nonville qui se saisit des ambassadeurs onnontaguŽs pour les envoyer aux galres royales de Marseille, unissent les Cinq-Nations de lÕIroquoisie contre la France.

Le rŽsultat sera le dŽsastreux massacre de familles entires, tuŽes ou enlevŽes, et la destruction de 56 habitations ˆ Lachine, sur lՔle de MontrŽal, dans la nuit du 4 au 5 aožt 1689.

 On assiste par la suite ˆ la dŽvastation de nombreux villages environnants. Lachenaie, sur lÕėle-JŽsus, et Rivire-des-Prairies sont tour ˆ tour dŽcimŽs et hommes, femmes et enfants tuŽs ou emmenŽs en captivitŽ.

Les compagnies sont dŽployŽes en vain contre les attaques sournoises qui ne donnent aucune prise ˆ la riposte et les officiers comme les soldats apprennent vite les rgles impitoyables de la guerre en ce pays.

Et enfin la rumeur entendue ˆ Rochefort se confirme: lÕancien gouverneur Frontenac revient prendre les choses en main.

Ds son arrivŽe, il se prŽcipite vers MontrŽal avec toute la troupe, bien dŽcidŽ ˆ dompter la Nouvelle-Angleterre et ainsi regagner lÕappui des Iroquois.

Mais un messager vient lui annoncer quÕune flotte importante arrivant de Boston remonte le Saint-Laurent pour attaquer QuŽbec. En mme temps, une armŽe dirigŽe par Winthrop venant de Manhatte et sÕavanant par le lac Champlain est heureusement dŽcimŽe par une ŽpidŽmie, puis dispersŽe.

Frontenac part vite vers QuŽbec organiser la dŽfense de la citadelle.

 Et les troupes de la Marine, les milices canadiennes et leurs alliŽs amŽrindiens se compltent ˆ merveille pour remporter une des plus glorieuses victoires de la Nouvelle-France.


Frontenac,
    Louis-Philippe HŽbert

On espre que ce fait dÕarmes Žclatant de 1690 du comte de Frontenac sur lÕamiral Phipps inspirera de nouveau ˆ la Nouvelle-Angleterre le respect.

Il nÕen est rien.

Les troupiers auront vite fait de revenir ˆ MontrŽal car les annŽes suivantes, les troupes doivent faire des raids vengeurs sur la Nouvelle-Angleterre et repousser ses incursions comme ˆ La Prairie-de-la-Madeleine o elles livrent une bataille dŽcisive contre les troupes du major hollandais Schuyler de Fort Orange (Albany) en 1691.

Reste ˆ faire la paix avec les Iroquois dont les attaques ont entravŽ les semailles de 1691 et 1692, et ˆ reprendre les autres forts des Pays-dÕen-Haut abandonnŽs par le gouverneur De Nonville.

Frontenac avait toujours dŽfendu lÕimportance dÕune place forte pour donner accs au lac Ontario. Ė lÕencontre des ordres de Versailles, il envoie donc quelque sept cents hommes reconstruire le Fort Cataracoui, heureusement ˆ peine endommagŽ par la dŽmolition de 1689. Ils remontent le Saint-Laurent ds le printemps de 1695 sur les bateaux plats construits pendant lÕhiver de 1693.

Troupes de la Marine au fort Cataracoui

Eugne Leliepvre, peintre aux armŽes de France,

et Parcs Canada

 

Fort Cataracoui construit par Cavelier de La Salle en 1673, puis nommŽ Fort Frontenac en 1674 en lÕhonneur du gouverneur qui lui avait accordŽ cette seule seigneurie dans lÕOntario dÕaujourdÕhui. Il faut dire que Frontenac Žtait son partenaire dans la traite des fourrures, incartade qui lui a valu son rappel en France.

Cette mission de 1695 sous le capitaine De La Groye sera la premire incursion de Samuel Papineau dit Montigny dans ces contrŽes, que lui et ses descendants traverseront souvent et plus tard peupleront en grand nombre.

Un de ses arrire-petit-fils, Denis-Benjamin, siŽgera comme dŽputŽ de lÕOutaouais et ministre, puis co-premier-ministre dans le gouvernement du Canada-Uni ˆ Kingston, ancien fort Frontenac, qui sera le sige du parlement de 1842 ˆ 1847.

LÕexpŽdition de 1695 est sous la direction du marquis de Crisafy et comprend la compagnie du capitaine de La Groye, dont fait partie Samuel, ainsi que des militaires de premier plan comme De Noyan, La Vallires, Maricourt et Linvillier. Ds aožt 1695 ils sont de retour ˆ MontrŽal aprs avoir laissŽ une garnison de 48 hommes (dont, possiblement, Samuel) et sans avoir rencontrŽ un seul ennemi.

LÕannŽe suivante, le comte de Frontenac, en dŽpit de son ‰ge avancŽ, dirige personnellement une expŽdition forte de 2300 hommes tirŽs des 28 compagnies de la marine, des milices canadiennes et des alliŽs indiens. Ils dŽtruisent plusieurs villages iroquois situŽs dans lÕactuel Žtat de New-York, reprennent en entier les anciens forts et rŽussisent ˆ rapatrier un grand nombre des otages franais et amŽrindiens.

Samuel Papineau ne peut se douter que parmi ces otages se trouve sa future Žpouse Catherine Quevillon, enlevŽe en 1693 avec sa mre Jeanne Hunault. Il sÕy trouve aussi Pierre Laurin dit Lachapelle, qui deviendra capitaine de milice de la Compagnie-du-Božt-dÕen-haut, du Saut-au-RŽcollet, et qui sera son tŽmoin ˆ son mariage en 1704.

La paix de Ryswick mettant fin ˆ la guerre de 1692 ˆ 1697 de la France contre la Ligue dÕAugsbourg sera connue avec retard en Nouvelle-France.

Signature du traitŽ de Ryswick en 1697.

(gravure dՎpoque)

 

La colonie comme la mre-patrie conna”tront un bref interlude de paix jusquՈ la guerre pour la succession au tr™ne dÕEspagne, qui de 1702 ˆ 1713 unira contre Louis XIV des alliŽs contre nature comme lÕAngleterre, la Hollande et lÕEspagne.

Mais pour un moment, Boston, Manhatte (New-York), Orange (Albany) et Corlar (Schenectady), bases des Anglais et des Hollandais, ne pourraient plus attaquer ouvertement ni QuŽbec ni MontrŽal, ce quÕils ne se privent pas de faire par Iroquois interposŽs dans les avant-postes des Grands Lacs.

Le prestige de Frontenac, qui sՎteint ˆ QuŽbec en 1698, et de son successeur, le chevalier de Callires, amne finalement les Cinq-Nations ˆ demander la paix.

Aprs de longues nŽgociations, est signŽe en 1701 la grande paix de MontrŽal ou paix de Callires en prŽsence de tous les notables, des officiers et des soldats en grande tenue et des chefs de 37 tribus venus dÕaussi loin que lÕIllinois et le Mississipi.

Le 300e anniversaire en a ŽtŽ cŽlŽbrŽ ˆ MontrŽal en 2001.

 

1.4  Samuel, habitant et milicien, ˆ la C™te-St-Michel de MontrŽal, o il devient censitaire des Sulpiciens, seigneurs de lՔle de MontrŽal.

Une paix relative et la prospŽritŽ Žtant en voie dՐtre rŽtablies dans les villes et les campagnes, lÕintendant Champigny est autorisŽ par lÕordonnance royale du 21 mai 1698 ˆ accŽlŽrer la dŽmobilisation des soldats des Troupes de la Marine qui veulent rester au pays. (On trouvera ˆ lÕ annexe B.0.- la transcription de lÕordonnance royale permettant la dŽmobilisation et copie de lÕoriginal.

La plupart des soldats des 35 compagnies des Troupes de la Marine, plus tard ramenŽes ˆ 28, qui avaient entre 16 et 24 ans ˆ leur arrivŽe entre 1683 et 1688, prendront racine dans le pays quÕils ont si chrement dŽfendu. Louis XIV et Colbert avaient donc vu juste et porteront toujours une attention affectueuse ˆ leurs jeunes sujets.

Le roi leur accordera une dot royale et le titre Ē dÕhabitans Č, qui deviendront en quelque sorte leurs lettres de noblesse. Il ordonne en mme temps aux dŽtenteurs des seigneuries de leur concŽder des terres ˆ des conditions favorables.

CÕest ainsi que les seigneurs de Saint-Sulpice, propriŽtaires de lՕle de MontrŽal, ouvriront une nouvelle concession ˆ la C™ste St-Michel en 1699 pour les accueillir.

 En homme avisŽ, Champigny sait trs bien que tous ces soldats cŽlibataires ont besoin dՎpouses pour se fixer sur les terres concŽdŽes par les seigneurs.

Sans compagne pour les retenir, ils partiront faire la traite des fourrures comme coureurs des bois, ce que le roi a formellement  interdit.

En bon gestionnaire, il dŽcide aussi de combiner le budget accordŽ par le roi pour doter 60 filles, ˆ raison de 50 livres pour chacune, avec la prime de dŽpart des soldats qui consiste en une annŽe de solde, son uniforme et son fusil.

Champigny fait rapport ˆ Paris en ces termes: Ņƒtat de la distribution de trois mille livres accordŽes par le Roi en lÕannŽe 1700 pour doter 60 filles ˆ raison de 50 livres pour chacune.Ó

Contrairement ˆ la croyance populaire, ces filles ne sont pas des ŅOrphelines du RoiÓ aussi appelŽes Filles du Roi, venant de France, mais comprennent exclusivement des femmes nŽes en Nouvelle-France. Plusieurs sont veuves des guerres iroquoises, certaines avec de nombreux enfants. DÕautres reviennent de captivitŽ.

 

Samuel, ŅvolontaireÓ ou Ņcoureur des boisÓ

Au terme de son engagement de dix ans en 1698 et fort de sa connaissance du pays quÕil a parcouru plusieurs fois, Samuel veut conna”tre la vie aventureuse et souvent lucrative des coureurs des bois.

(Suzor-Cote, 1907)

Il perd ainsi la solde de six sols par jour que le roi accorde pendant une annŽe ˆ ceux qui restent au pays pour se marier, soit une perte dÕenviron cent livres, bien compensŽe toutefois par les fourrures rŽcoltŽes avec ses amis.

Cet hiver pŽnible passŽ aux confins de ŅLa Grande RivireÓ, aussi appelŽe rivire des Outaouais, lui a fait rŽaliser cependant combien il a gardŽ de son enfance la nostalgie de la vie plus sŽdentaire de ses pres poitevins.

Plusieurs de ses meilleurs compagnons dÕarmes viennent tout juste de se marier avec des Canadiennes ˆ qui lÕintendant Champigny a remis aussi la dot royale de cinquante livres:  Jean Pouget dit Grisdelin, tambour de la compagnie de De La Groye, venant de Villamblard en PŽrigord, mariŽ ˆ veuve Marthe Brassard et qui se sont Žtablis ˆ la C™te-St-Michel. Pierre Cardinal de Fontenay-le-Comte en VendŽe et veuve Marie-Anne Thuillier se sont fait concŽder une terre par les sulpiciens ˆ Rivire-des-Prairies, sur le flanc nord de lՔle de MontrŽal. Ils seront tous deux les tŽmoins de Samuel ˆ son contrat de mariage le 6 juin 1704.
Leur a”nŽ, Pierre Taillefer, du Calvados en Normandie, est aussi lˆ avec Jeanne Huneault dit Deschamps, veuve de Adrien Quevillon tuŽ en 1693. Jacques HŽrichŽ dit Louveteau, de Louvetot prs de Rouen, a mariŽ veuve Marie Geoffrion et ils se retrouvent bient™t aussi ˆ la C™te-St-Michel.

Ensemble, ils convainquent leur ami Montigny de rester au pays, lui promettant mme de lui trouver une Žpouse ˆ sa mesure.

Et cÕest ainsi quÕil se trouve chez les seigneurs en ce printemps de 1699.

Samuel,  "habitant" censitaire

Le jeune homme pose son paraphe sur le document, car il ne sait pas signer, et devient ainsi propriŽtaire dÕune terre de soixante arpents ˆ la C™te-St-Michel en lՔle de MontrŽal, sujet ˆ toutes les charges, quand mme trs lourdes pour un militaire devenu censitaire, et ˆ Ņfoi et hommageÓ aux seigneurs Sulpiciens.

Ce jour-lˆ, le 25 avril 1699, aprs onze ans et quatre jours de son depart de France, avec Samuel Papineau dit Montigny sÕinstalle dŽfinitivement lՎpopŽe des Papineau dans le Nouveau-Monde.

Ds ce premier ŽtŽ, Samuel sÕattaque vaillamment au dŽfrichement de sa terre comme prŽvu au contrat, sme lÕessentiel pour la saison et mobilise la corvŽe des voisins pour Žlever la maison en bois pice-sur-pice selon la mode du pays, car on a vite appris que la maison en pierre ne convient pas aux rudes hivers canadiens.

Maison typique dÕun habitant,     (Cornelius Krieghoff)

Ņfaite en billes de bois Žquarries, jointŽes et reliŽes ˆ queue dÕaronde, style dit Ņpice sur piceÓ.

Ė lՎtŽ, il apprend  quÕun lointain cousin, Louis Papineau dit Deslauriers, de la branche des Papineau de Niort,  nouvellement arrivŽ et guerroyant dans la compagnie de monsieur de Longueuil, a ŽtŽ tuŽ au combat ˆ lՉge de 24 ans et enterrŽ au mois de juin 1699.

Ces premires annŽes sont dÕune difficultŽ inou•e, les travaux faits ˆ force de bras car ils nÕont pas encore le cheptel, le boeuf ou encore moins le cheval pour tirer une charrue. La pioche, la serpe, la fourche et leur vaillance sont les outils des soldats devenus habitants. Comme propriŽtaires de leurs terres, ils revendiquent firement comme une lettre de noblesse ce titre dÕhabitant que le roi leur a confŽrŽ par lÕordonnance du 21 mai 1698 et ils considrent le mot paysan comme une insulte.

Les nouveaux concessionnaires ne sont pas totalement dŽpourvus. Pendant leur service militaire, les soldats logeaient chez lÕhabitant o, contre les travaux aux champs, ils pouvaient arrondir leur maigre solde. CÕest trs souvent parmi les filles de leur h™te ou de ses voisins quÕils ont trouvŽ une Žpouse lors de la dŽmobilisation.

AujourdÕhui, ils continuent de contribuer ˆ la dŽfense du pays car chaque homme de seize ˆ soixante ans doit obligatoirement avoir chez lui un fusil et, une fois par mois, se prŽsenter ˆ la compagnie de milice de sa paroisse pour faire lÕexercice.

 

Miliciens en campagne,  Francis Back

CÕest ainsi que Samuel retrouve rŽgulirement ses voisins, les gŽants de la C™te-St-Michel, tels quÕils apparaissent au terrier de 1701, fait ˆ la demande du nouveau supŽrieur des Sulpiciens, Vachon de Belmont, venu succŽder ˆ Dollier de Casson.

Les voisins de Montigny, du c™tŽ sud de la commune qui deviendra plus tard le ŅChemin du RoiÓ et plus tard la rue Jarry, sÕappellent: Larose, Beaulieu, Sancerre, Laflche, Louveteau, Lafortune, Viger, Grisdelin. En face, du c™tŽ nord, se trouvent : les Lacroix, Lalouette, Alavoyne, Lagrandeur, Laviolette, St-Amant, Laforme, Lafantaisie, la plupart identifiŽs sur ce parchemin trs officiel par leur surnom ou nom-de-guerre dÕanciens soldats des Troupes de la Marine.

Quelques lieues plus au nord, on trouve aussi des anciens des Troupes ˆ Rivire-des-Prairies, dont Pierre Taillefer et Pierre Cardinal. Le 12 septembre 1701, ce dernier lui fait le grand honneur de demander Samuel comme parrain au baptme de son deuxime fils, Franois.

CÕest ˆ cette occasion que Samuel Papineau dit Montigny dŽclare au curŽ pour la premire fois: profession, ŅvolontaireÓ.

Volontaire peut signifier quÕil nՎtait pas conscrit lors de son recrutement en France, ce qui accrŽdite la tradition orale ˆ lÕeffet quÕil sՎtait portŽ volontaire pour remplacer son frre a”nŽ qui avait charge dÕune famille orpheline.

Volontaire Žtait aussi le titre que lÕon donnait pudiquement ˆ Ville-Marie aux coureurs-des-bois qui allaient ˆ la traite des fourrures sans permis et parfois allaient vendre leur marchandise aux marchands hollandais en passant ˆ travers lÕIroquoisie hostile.

La petite communautŽ de la C™te-St-Michel est quand mme assez isolŽe, communiquant difficilement avec Ville-Marie, ˆ travers la C™te de la Visitation au sud.

Au nord-est, il y a la concession de 1685 appelŽe C™te St-Dominique, devenue en 1687 la paroisse  Saint-Joseph de la Rivire-des-Prairies. CՎtait le point dÕarrivŽe ˆ lՔle de MontrŽal aux premiers temps de la colonie. On y voit le fortin ˆ palissade construit par le capitaine de Senneville ˆ la demande des seigneurs sulpiciens. Il sÕappelle maintenant  petit fort Desroches, du nom de Paul Desrochers qui en est le gardien.

Plus ˆ lÕouest, il y a la petite Žglise St-Joseph de 1689, en bois, un autre fortin et le moulin banal des seigneurs. Jean Sicard, un autre VendŽen, en est le meunier et sa femme, Catherine Lauzon, en est la meunire hŽro•que qui, selon le pre Vachon de Belmont, a tenu tte ˆ une bande iroquoise lors des massacres de 1691.

Plus ˆ lÕouest sur la Rivire-des-Prairies, on peut aller au Sault-au-RŽcollet, o se trouve le Fort-Lorette ŽrigŽ en 1696 par les sulpiciens pour accueillir les Sauvages du Fort-de-la-Montagne, dorŽnavant trop rapprochŽ des auberges et de lÕeau-de-vie de la ville. Le fort renferme une petite chapelle en bois, une Žcole des soeurs de la CongrŽgation Notre-Dame et la rŽsidence des seigneurs et du missionnaire.

Avec lÕarrivŽe de chaque nouveau concessionnaire, les corvŽes rassemblent les hommes et les femmes de la C™te-Saint-Michel. Ils se voient aussi chaque dimanche aux offices donnŽs par un missionnaire de Ville-Marie qui, selon la saison, alterne entre le minuscule oratoire ŽlevŽ face ˆ la terre de Samuel et les premires paroisses ŽrigŽes ˆ St-Joseph de  Rivire-des-Prairies, ˆ Fort-Lorette et ˆ Saint-Laurent. Ė lÕoccasion des grandes ftes ils font la longue marche jusquՈ la premire Žglise Notre-Dame de MontrŽal, ŽrigŽe par les bons soins du supŽrieur Dollier de Casson. Ce dernier alliait des talents dÕarchitecte ˆ son passŽ dans les grenadiers et ˆ sa tardive vocation religieuse. Pour amasser les fonds nŽcessaires ˆ la construction, il avait obtenu du gouverneur de MontrŽal, le chevalier de Callires, un permis exceptionnel de traite des fourrures aux Pays-dÕen-Haut.

Pour Samuel, maintenant appelŽ aussi bien Papineau que Montigny, les premires annŽes de sa nouvelle vocation dÕhabitant sont agitŽes. Chaque mois, avec ses voisins de la C™te-St-Michel, il va ˆ lÕexercice de sa compagnie de milice dirigŽe par le sergent Pierre Richer dit Laflotte, surnom hŽritŽ du nom de sa paroisse natale, La Flotte, sur lՔle de RŽ.

La colonie est toujours sous la menace des Anglais et des Hollandais de la Nouvelle-Angleterre qui, depuis la grande paix de MontrŽal de 1701, sont furieux dÕavoir perdu lÕeffet de menace des Iroquois quÕils utilisaient comme leurs mercenaires. Cette menace disparue, les Franais ont pu aller fonder le poste de DŽtroit et ainsi verrouiller ˆ la fois lÕaccs aux Grands Lacs et au Mississipi qui assure le lien avec la Louisiane.

Les miliciens et les AmŽrindiens alliŽs accompagnent souvent les Troupes de la Marine pour ravitailler ces postes et, ˆ lÕoccasion, faire des raids vengeurs chez lÕennemi.

Comme dans un roman, son vieux copain Pierre Taillefer invite son ami Samuel, encore cŽlibataire, ˆ la messe de minuit de No‘l 1703 ˆ Rivire-des-Prairies, et ensuite au rŽveillon chez lui ˆ la maison ancestrale de son Žpouse, Jeanne Huneault dit Deschamps, veuve de Adrien Quevillon.

Il y a lˆ sa belle-fille Catherine Quevillon, veuve depuis peu de leur ami Guillaume Lacombe dit Saint-Amant avec qui elle aura vŽcu seulement quatre mois.

Catherine a 17 ans et Samuel, ˆ 34 ans, en a le double. Mais il a gardŽ ˆ travers sa vie tumultueuse toute la vigueur de sa tendre jeunesse.

De toute Žvidence, ils se connaissent et se plaisent puisque le 8 juin 1704, dans la maison de Jacques Vaudry, le mme notaire Pierre Raimbault qui a officiŽ ˆ lÕachat de sa terre, leur soumet un contrat de mariage. Les tŽmoins de Samuel pour lÕoccasion sont ses amis Jean Pouget dit Grisdelin, de la C™te-St-Michel, et Pierre Cardinal, de Rivire-des-Prairies. Il y a eu la publication des trois bans rŽglementaires ˆ trois dimanches consŽcutifs, puis le 16 juin 1704, Samuel sÕamne ˆ lՎglise paroissiale de Catherine, St-Joseph de la Rivire-des-Prairies, nouvellement rŽouverte au culte.  Samuel est avec son tŽmoin, Pierre Laurin, capitaine de la compagnie de milice du Bout-dÕen-haut, (ainsi quÕon appelait Fort-Lorette), fils de Pierre Lorin dit Lachapelle de Chatellerault en Poitou. Le pre sulpicien qui officie, Jean Bouffandeau, est lui aussi un vendŽen nŽ ˆ Cholet, de trois ans plus jeune que Samuel.

Cet acte de mariage (voir ˆ lÕannexe  B.4.- la transcription et la copie de lÕoriginal) scelle le destin des premiers anctres Samuel Papineau et Catherine Quevillon et affirme les racines de la seule authentique famille Papineau qui a une descendance en Nouvelle-France.

 

 

 

(la plus rŽcente Žglise, datant de 1875)   photo jyp 2002

Catherine Quevillon vivra jusquՈ quatre-vingt-quinze ans, surpassant sa mre Jeanne Huneault dit Deschamps qui, elle, a vŽcu jusquՈ 91 ans et eut huit enfants de trois mariages.

Catherine Quevillon fut surnommŽe  Ņla femme aux quatre marisÓ mais nÕeut dÕenfants que les neuf quÕelle eut avec Samuel Papineau: trois filles et six garons qui lui donneront 93 petis-enfants dont cinquante se marirent et eurent des enfants.

Comme sa mre, Catherine a un caractre vif, hŽritŽ de son sŽjour prolongŽ dans une tribu iroquoise, ce qui explique aussi quÕelle nÕa pas appris ˆ Žcrire, comme on le constate dans de nombreux documents notariŽs.

Par contre, elle conna”tra bien ses petits-enfants, dont Joseph II nŽ en 1752, notaire et dŽputŽ qui avait 29 ans au dŽcs de sa grand-mre en 1781.

Ils transmettront tous lÕhistoire de ses nombreux faits dÕarmes.

On peut suivre le cheminement des Papineau-Quevillon au fil de nombreux documents officiels, soit de lՎtat civil ou des actes des notaires. Il nÕy en a heureusement aucun dans les archives pŽnales de la PrŽv™tŽ.

Dans ces archives, on dŽcouvre que le couple Papineau est trs grŽgaire, souvent invitŽ aux baptmes et mariages de la rŽgion o ils puisent aussi les parrains-marraines et Žpoux-Žpouses pour leurs trois filles et six fils.

Parmi plusieurs de ces familles, Samuel retrouve des ŅpaysÓ du Poitou, de la VendŽe et des anciens compagnons des Troupes de la Marine quÕon peut gŽnŽralement reconna”tre ˆ leur surnom ou nom de guerre attribuŽ de facto ˆ la levŽe de la recrue intŽgrŽe dans la compagnie du marquis de la Grois:

Denis Jourdain dit Labrosse, qui en 1706 se dit bourgeois de MontrŽal, Jacques Richard dit Larose, son voisin au sud, Jacques Gauthier dit Saint-Germain, Louis Leroux dit LachaussŽe, Jacques HŽrichŽ dit Louveteau, Antoine AndrŽ dit Lafontaine, Pierre Geoffrion dit Saint-Jean, Pierre Richer dit Laflotte, Nicolas PŽrillard dit Bourguignon, Paul DazŽ dit Queniot.

Il y a aussi Franois TŽvenin dit Rencontre, qui le 19 mars 1719 sera le parrain du septime enfant de Samuel, Joseph Papineau I dit Montigny, lÕanctre des hommes politiques qui sÕillustreront au Canada et au QuŽbec.

La maison construite sur la terre acquise en 1699 devient vite une pouponnire quÕil faut sans cesse agrandir. Elle accueille dÕabord en succession trois filles entre 1705 et 1709 et par la suite six garons entre 1712 et 1726. Au dernier nŽ, Jean-Louis, Samuel a alors 56 ans et Catherine a 40 ans.

En 1705, la famille dŽcide de ne pas conserver la terre de la c™te St-Michel hŽritŽe par Catherine de son premier mari, Guillaume Lacombe dit St-Amant. Ils la cdent ˆ Jean Guilbert dit Laframboise qui la cdera plus tard ˆ sa fille ƒlisabeth, mariŽe ˆ Antoine AndrŽ dit Lafontaine.

Plusieurs historiens de la famille Papineau prŽtendront erronŽment que cette transaction sÕappliquait ˆ la terre acquise par Samuel en 1699.

Pourtant le terrier des seigneurs de Ville-Marie inscrit dans la carte de 1702, dite carte de Vachon de Belmont, indique bien le nom de St-Amant, # 1075, et le dŽnombrement de 1731 affiche le nom du nouveau censitaire, Guilbert, # 5985.

Par un autre acte avec les seigneurs datŽ du 29 janvier 1711, les Papineau ont acquis une deuxime terre, o il nÕont pas habitŽ, ˆ Rivire-des-Prairies, jouxtant celle du frre de Catherine, Jean-Baptiste Quevillon. Cette terre sera cŽdŽe le 11 mars 1720 aux beaux-parents de Samuel, Pierre Taillefer et Jeanne Huneault, veuve Quevillon. Elle avait ŽtŽ reprise par les seigneurs et mise aux enchres par affichage ˆ lՎglise paroissiale de Rivire-des-Prairies les 26 juin 1706, 27 mai 1707, 26 mai 1708 et 5 juillet 1710.

Plusieurs historiens, dont ceux du Dictionnaire biographique du Canada, ont errŽ en y faisant dŽmŽnager Samuel et  Catherine Papineau.

Puis les actes notariŽs nous fournissent un document trs intrigant par lequel les Žpoux Papineau effectuent le huit janvier 1717, devant le notaire Pierre Raimbault, une donation au bŽnŽfice des seigneurs pour une remise annuelle de quinze livres. Il faudra en trouver lÕexplication aux archives de Saint-Sulpice.

La famille Papineau continuera donc dÕoccuper la terre originale de 1699 puisquÕon en trouve la confirmation suivante dans Ņles aveux et dŽnombrements dŽposŽs en 1731 pour fief, terre et seigneurie de lÕisle de MontrŽalÓ qui dŽsignent au nom de Samuel Papineau dit Montigny: ŅDans la C™te Saint-Michel, en la paroisse de Saint-Laurent, au milieu de laquelle est un chemin du Roi, du c™tŽ gauche de la commune et donnant sur celle-ci une terre de 3 arpents de front par 21 arpents de profondeur, soit 63 arpents dont 31 sont en labours et 6 en prairie, avec une maison en bois, une grange, une Žtable, mais sans ŽcurieÓ.

ReflŽtant lՎvolution de la c™te-St-Michel, les actes de baptme successifs des neuf enfants sont enregistrŽs soit ˆ MontrŽal, ˆ Rivire-des-Prairies ou ˆ Saint-Laurent dont faisait alors partie la C™te St-Michel. Plus tard, les mariages des enfants sont cŽlŽbrŽs soit ˆ MontrŽal, ˆ Saint-Laurent et dans la nouvelle paroisse crŽŽe en 1735, appelŽe le Sault-aux-RŽcollets en mŽmoire dÕun missionnaire rŽcollet qui sÕy noya dans les rapides de la Rivire des Prairies.

CÕest dÕailleurs ˆ la chapelle du Fort-Lorette, mission Žtablie en 1696 par les Sulpiciens pour transfŽrer les indiens du Fort de la Montagne vers le Sault-au-RŽcollet, que se fera le 23 avril 1737 la sŽpulture de Samuel Papineau dit Montigny, dŽcŽdŽ la veille ˆ lՊge de 67 ans.

Voir lÕannexe B.-9.- sŽpulture de Samuel

On verra que la famille Papineau vit trs modestement car quinze mois plus tard, le notaire Franois Lepailleur en date du 27 juillet 1738 fait lÕinventaire... Ņdes dits meubles  de la ditte communautŽ, sise ˆ la ditte coste St Michel o nous sommes exprs transportŽs en la maison construite sur icelle o est dŽcŽdŽ le dit papineauÓ...  Au chapitre des immeubles, le notaire royal note: ...Óune terre de 3 arpents de front sur 21 arpents de profondeur sise en la ditte coste St Michel tenant dÕun bout par devant au chemin du roy qui sŽpare les habitants dÕun costŽ et dÕautre de la ditte coste St Michel et dÕautre bout ˆ la concession des reprŽsentants de feu Vincent Lenoir; dÕun costŽ ˆ celle de Martineau et dÕautre costŽ encore aux hŽritiers feu LenoirÓ. Vincent Lenoir est le parrain en 1706 de Catherine, la deuxime fille de Samuel alors que son fils Jean-Baptiste Papineau marie en 1743, Charlotte, la fille de Pierre Martineau

Suite au dŽcs du patriarche, on voit dans des contrats notariŽs que, comme Catherine Quevillon, les huit autres enfants cŽderont leur part de la terre familiale ˆ leur frre Pierre Papineau dit Montigny. MariŽ ˆ Marie-Joseph Brignon dit Lapierre, ils auront onze enfants dont huit se sont mariŽs.

CÕest la lignŽe de Pierre qui comptera le plus de descendants au 21e sicle.

 

Voici une copie de lÕoriginal donnant la liste des habitants de la C™te-St-Michel en 1702,

TERRIER DE 1702 DES SULPICIENS,

CARTE DE VACHON DE BELMONT.  (detail)

(LE SOLDAT MONTIGNY (CENTRE GAUCHE) ET DÕAUTRES SOLDATS DE LA COMPAGNIE DU MARQUIS DE LA GROIS: LOUVETEAU, GRISDELIN, ST-AMANT, LA FANTAISIE).

Pour Žtudier la mobilitŽ des propriŽtaires, nous avons repris ce livre terrier de 1702 et lÕavons comparŽ au dŽnombrement de la VallŽe du St-Laurent de 1731.

Le censitaire Montigny de 1702 est recensŽ en 1731 sous le nom de Samuel Papineau, toujours au mme endroit.

 

La C™te-St-Michel est devenue la Rue Jarry, situŽe ici entre le Boulevard St-Michel et le Boulevard Pie IX.

La terre originale de 63 arpents des Papineau se situe aujourdÕhui entre la rue Jarry et la rue Jean-Talon ˆ quelques six avenues ˆ lÕest du Boulevard St-Michel

 

1.5    Les Ē Quevillon Č et Ē Hunault dit Deschamps Č :

 

les premiers anctres maternels des Papineau

Quevillon

Catherine Quevillon, la jeune Žpouse de Samuel Papineau dit Montigny, descend de familles de pionniers par son pre comme par sa mre.

Adrien Quevillon, (1645-1690), son pre, est venu de sa Normandie natale comme engagŽ au juge royal, le sieur Louis Artus dit Dessailly, sur sa ferme du Bout-de-lÕėle, ˆ lÕest de Ville-Marie. On lÕy trouve ˆ 21 ans au recensement de 1666, qualifiŽ dÕengagŽ et de laboureur.

On le dit de St-Ouen-le-Mauger, petit bourg situŽ entre Dieppe et Rouen. dont voici la description sur la carte de cassini de 1768 et une photo en 2003 de lՎglise.

 

Carte de Cassini de 1768

 

 

ƒglise de St-Ouen-le-Mauger  photo jyp 2003

Comme il se dit aussi habitant et cordier ˆ MontrŽal au recensement de 1681, sa famille pourrait autrefois venir de la commune de Quevillon, en banlieue sud de Rouen, qui est une rŽgion o existait cette industrie, semblable ˆ la corderie royale de Rochefort. 

Aprs la fin de son engagement comme trente-six-mois, ainsi quÕon appelait les engagŽs, soit vers 1669, on perd sa trace jusquՈ son mariage avec Jeanne Hunault dit Deschamps le 2 fŽvrier 1672, alors quÕil se dit habitant. Il a 27 ans, elle a 14 ans. Suivent des naissances ˆ partir de 1673 jusquՈ celle de  Marie  Catherine en 1686.

Les baptmes de leurs six enfants ont lieu, les deux premiers ˆ MontrŽal et les autres ˆ Pointe-aux-Trembles.

Adrien Quevillon avait acquis une terre ˆ la Coste-St-Dominique qui deviendra en 1687 partie de la nouvelle paroisse de St-Joseph-de-la-Rivire-des-Prairies.

Hunault dit Deschamps

La mre de Catherine, Jeanne Hunault dit Deschamps (1658-1748), est elle aussi fille de pionniers.

Toussaint Hunault dit Deschamps (1628-1690), son pre, originaire de St-Pierre-es-Champs, ˆ la frontire de la Normandie et de lÕėle-de-France, Žtait arrivŽ ˆ Ville-Marie comme engagŽ avec la grande recrue de 1653, levŽe par le sieur de la Dauversire ˆ partir de La Flche, ˆ la demande du gouverneur de MontrŽal, Paul Chomedey de Maisonneuve.

On a retrouvŽ son contrat dÕengagement notariŽ en prŽsence de monsieur Olier.

On dira que ce groupe de pionniers sauva MontrŽal et la Nouvelle-France. En 2003, on a cŽlbrŽ le 350e anniversaire de cette difficile traversŽe jusquՈ MontrŽal, bien dŽcrite dans le site internet:  <http://www.sgcf.com/recrue/>. Ils furent cent deux hommes et quatorze femmes ˆ sÕembarquer ˆ St-Nazaire, le 20 juin 1653, sur le navire St-Nicolas ˆ destination de QuŽbec puis de MontrŽal. DÕautres, surtout des femmes, partirent de La Rochelle.

Lorgueil

Une des passagres de 1653, au dŽpart de St-Nazaire ou de LaRochelle, est une jeune fille de 15 ans, Marie Lorgueil (1638-1700), quÕon dit originaire de la ville de Cognac, en Charente, ville assez lointaine de La Flche mais ˆ proximitŽ de La Rochelle.

Comme le patronyme Lorgueil nÕexiste pas en France ˆ cette Žpoque, on  prŽsume que cՎtait son surnom et lÕon recherche activement son vrai nom et son certificat de naissance.

Une piste est fournie par les noms qui lui sont donnŽs par son curŽ et confesseur de Pointe-aux-Trembles dans les actes de baptme de ses enfants.

Arcueil nous met sur la piste de Arcouet, patronyme trs frŽquent en Charentes. Un soldat du nom de Jean-Baptiste Arcouet, du rŽgiment Carignan-Sallires, natif de Marennes, en Charente, Ē abjure la religion prŽtendue rŽformŽe Č, cÕest-ˆ-dire protestante, alors quÕil est hospitalisŽ ˆ lÕH™tel-Dieu de QuŽbec en 1666.

On prŽsume que Marie Lorgueil et Toussaint Hunault ne se connaissaient pas avant le dŽpart, mais ils seront bient™t mariŽs dans lՎglise de Ville-Marie le 23 novembre 1654. Le gouverneur De Maisonneuve assiste au mariage.

On peut suivre leur cheminement ˆ travers les archives religieuses et notariales car Toussaint fait de nombreuses transactions de terrains nŽcessitant souvent des emprunts. Ils ont ŽlevŽ une  famille de sept enfants qui seront tous mariŽs. Puis, un jour fatidique de 1690, un lieutenant des Troupes de la Marine, Michel Dumont de Blaignac, fils dÕun notable ˆ Paris, le tua dÕun coup dՎpŽe et prit la fuite.

La veuve ŽplorŽe et lourdement endettŽe dut remettre son droit de recours au crŽditeur, le marchand Charles De Couagne, qui lui laissa la jouissance de la terre familiale Ē  au bas de lՔle Č. Cette terre de 2 arpents sur 20 appara”t dans le livre terrier des sulpiciens et la carte de Vachon de Belmont de 1702, Ē depuis la CoulŽe St-Jean au Bas-de-lÕIsle Č  sous le nom de Hunault.

Cinq terres plus ˆ lÕest se trouve le petit fort Gervaise de Pointe-aux-Trembles et la terre (sinon lÕauberge) des Testard dit Folleville o rŽgnait lÕaguichante Anne Papineau Lamarque, originaire de Bordeaux, demoiselle noble envoyŽe par le roi, selon les archives du couvent des Ursulines de QuŽbec o elle est Žtudiante de fŽvrier ˆ octobre 1663. (aucun lien connu avec Samuel Papineau).

Marie Lorgueil est dŽcŽdŽe tout prs de lˆ, ˆ lՔle Ste-ThŽrse, et sera inhumŽe ˆ Varennes, le 29 novembre 1700.

Certains des enfants Hunault dit Deschamps eurent aussi un destin tragique.

ThŽrse Huneault dit Deschamps, mariŽe ˆ Guillaume Leclerc et mre dÕenfants en bas ‰ge, selon lÕacte de sŽpulture ˆ Pointe-aux-Trembles, sera Ē tuŽe cruellement dans la grange par les Iroquois, ˆ La Chenaye, le 7 aožt 1689 Č,  trois jours aprs le terrible massacre de Lachine.

Le rapt des Quevillon.

Jeanne Huneault, et son mari Adrien Quevillon, qui ont six enfants, sont enlevŽs lors dÕattaques iroquoises sur Rivire-des-Prairies et Lachenaye en 1692 et 1693.

Lui est tuŽ et son Žpouse  Jeanne Hunault, sa fille AngŽlique agŽe entre 11 et 12 ans et Catherine agŽe entre  6 et 7 ans, sont amenŽes en captivitŽ. Les autres enfants sÕen tirent indemnes sauf leur frre Pierre, 15 ans, qui est blessŽ serieusement car on le trouve sur la liste des malades de lÕH™tel-Dieu de QuŽbec, entrŽ en date du 24 mai et sorti le 26 juin 1693 aprs quoi il nÕy a plus de traces de lui dans les actes. LÕarchiviste nous dit que sÕil y Žtait mort, on lÕaurait inscrit dans les rŽgistres.

La tradition orale relate ainsi le rapt de Catherine: Ē on bržla sa soeur ainŽe (AngŽlique) sous ses yeux et elle manifesta tellement de courage quÕils lՎpargnrent afin dÕen faire plus tard la mre de braves Iroquois Č.

Le mme raisonnement de ces barbares a dž sÕappliquer ˆ sa mre, Jeanne Hunault Quevillon, alors agŽe de 35 ans.

Ce rapt se situe en 1692 ou 1693.  Voici le scŽnario le plus probable:

Une bande du chef Chaudire Noire, des OnontaguŽ, une des tribus des Cinq-Nations Iroquoises, effectue des attaques surprise sur La Chenaye, Pointe-aux-Trembles et Rivire-des-Prairies entre 1689 et 1693. Ils font beaucoup de victimes chez les habitants comme chez les militaires. Ainsi, lors dÕune attaque ˆ la CoulŽe Groulx de Rivire-des-Prairies o 14 Franais sont tuŽs et sommairement enterrŽs, en attendant leur sŽpulture ˆ Pointe-aux-Trembles en 1694.

Ė la suite de la campagne dŽcisive menŽe en 1696 par le gouverneur Frontenac chez les Iroquois, ceux-ci commencent ˆ nŽgocier la paix et ˆ remettre des otages en signe de bonne volontŽ. Un groupe de onze est remis aux Hollandais du Fort Orange (Albany) et acheminŽ ˆ MontrŽal. DÕautres otages sont libŽrŽs par lÕentremise du capitaine Lemoyne de Maricourt, de son nom indien Ē Stow-Stow Č traduit par Ē Petit Oiseau Č, lors de nŽgociations chez les OnontaguŽs dont il parle la langue. En mme temps, le chevalier de Joncaire, avec lÕaide du jŽsuite Jacques Bruyas, fait de mme chez les Tsonontouans.

De longs palabres, constamment entravŽs par les Hollandais dÕOrange (Albany) et de Corlaer (Schenectady), ont en effet prŽcŽdŽ la signature de la Grande Paix de MontrŽal en 1701.

En captivitŽ chez les Iroquois, Jeanne Huneault, veuve Quevillon, y Žpouse le Franais Jacques Courval qui a dž y pŽrir car on ne trouve plus trace de lui au retour des captifs vers 1698. Ils auront eu un fils, Louis Augustin Courval, nŽ en captivitŽ, qui est baptisŽ, sous conditions, ˆ Pointe-aux-Trembles le 4 juin 1698 ˆ lՉge de 18 mois. LÕacte mentionne que Ē les parents ont ŽtŽ mariŽs chez les Iroquois Č, donc en dŽbut de 1696, correspondant ˆ lÕattaque des villages iroquois par Frontenac.

Peu aprs son retour ˆ MontrŽal, la deux fois veuve Jeanne Huneault prend un troisime Žpoux, Pierre Taillefer, soldat du marquis de La Grois, comme Samuel Papineau. Tous deux ont peut-tre participŽ ˆ sa libŽration chez les Iroquois. Aprs la dŽmobilisation gŽnŽrale de 1698, Taillefer la conna”t assez bien pour quÕensemble ils rŽclament la dot royale de 50 livres ˆ leur mariage en 1699 et lui, la prime accordŽe aux soldats qui sՎtablissent comme habitants. Ils auront un fils, Pierre Taillefer II, qui compltera une famille reconstituŽe comprenant les six enfants survivants de trois mariages.

En dŽpit de toutes ces vicissitudes, les familles Quevillon, Huneault et Deschamps auront de nombreux descendants, surtout dans les environs de MontrŽal, mais aussi ailleurs au Canada et en AmŽrique, dont une famille Cuvillon devenue cŽlbre en Louisiane.

Les descendants Papineau voudront retenir lՎpopŽe hŽro•que de ces trois femmes courageuses dont le sang coule dans leurs veines, la premire anctre, sa fille et sa petite-fille:

Marie Lorgueil mariŽe Hunault dit Deschamps,

Jeanne Hunault dit Deschamps mariŽe Quevillon,

Catherine Quevillon mariŽe Papineau dit Montigny.

 

 

 

sources pour le rapt des Quevillon:

A.- Carte de 1702 de Vachon de Belmont et ses mŽmoires intitulŽs : Histoire du Canada.

Il y mentionne:

1.- La femme du meunier qui dŽfend Rivire-des- Prairies des Iroquois. (Le meunier est Jean Sicard et sa femme Catherine Lauzon, mariŽs en 1681).

2.- La femme de Cuillon est enlevŽe, mais pas de date. Note: Cuillon, Cuvillon sont des dŽformations de Quevillon.

3.- On a situŽ le moulin seigneurial, le Fort des Roches, lՎglise de Rivire-des-Prairies et la ferme des Quevillon sur la carte du terrier de Vachon de Belmont de 1702 et sur celle du dŽnombrement de 1731.

4.- La carte de Bellin de 1764 indique aussi le fort Des Roches.

B.- Les registres de lՎtat civil nÕindiquent pas de sŽpulture pour Adrien Quevillon ni pour sa fille AngŽlique, non plus que pour Pierre, hospitalisŽ ˆ lÕH™tel-Dieu de QuŽbec en 1693.

Il est surprenant que lÕacte notariŽ de lÕinventaire aprs dŽcs dÕAdrien Quevillon se situe seulement en 1708, une quinzaine dÕannŽes aprs son dŽcs, longtemps aprs le troisime mariage de sa veuve Jeanne Hunault avec Pierre Taillefer.

C.- On peut faire la liste des attaques iroquoises  documentŽes entre 1690 et 1693, dans Vachon de Belmont, Desrosiers, Charlevoix, etc.

On peut aussi chercher dans les archives des chroniques franaises et anglo-hollandaises les dates exactes de leur capture et de leur libŽration.

D.- Selon que Catherine Quevillon (1686-1781) a ŽtŽ enlevŽe en 1692 ou en 1693, elle aura passŽ six ans ou cinq ans en captivitŽ. Elle aura donc pu beaucoup apprendre des moeurs, coutumes et mme la langue des amŽrindiens.

On sait quÕelle a douze ans ˆ sa libŽration en 1698, 17 ans ˆ son premier mariage en 1703 avec Guillaume Lacombe dit St-Amant et 18 ans ˆ son deuxime mariage avec Samuel Papineau dit Montigny en juin 1704.

 E.- Louis-Joseph Papineau, le fils du notaire, Žcrit dans une lettre du 11 fŽvrier 1857 ˆ son fils AmŽdŽe: Ē tout ce quÕil y a eu de plus hideux dans les souffrances de nos anctres, lors de la premire colonisation, entre autres lÕenlvement dÕune de nos a•eules maternelles ˆ ce fort de Rivire-des-Prairies, dont nous avons ŽtŽ mesurer les ruines Č.

F.- Au dŽcs de Catherine Quevillon Papineau en 1781, son fils Joseph I (1719-1785) a 62 ans et dŽcŽdera quatre ans plus tard. Son petit-fils Joseph II, notaire, (1752-1841) a 27 ans. Le premier sait lire et Žcrire et le deuxime qui a fait ses Žtudes au SŽminaire de QuŽbec est notaire.

Il faut donc accorder beaucoup dÕimportance ˆ la tradition orale des Papineau pour cette pŽriode, telle quÕelle leur fut racontŽe par lÕa•eule et telle que rŽpŽtŽe par Louis-Joseph Papineau, le chef patriote.


On trouvera en annexe les transcriptions, rŽvisŽes par lÕauteur, des actes de lՎtat civil (PRDH de lÕUniversitŽ de MontrŽal, avec permission) pour  les Hunault dit Deschamps, les Quevillon et les Papineau: les trois familles dÕanctres Papineau.


Cette chronique de la premire gŽnŽration des Papineau sera encore plus enrichissante ˆ la lumire dÕune meilleure connaissance de ce quՎtait la vie ˆ MontrŽal, en Nouvelle-France, au temps de Samuel Papineau et de Catherine Quevillon, au dŽbut du dix huitime sicle. 

 

 

 

1.6    La vie ˆ MontrŽal et en Nouvelle-France, au temps de Samuel et Catherine Papineau, au dŽbut du 18e. sicle

1.6.1    Le contexte historique

Depuis la dŽmobilisation gŽnŽrale des Troupes en 1698 jusquÕau mariage de lÕanctre Papineau en 1704, ce fut une pŽriode charnire pour le dŽveloppement de MontrŽal. Cela se situait dans lÕinterlude de paix en Europe et donc en Nouvelle-France, entre les traitŽs de Ryswick de 1697 mettant fin ˆ la guerre de la Ligue dÕAugsbourg et la reprise des hostilitŽs en 1704, dŽbut de la guerre de Succession dÕEspagne.

La Nouvelle-France et surtout MontrŽal avaient grand besoin de ce rŽpit.

MontrŽal avait vu le jour en 1642 ˆ lÕinitiative dÕune entreprise visant la conversion des Ē sauvages Č, terme qui alors nÕavait pas de signification pŽjorative.

 

Ces pieux ŽvangŽlisateurs se sont Žtablis sur une ”le entirement inhabitŽe, autrefois appelŽe Hochelaga, qui leur avait ŽtŽ concŽdŽe par le roi.

Au sud-ouest, ils avaient comme puissants voisins la ConfŽdŽration des Cinq-Nations Iroquoises dont les villages se situaient le long de la rivire Mohawk, dans le nord de lՃtat actuel de New-York, entre Albany et Syracuse. Au sud se trouvaient les Loups, alliŽs des Anglais qui les appelaient les Mohicans, dont la triste disparition a ŽtŽ rendue cŽlbre par le roman de Fennimore Cooper.

Ces tribus Žtaient devenues les fournisseurs de pelleteries aux Hollandais ˆ Orange (Albany) et par lÕHudson, dans lÕaxe nord-sud, jusquՈ Manhatte, (New-York), plus tard approvisionnant ainsi les Anglais aprs leur victoire sur la Hollande.

Les Iroquois ont vu ds la naissance de MontrŽal les dangers de ce nouvel axe est-ouest, dŽveloppŽ par les Franais via le Saint-Laurent, et nÕont eu de cesse dÕessayer de lÕexterminer.

CÕest lՎpopŽe du gouverneur De Maisonneuve, du major Lambert Closse et de ces braves dont lÕhistoire est si vividement racontŽe par le sulpicien Dollier de Casson dans son Ē histoire du montrŽal Č (sic) quÕil faisait parvenir en cachette aux malades de son infirmerie ˆ Paris, une bulle papale interdisant aux missionnaires de publier des Ē relations des missionnaires Č.

Mais quelques annŽes plus tard la situation de MontrŽal, qui a toujours ŽtŽ la premire cible des dŽpravations iroquoises, semblait dŽsespŽrŽe.

On allait tenter un dernier effort pour sauver la frle bourgade.

On dŽpcha en France monsieur de Maisonneuve, qui, avec les patrons franais de la SociŽtŽ Notre-Dame, comme monsieur  De La Dauversire, et gr‰ce ˆ la gŽnŽrositŽ de madame De Bullion, financrent la levŽe dÕune centaine dÕengagŽs contractuels. CÕest la Grande Recrue de 1653  dont on a cŽlŽbrŽ le 350e anniversaire ˆ lÕautomne de 2003.

Aprs dÕinnombrables difficultŽs ils sՎtablirent ˆ MontrŽal et, comme on le verra lors de lÕexploit du Long-Sault en 1660, ils parvinrent ˆ tenir tte aux Iroquois.

Les historiens affirment que cette centaine de recrues ont sauvŽ la Nouvelle-France toute entire.

Ils tinrent le coup jusquՈ lÕarrivŽe en 1666 de renforts de lÕarmŽe rŽgulire franaise. Les rŽgiments de Carignan-Sallires eurent t™t fait dÕobtenir la signature dÕune paix qui durera  25 ans.

Plusieurs de ces officiers et leurs soldats sՎtablirent alors dans la vallŽe du Richelieu et du Saint-Laurent, coupant ainsi les voies dÕattaques puisque la seule faon de se dŽplacer efficacement se faisait par canot.

Ainsi, la coalition des Anglais, des Hollandais et des Iroquois de la colonie anglaise de New-York voyait ses plus grandes craintes se rŽaliser.

La Nouvelle-France, ses militaires, ses vaillants coureurs-des-bois et mme ses missionnaires pŽnŽtraient toujours plus profondŽment chez les nations autochtones des Grands Lacs. Non seulement ils amplifiaient la domination de la route du Saint-Laurent mais ils osaient mme tracer une nouvelle route des fourrures vers le sud par le Mississipi avec dŽbouchŽ sur la mer en Louisiane.

En mme temps, Lemoyne dÕIberville et ses vaillants marins contestaient aux Anglais la route maritime du nord ˆ la Baie dÕHudson.

Le gouverneur Frontenac illustrait ainsi le premier de ses deux mandats.

Le prŽtexte pour lŽgitimer la reprise des anciennes hostilitŽs se reprŽsentera en 1686 lors de la dŽclaration de guerre de la Ligue dÕAugsbourg, encore lÕAngleterre et la Hollande contre la France.

Malheureusement, les successeurs de Frontenac, les gouverneurs de La Barre et ensuite Denonville, ne connaissaient pas assez le pays et les tactiques de la Ē petite guerre Č pour Žtouffer les conspirations de la coalition ennemie ou la vaincre sur le terrain.

MontrŽal fut dŽcimŽe ˆ rŽpŽtition de 1686 ˆ 1696, le pire carnage se produisant dans la nuit du quatre aožt 1689 dans ce qui sÕest appelŽ le Ē massacre de Lachine Č, suivi des attaques sur Lachenaie, Rivire-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles, Verchres et autres villages.

Puis Frontenac revient en 1689 prendre les choses en main.

Il a maintenant ˆ sa disposition une nouvelle armŽe constituŽe des 35 compagnies arrivŽes entre 1683 et 1688, soit les 1600 soldats et officiers des Troupes de la Marine. Ils ne proviennent pas de lÕarmŽe rŽgulire, mais sont recrutŽs dans les provinces maritimes franaises. Leur jeunesse supplŽe au manque dÕexpŽrience des champs de bataille par une plus grande versatilitŽ et leur adaptabilitŽ ˆ la petite guerre. Ils seront dÕabord mis ˆ lՎpreuve en rejetant ˆ la mer les soldats et les marins du Bostonnais Phipps ˆ lÕautomne de 1690.

Cette victoire retentissante ˆ QuŽbec fit beaucoup dÕeffet en Iroquoisie.

Les attaques continurent cependant par la nation iroquoise des  OnontaguŽs, entra”nŽe par un de ses chefs, Chaudire Noire.

Frontenac reprit alors lÕoffensive; aprs avoir rŽtabli lÕavant-poste du fort Cataracoui, aujourdÕhui Kingston en Ontario, il dirigea, en dŽpit de son grand ‰ge, une campagne avec 2300 hommes contre les Iroquois.

Cette vigoureuse campagne de 1696 qui avait matŽ les Cinq Nations Iroquoises de la Nouvelle-Angleterre et les talents diplomatiques de Frontenac annoncaient une paix durable. Le Roi Louis XIV  autorisa alors par ordonnance royale de 1698 la dŽmobilisation des Troupes, maintenant appelŽes Compagnies franches de la Marine, accordant aux soldats une gŽnŽreuse dot et ordonnant aux seigneurs de leur cŽder des terres.  Il fit de mme ˆ lÕendroit des femmes nŽes ici, trs souvent veuves de militaires et mres de famille, octroyant aussi par ordonnance royale en 1700 une dot de cinquante livres ˆ celles qui prendraient mari en ce pays.

En 1701 ce fut la Grande Paix de MontrŽal, signŽe par le nouveau gouverneur, le marquis de Callires, avec trente-neuf nations amŽrindiennes venues dÕaussi loin que des Illinois. Comme la plupart des soldats se firent habitants, de nouvelles concessions furent ouvertes sur lՔle de MontrŽal, ˆ la C™te Saint-Michel et ˆ la C™te Saint-Laurent. La population civile de MontrŽal doubla rapidement pour sՎtablir ˆ environ deux mille  cinq cents ‰mes.

 

Une carte historique, dressŽe par les seigneurs sulpiciens, datŽe de 1702 et faisant le recensement des cinq cents propriŽtaires censitaires et des institutions, donne un portrait de MontrŽal qui reflte lÕaboutissement de tous ces ŽvŽnements.

 

On retrouve la chronique historique de MontrŽal de cette pŽriode chez plusieurs historiens, anciens et modernes.  Mentionnons: Ē histoire du MontrŽal Č (sic) du sulpicien Dollier de Casson, Ē histoire du Canada Č de son successeur, Franois Vachon de Belmont, jusquՈ celles de nos contemporains comme Robert PrŽvost, Ē MontrŽal, la folle entreprise Č, StankŽ 1991.

 

1.6.2    Les MontrŽalais de 1700.


s  Ils sont appelŽs dŽrisoirement par ceux de QuŽbec: les MontrŽalistes.

La ville de MontrŽal de 1700, comme le sera celle de 2000, sÕest affirmŽe par lÕaction de toute sa population :  le simple habitant (ce titre donnŽ par le Roi avec sa dot Žtait alors valorisŽ comme lettre de noblesse), les religieux et religieuses, les marchands, les artisans, les officiers et leurs soldats, les intrŽpides voyageurs autorisŽs ˆ se rendre Ē aux pays dÕen haut Č, et mme les coureurs des bois, pudiquement appelŽs Ē volontaires Č qui, eux, faisaient la traite en toute illŽgalitŽ.

LÕhistoire est souvent cruelle en oubliant les simples gens mais elle se fait pardonner lorsquÕelle conserve la mŽmoire de ceux et celles qui les ont accompagnŽs.  Ainsi les archives sont trs riches de la vie et des hauts faits de notables qui ont jouŽ un r™le important dans le MontrŽal de 1700.


On pourra trouver in extenso les fiches du Dictionnaire biographique du Canada de lÕUniversitŽ Laval (disponibles sur internet ˆ lÕadresse : http://www.biographi.ca/FR/) pour les principaux, tels : Vachon de Belmont et son prŽdŽcesseur Dollier de Casson, les gouverneurs, Frontenac, Callires, Vaudreuil, lÕintendant Bochart de Champigny, le chef huron Kondiaronk et son vieil ennemi Chaudire Noire;  aussi trois des acteurs clefs, injustement ignorŽs dans les cŽlŽbrations de la Grande Paix, admis chez les Iroquois dont ils parlaient les langues, le jŽsuite  Jacques Bruyas et les capitaines Paul Lemoyne de Maricourt et le chevalier de Joncaire; les officiers De Crisafy, Testard de Montigny pre et fils, Lemoyne de Louvigny; les frres Charron, fondateurs de lÕH™pital gŽnŽral de MontrŽal.  La plupart apparaissent dans lՎnumŽration de la carte de 1702, soit en personne ou dans lÕanonymat de leurs institutions.

 

La liste manuscrite des occupants quÕon trouve sur lÕoriginal du terrier dans lÕordre dÕoccupation du sol, avec la superficie pour chacun, comporte quelques difficultŽs pour lÕexploitation que chacun voudra en faire.

 

DÕabord, la graphie est parfois phonŽtique.  Trs souvent le scribe inscrit, plut™t que le nom de famille ou patronyme, le surnom qui, pour un soldat, Žtait son nom de guerre, bien plus connu que son patronyme.  De plus, il est souvent arrivŽ que chez certains descendants le surnom subsiste et que le nom de famille disparaisse. Dans certains cas, il arrive que des frres adoptent, lÕun le surnom et lÕautre le nom, ceci avec la complicitŽ du clergŽ qui avait alors la responsabilitŽ exclusive de lՎtat civil.

 

Il est donc souvent difficile de relier un nom rŽpertoriŽ sur la carte de 1702 avec ses descendants en 2002.  Heureusement que des instruments de recherche sur papier et en informatique ont ŽtŽ mis au point pour aider les gŽnŽalogistes et les historiens ˆ surmonter ces embuches.  Nous publierons bient™t une liste dŽtaillŽe des noms et surnoms apparaissant sur la carte de 1702.

    

     1.6.3 Familles de 1700 bien connues en 2000

 

 

LÕhistoire de familles pionnires a dŽjˆ fait recette : lÕhistorien Jacques Lacoursire faisait une notule sur une famille ˆ chaque numŽro de sa publication Nos racines. 

Robert PrŽvost, ancien journaliste et diplomate du QuŽbec, a publiŽ pendant plusieurs annŽes dans La Presse un rŽsumŽ  des antŽcŽdents de nombreuses familles, maintenant disponibles sous forme de livres, Portraits de familles pionnires, Libre Expression, 1993.

 

Il existe aujourdÕhui plusieurs autres sources dÕhistoires de familles, plusieurs sur lÕinternet.

 

De nombreuses associations de familles, regroupŽes dans la  Ē FŽdŽration des  familles souches Č, ont fait faire la gŽnŽalogie et parfois lÕhistoire de la famille.

 

De nombreux gŽnŽalogistes professionnels ou amateurs, souvent ˆ la retraite, en confectionnent pour eux-mmes, pour des amis ou pour  publication.

 

1.7    Recherches, analyses et documents    

 

1.7.0    Ė LA RECHERCHE DE SAMUEL PAPINEAU

Dans la recherche des racines de la famille Papineau, on dŽcouvre que la technologie moderne peut apporter un Žclairage additionnel ˆ ce qui nous a ŽtŽ transmis jusquÕici. Essentiellement, on peut exploiter les sources suivantes:

-       la tradition orale de la famille,

- les transcriptions par Louis-Joseph Papineau (1786-1871) de 5000 feuillets des archives de la Marine pendant son exil forcŽ ˆ Paris de 1839 ˆ 1845, et sa correspondance abondante, en particulier avec son fils AmŽdŽe.

 

 

 Louis-Joseph    AmŽdŽe    Denis-Benjamin II

 

- les dŽmarches de son fils AmŽdŽe aux lieux        dÕorigine en 1878,

- les travaux considŽrables dÕenqutes et de publications jusquÕen 1965 par le gŽnŽalogiste le plus prolifique de la famille, le lieutenant-colonel Denis-Benjamin II  Papineau (1890-1965), aide-de-camp des lieutenants-gouverneurs du QuŽbec. Il est l'arrire petit-fils de Denis-Benjamin 1.

- tous travaux qui ont amenŽ lÕarchiviste-historien Roland C. Auger ˆ Žcrire une notice biographique de Samuel Papineau, en franais et en anglais, dans le cŽlbre Dictionnaire Biographique du Canada©, publiŽ par lÕUniversitŽ Laval de QuŽbec et lÕUniversitŽ de Toronto:

 

Dictionnaire biographique du Canada, UniversitŽ Laval© vol II p. 530

PAPINEAU, dit Montigny, SAMUEL,  (1670-1737)

soldat, censitaire des Sulpiciens ˆ la c™te Saint-Michel, ”le de MontrŽal, nŽ ˆ Montigny en Poitou, fils de Samuel Papineau, commerant, et de Marie Delain (Delair), inhumŽ le 23 avril 1737 ˆ Sault-au-RŽcollet.
Samuel Papineau faisait partie de la compagnie du sieur dÕAndresy, arrivŽe ˆ QuŽbec en 1688 ; ce dernier, dŽcŽdŽ au cours de la traversŽe, fut remplacŽ par M. Aloigny de La Groye. Durant dix ans, Papineau servit fidlement sous M. Buade, comte de Frontenac et M. de Callire, puis il fut licenciŽ. Le 25 avril 1699, il acquit des Sulpiciens une concession de 60 arpents ˆ la c™te Saint-Michel.
Il vendit cette terre ˆ Jean Guillebert, dit Laframboise, en 1705, et obtint un nouveau titre de concession ˆ la Rivire-des-Prairies en 1711, titre quÕil conserva jusquՈ son dŽcs en 1737.*
Il ne laissait que peu de biens, comme lÕatteste lÕinventaire aprs dŽcs.**
Le 6 juin 1704, Samuel Papineau avait ŽpousŽ, ˆ la Rivire-des-Prairies, Catherine Quevillon (1686-1781) et ils eurent neuf enfants. Cette dernire avait ŽtŽ enlevŽe par les Iroquois et rachetŽe aprs plusieurs annŽes de captivitŽ ; elle se maria quatre fois et mourut ˆ lՉge de 95 ans.
Simple soldat, Samuel Papineau sÕoccupa surtout des terres qui lui furent concŽdŽes ˆ partir de 1699.*
Il est lÕanctre des familles Papineau du Canada.

„. AJM, Documents judiciaires, 29 juill. 1738; Registre des audiences, 31 juill. 1739, 12 janv. 1740; Greffe dÕAntoine AdhŽmar, 5 nov. 1705; Greffe de Jacques David, 11 mars 1720; Greffe de Pierre Raimbault, 25  avril 1699, 8 juin 1704, 29 janv. 1711, 29 juill. 1738.
-.  GŽnŽalogie de la famille Papineau au Canada, BRH, XXXIX (1933) : 331-346, 483-494.
-.  Jean Leclerc, Les capitaines dÕinfanterie 1683-1689, MSGCF, XI (1960) :163-167.

Auteur, (vers 1960): Roland C. Auger, archiviste et gŽnŽalogiste

 Mise au point

* Il faut corriger cette erreur car Samuel habitera toujours la terre originale acquise en 1699.

1.- Ils ont bien vendu une terre ˆ Laframboise en 1705, aussi situŽe sur le c™tŽ nord de la C™te-St-Michel,  mais cÕest celle hŽritŽe par son Žpouse, Catherine Quevillon, veuve de Guillaume Lacombe dit Saint-Amand dŽcŽdŽ en 1703 aprs quatre mois de mariage. Lacombe lÕavait aussi acquise des Sulpiciens en 1699.

** LÕinventaire notariŽ aprs le dŽcs de Samuel en 1737 dŽcrit dans le dŽtail sa terre originale de 1699. Dans des actes notariŽs subsŽquents, la veuve et huit des neuf enfants cdent leur part dÕhŽritage de cette terre originale ˆ leur frre Pierre Papineau dit Montigny.

2.- La nouvelle terre acquise en 1711 ˆ Rivire-des-Prairies fut cŽdŽe ˆ la mre de Catherine, veuve Jeanne Huneault Quevillon et ˆ son nouveau mari, Pierre Taillefer, compagnon dÕarmes de Samuel dans la compagnie du marquis de La Groye. Cette terre que Samuel avait achetŽe pour les redevances impayŽes, avait ŽtŽ mise aux enchres par affichage aux portes de lՎglise trois dimanches consŽcutifs. Elle est mitoyenne de la terre de Jean-Baptiste Quevillon, le frre de Catherine Quevillon Papineau. 

Une Žtude attentive de ces documents donne un bon exemple de lՎvolution des techniques en recherches historiques. Cette notice datŽe dÕenviron 1960-1965 comprend une erreur sur la rŽsidence du premier anctre Samuel Papineau, laquelle a ŽtŽ perpŽtuŽe par tous les historiens.

Les techniques modernes permettent de la corriger: les microfilms des actes notariŽs de la Nouvelle-France, rŽpertoriŽs en informatique sur lÕinstrument de recherche Parchemin, mis au point par Archiv-Histo, indiquent que Samuel Papineau a toujours habitŽ la mme terre acquise en 1699.

Et voilˆ quelques erreurs corrigŽes, du moins en principe, car elles continueront dՐtre rŽpandues par une foule dÕanciennes publications!

DÕailleurs il existe dÕautres transactions immobilires du vivant de Samuel Papineau.

Le 11 mars 1720 la famille Quevillon Papineau vend au mme Pierre Taillefer et ˆ son Žpouse, mre de Catherine, un demi lot ˆ la Rivire-des-Prairies que Catherine avait hŽritŽ de son pre, tuŽ par les Iroquois en 1693.

Un acte passŽ devant le notaire Raimbault le 6 janvier 1717 pose cependant un problme de justification. Samuel et Catherine paraphent Ņun constitut de rente annuelle et perpŽtuelle au sŽminaire de St-Sulpice de MontrŽalÓ.

Il reste ˆ touver quelle faute aurait justifiŽ cette pŽnalitŽ.


Pour les gŽnŽrations suivantes, comme on le verra plus loin, la notoriŽtŽ de plusieurs descendants de Samuel Papineau a amenŽ de nombreux chercheurs, historiens et analystes de toutes tendances et idŽologies ˆ publier une production monumentale, souvent romancŽe, dont nous donnerons surtout la bibliographie tout en corrigeant les erreurs les plus criantes.

On notera par exemple lÕessai en 1989 de moderniser la gŽnŽalogie de la branche la plus connue, dite ŅpolitiqueÓ, dans la compilation du ŅMŽmorial PapineauÓ de Normand Pickering-Leblanc sous la tutelle de lՎcrivain Claude Lamarche. SÕy sont glissŽes de nombreuses erreurs, en partie dues ˆ la faillite de la maison dՎdition.

 

CÕest donc avec beaucoup de respect et dÕhumilitŽ que nous avons repris ˆ lÕautomne 1998, et de nouveau au printemps 2000, des recherches sur le premier anctre Papineau, sur le terrain, ˆ Montigny et autres lieux dans les Deux-Svres, dans les archives nationales et dŽpartementales, ˆ Paris, ˆ Niort, ˆ La Rochelle, ˆ Rochefort, ˆ La-Roche-sur-Yon en VendŽe, et ˆ Bordeaux. Nous avons mme vŽrifiŽ les archives ˆ Rouen pour sa banlieue appelŽe Montigny o un contributeur ˆ la base de donnŽes informatisŽes des Mormons y faisait na”tre, par erreur, le premier anctre.

Cela faisait suite ˆ des rencontres et ˆ des relevŽs entre 1965 et 1969, au lieu prŽsumŽ dÕorigine du premier anctre, ˆ La Papinire de Montigny ainsi quՈ La Rochelle et ˆ Paris o lÕauteur habitait ˆ lÕoccasion dÕune affectation diplomatique.

Ces recherches permettent dՎtablir quÕil existait en France vers lÕan 1600 plusieurs noyaux de familles Papineau, celles reliŽes ˆ lÕAmŽrique se trouvant surtout dans les provinces de lÕOuest de la France.

(On trouve aux archives des Mormons une trs ancienne famille Papineau ˆ Annonay, dans lÕArdche, sans lien connu avec le Nouveau-Monde).

Plus rŽcemment, la numŽrisation des archives au QuŽbec et en France ont ouvert de nouvelles pistes de recherche.

On verra en annexe lÕapparition de personalitŽs contemporaines des Papineau franais du dix-septime sicle dans les archives numŽrisŽes de Charles DÕHozier, le ma”tre du Grand Armorial de France qui lui avait ŽtŽ commandŽ par Louis XIV.

 

 

Ces anciennes familles Papineau habitaient principalement:  Bordeaux, lÕėle dÕOlŽron et La Rochelle, ainsi que le nord des Deux-Svres, dont Montigny et La Boissire ainsi que la rŽgion de Poitiers dans la Vienne et en Touraine. Dans le sud des Deux-Svres, cÕest-ˆ-dire Niort et les environs, on retrouve aussi des Papineau et des Papinot qui semblent tre des Huguenots.

CÕest dans le dŽpartement des Deux-Svres que lÕon trouve le plus grand nombre de lieux-dits: La Papinire, dont celui de Montigny, illustrŽ ici :

photo jyp mai 1998

Il existe des lieux dits ŅLa PapinireÓ prs de Bressuire, aussi entre Cholet et sa banlieue de St-LŽger et ˆ St-Paul-en-G‰tine. Ė Saint-Prouant, ˆ lÕouest de Pouzauges, prs du prieurŽ de Grammont et de la tombe de ClŽmenceau se trouvent les Hautes-Papinires et les Basses-Papinires. Autant de preuves que de nombreux Papineau, sinon des Papin, sont passŽs par lˆ. En 2005 nous avons visitŽ une dizaine de lieux appelŽs La Papinire, dont une au nord de la Loire qui fait un vin Muscadet dŽlicieux, et une autre chez une famille trs accueillante ˆ La Papinaudire, prs de Les Groseilliers, au centre du DŽpartement des Deux-Svres.

Ainsi, nous avons beaucoup appris sur les circonstances gŽnŽrales ˆ lՎpoque du dŽpart de lÕanctre, sur les guerres de religion en Poitou, sur les soldats des DŽtachements de la Marine et sur les conditions hŽro•ques de leur traversŽe en Nouvelle-France, sur les dures guerres quÕils ont livrŽes, et finalement sur les conditions aussi hŽro•ques de lÕimplantation de ces jeunes Franais en Nouvelle-France.

Les dŽmographes estiment que ces quelque trois mille enfants-soldats des Troupes de la Marine sont les anctres dÕau moins le quart des quelque vingt millions de descendants franais vivant aujourdÕhui en AmŽrique.

En dŽpit des dŽvastations causŽes par les rŽvolutions, les guerres et les incendies, les archives franaises reclent certainement encore beaucoup de surprises.

En plus de colliger cette masse de documentation trouvŽe en France, il faut la confronter aux trs riches archives de la Nouvelle-France, heureusement de plus en plus disponibles sous forme informatique.

MalgrŽ toutes ces recherches et malgrŽ lÕaide prŽcieuse des amis chercheurs francais, dont la dŽvouŽe Marguerite Morrison aux archives de Niort et LaRochelle, nous nÕavons pas encore repŽrŽ en France les pices originales de lՎtat civil ou religieux de Samuel Papineau, ni de ses parents.

Une jeune dame des archives dŽpartementales des Deux-Svres ˆ Niort (lesquelles avaient ŽtŽ incendiŽes  en 1805 !) avait certainement quelque part dŽcouvert un document. Avant 1939, elle informait le lieutenant-colonel Denis-Benjamin Papineau II, le gŽnŽalogiste attitrŽ de la famille, quÕelle ne pouvait lire correctement si le nom de lՎpouse du pre de Samuel Papineau, lui-mme prŽnommŽ Samuel, Žtait bien Delain ou Delair. Ce document est maintenant introuvable.

Par contre, la tradition orale joue aussi un r™le important dans lÕhistoire des Papineau car plusieurs sont lettrŽs ds la premire gŽnŽration nŽe en Nouvelle-France. Ainsi, Catherine Quevillon (1686-1781) ˆ son dŽcs ˆ lՉge de 95 ans, est entourŽe de son fils Joseph I qui a 62 ans et ses petits-fils Joseph II agŽ de 27 ans et AndrŽ agŽ de 16 ans. Or, le premier sait lire et Žcrire, le deuxime est notaire et le troisime est Žtudiant au sŽminaire de QuŽbec. Il faut donc accorder beaucoup dÕimportance ˆ la tradition orale des Papineau pour cette pŽriode, telle quÕelle leur fut racontŽe par lÕa•eule.

Malheureusement, les archives personnelles du notaire Joseph Papineau ont pŽri dans lÕincendie de la residence de son petit-fils Joseph Benjamin Nicolas ˆ Plaisance.

QuÕil suffise de prŽsenter ici trois documents:

1.-  Le contrat notariŽ et le certificat de mariage de Samuel avec Catherine Quevillon le 16 juin 1704. LÕofficiant, le pre sulpicien Jean Bouffandeau, natif de Cholet, donc VendŽen comme Samuel, connaissait certainement le prieurŽ et la ville de Montigny. Il inscrira dans le registre: ŅSamuel Papineau dit Montigny, fils de Samuel Papineau et de Marie Delain ses pre et mre de la ville de Montigny en la province du Poitou dans le royaume de FranceÓ. (annexe B.-4,-)

2.- ƒpitaphe dans la chapelle funŽraire des Papineau au manoir de Montebello, commŽmorant la mŽmoire des parents du jeune soldat qui vint en Nouvelle-France.

(concue et exŽcutŽe vers 1885 par Ls.-J.-AmŽdŽe Papineau, fils du patriote Louis-Joseph Papineau)

 

File written by Adobe PhotoshopØ 4.0

 

la MŽmoire de

SAMUEL PAPINEAU

de la Papinire, commune de Montigny

en Poitou, dÕOrigine Gallo-Romaine*

et de MARIE de LAIN son

ƒpouse

Victimes des Guerres de Religion**

Lui, Mort avant 1686. Elle aprs cette annŽe

 

* LÕinscription ŅdÕOrigine Gallo-RomaineÓ est du crž de AmŽdŽe qui avait vu de nombreuses ruines gallo-romaines pendant son sŽjour en Poitou en 1878. Il associera aussi le nom de Papineau ˆ celui de Papinien, en latin, Aemilius Papinianus, un des plus grands juristes romains, mis ˆ mort en  212 par lÕempereur Caracalla. Ce Papinien avait servi dans les provinces  romaines sur le Rhin et peut-tre en Gaule.

               Co”ncidence, en ancien patois vendŽen, Papineau se                 prononce Papinia.

** Pour des interprŽtations possibles du libellŽ Ņvictimes des guerres de religionÓ, voir le chapitre 1.7.2. Les anctres de Samuel Papineau Žtaient-ils huguenots?

3.- Blason de Gilles Papineau,  frre prŽsumŽ de Samuel. Selon le gŽnŽalogiste Denis-Benjamin II Papineau, Samuel Papineau dit Montigny qui vint en Nouvelle-France en 1688 Žtait peut-tre le jeune frre de celui quÕil remplaa en se portant volontaire dans la recrue de 1688: ŅGilles Papineau, greffier des rolles de la paroisse de la BoissireÓ qui fut gratifiŽ dÕun blason :

(Armorial gŽnŽral du Poitou, de Charles DÕHOZIER, pour MaulŽon, GŽnŽralitŽ de Poitou. Recueil officiel dressŽ en vertu de lՎdit de 1696.
L.Clouzot, libraire ˆ Niort, 1878. p. 63)

La paroisse de la Boissire et la ville de MaulŽon, autrefois Chatillon-sur-Svre, sont voisines de Montigny et 1696 correspond ˆ la prŽsence de la famille de Samuel Papineau ˆ Montigny.

Libre aux Papineau du 21e sicle dÕemprunter son blason ˆ ce grand-oncle franais du 17e sicle.

 

De sable, semŽ dՎtoiles dÕor et de billettes dÕargent

 

 

 

 

1.7.1    Ė la recherche de Montigny en Poitou et de lÕemplacement de La Papinire

 

Il existe plusieurs documents qui identifient le lieu dÕorigine du premier Papineau.

Les premiers manuscrits officiels sont:

1.-  la concession devant notaire dÕune terre qui lui est faite le 25 avril 1699 par les Messieurs de Saint-Sulpice de Paris, seigneurs de lՔle de MontrŽal,

2.- le certificat de baptme de Franois Cardinal le 12 septembre 1701 o: Samuel Papineau, profession, volontaire, est identifiŽ comme parrain. Le pre, Pierre Cardinal, de Fontenay-le-Comte, ville situŽe prs de Montigny, sera aussi tŽmoin lors de la signature en 1704 du contrat de mariage de Samuel.

3.- le contrat de mariage du 6 juin 1704, devant ma”tre Pierre Raimbault, notaire royal ˆ Ville-Marie.

4.- lÕacte du  mariage le 16 juin 1704 par le pre Jean Bouffandeau, prtre de Ville-Marie desservant la paroisse de St-Joseph de la Rivire-des-Prairies, aprs publication rŽglementaire des  trois bans les 1er, 8e et 15e jours de mai 1704. Or le pre Bouffandeau est un ŅpaysÓ de Samuel, Žtant originaire de Cholet, en VendŽe. Il inscrit dans lÕacte: ŅSamuel Papineau dit Montigny, fils de Samuel Papineau et de Marie Delain, ses pre et mre, de la ville de Montigny en la province de Poitou dans le royaume de FranceÓ.

Or ces quatre premiers documents, rŽdigŽs devant des tŽmoins connaissant Samuel Papineau dit Montigny, identifient ses pre et mre et son lieu dÕorigine.

Des descendants successifs ont cherchŽ ˆ renouer avec le lieu natal de lÕanctre.

Louis-Joseph Papineau (1786-1871), lÕarrire-petit-fils de Samuel Papineau dit Montigny, a sŽjournŽ en France ˆ deux occasions: dÕabord aprs sa mission ˆ Londres en 1823, sous mandat de la Chambre dÕAssemblŽe pour aller combattre le projet dÕunion du Bas-Canada, francophone et prospre, avec le Haut-Canada, anglophone et endettŽ.

Il se rend par la suite ˆ Paris et ˆ Fontainebleau dÕo il rapporte un ceps de vigne de chasselas dorŽ quÕil plante dans le jardin de la maison familiale de la rue Bonsecours, selon son fils AmŽdŽe.

(Souvenirs de jeunesse, 1822-1837, page 30., Georges Aubin, Les cahiers du Septentrion).

Louis-Joseph Papineau est-il allŽ ˆ Montigny ˆ cette occasion?

On ne le sait pas car il nÕexiste aucune lettre de lui pendant ces cinq semaines passŽes en France. On ne le croit pas car il cherchera encore ses racines ancestrales environ vingt ans plus tard pendant son exil en France.

Par contre, selon le texte du meilleur gŽnŽalogiste de la famille, le lieutenant-colonel Denis-Benjamin II Papineau  (1892-1965), cÕest Louis-Joseph Papineau lui-mme qui ¬dit¬ que lÕanctre vient de la Papinire ˆ Montigny en Poitou, prs de Bordeaux  (sic). Les archives abondantes du chef patriote sont muettes sur ce point. Il y a peut-tre eu erreur et que cette affirmation serait en rŽalitŽ attribuable ˆ son fils Louis-Joseph AmŽdŽe, qui, en 1878, arriva ˆ Montigny en provenance de Bordeaux.

Le deuxime sŽjour du chef patriote Louis-Joseph Papineau en France se situe entre 1839 et 1845. Il a dž sÕexiler comme proscrit dont la tte avait ŽtŽ mise ˆ prix avant le soulvement avortŽ des Patriotes en 1837.  Pendant son sŽjour, consacrŽ en vain ˆ convaincre le gouvernement de Louis-Philippe et le peuple franais de venir au secours des Canadiens-franais, il faisait des recherches sur le rŽgime franais (1535-1763) aux archives du Ministre de la Marine ˆ Paris. Il y a colligŽ 5000 pages dÕarchives historiques gr‰ce ˆ une bourse ˆ cet effet obtenue par son frre Denis-Benjamin (1789-1854), dŽputŽ puis premier ministre-conjoint du Canada-Uni. Ces archives ont sans doute ŽtŽ utilisŽes par Francois-Xavier Garneau pour son Histoire du Canada de 1845 et par son ami, le patriote OÕCallaghan, pour son Histoire de lՃtat de New-York. Plus tard, le gouvernement ingrat de Lafontaine demandera ˆ Louis-Joseph Papineau la restitution de la partie non utilisŽe de cette bourse. Ces archives seront en partie dŽtruites en 1849 lors de lÕincendie, par les Žmeutiers anglais, du parlement de MontrŽal siŽgeant au marchŽ Ste-Anne.

Pendant lÕexil parisien de la famille de Louis-Joseph, son fils, Ls-J. AmŽdŽe, a passŽ quelques mois ˆ Paris. Il rapporte dÕabord en date du 17 mars 1843, dans son ¬Journal dÕun Fils de la LibertŽ, 1838-1855¬, (Georges Aubin, page 566) quÕil Žtait Ņparvenu ˆ fixer la date du dŽpart de son a•eul ¬Simon¬ (sic), en 1665, dans le rŽgiment de Carignan-SalliresÓ. CÕest une erreur incontestable car cela aurait donnŽ ˆ Samuel, de sa naissance  +/-1645 ˆ son dŽcs en 1737 environ 92 ans au lieu de 67 ans, et 49 ans au lieu de 34 ans ˆ son mariage en 1704 avec Catherine Quevillon qui avait 18 ans.

Et ils eurent neuf enfants!  AmŽdŽe admet plus tard son erreur de date mais sans en offrir une autre qui serait la bonne.

Trente-cinq ans plus tard, AmŽdŽe aura plus de chance.

On peut trouver confirmation dans les carnets de voyage dÕAmŽdŽe pour lÕannŽe 1878 et une note manuscrite dont il envoie copie ˆ son cousin Godefroy, petit-fils de Denis-Benjamin. En voici un rŽsumŽ:

Il avait passŽ les quatre mois dÕhiver ˆ Alger avec sa famille et rentrait sur Paris en traversant lÕEspagne et le Sud-Ouest de la France. Le 13 avril il est ˆ Bordeaux, le 14 ˆ Angoulme o il rencontre le pasteur Livre qui lui remet les trois volumes de son Histoire des Protestants du Poitou, une chronique virulente des atrocitŽs commises par les catholiques pendant les guerres de religion. Le petit-fils de Livre, Pierre Dez, professeur ˆ Poitiers, reprendra ce travail en 1935.

Pendant ce pŽriple, AmŽdŽe rencontre aussi le cŽlbre gŽnŽalogiste Beauchet-Filleau qui vient de complŽter une compilation de la noblesse poitevine. Au grand chagrin dÕAmŽdŽe, nÕy figure pas le nom de son anctre. Le petit-fils de Beauchet-Filleau perpŽtue ce travail et ˆ lÕautomne 1998 il nous a confirmŽ ce verdict de son arrire-grand-pre: les Papineau ne faisaient pas partie de la noblesse poitevine.

Mais poursuivons le pŽriple dÕAmŽdŽe. Il se rend dÕAngoulme ˆ Poitiers le 15 avril et ˆ La Rochelle, lieu dÕembarquement, avec Rochefort, des soldats des Compagnies de la Marine partant pour la Nouvelle-France. Puis, le 17 avril il revient sur ses pas, vers Niort, la prŽfecture du dŽpartement des Deux-Svres o se trouvent les archives. CÕest ici quÕil se procure la carte du dŽpartement et peut y identifier Montigny. (soulignŽ en rouge sur la copie de lÕoriginal de 1878, en annexe)

Le lendemain il sŽjourne ˆ lÕh™tel ˆ Bressuire qui est la sous-prŽfecture dont relve Montigny.

Et en effet il note dans son journal pour le Vendredi saint 19 avril 1878: Ņˆ 5h. je pars seul pour Cerisay ˆ 7hÓ.  Cerizay est la ville voisine de Montigny, mais il ne dit pas un mot de Montigny dans son carnet!

Heureusement son passage nÕest pas passŽ inaperu.

Le curŽ Grellier de Montigny, diocse de Poitiers, adresse le 1er mai une lettre libellŽe simplement: Ņˆ Monseigneur de MontrŽalÓ disant quÕun noble personnage est venu ˆ Montigny le Vendredi saint dÕavril 1878:

Ņil a cueilli quelques touffes dÕarbustes comme souvenir de son passage dans lÕendroit o serait nŽ son trisa”eul, il y a deux cent et quelques annŽes...lÕair de bontŽ et de franchise quÕaccuse le visage de cet Žtranger, lÕobole quÕil a versŽe ˆ notre pauvre Žglise, ...les larmes quÕil a rŽpandues en lisant son Žcrit remis par lui-mme entre les mains dÕun des membres de la municipalitŽ: Samuel Papineau  au Canada, dans lequel il est dŽsignŽ comme de Montigny en Poitou Ņ. (archives jyp)

Bien entendu monseigneur Fabre, Žvque de MontrŽal, a remis la missive ˆ son voisin de la rue Saint-Denis, le juge Augustin-Cyrille Papineau, (arrire-grand-pre de lÕauteur) qui lÕa immŽdiatement postŽe le 24 mai ˆ son cousin AmŽdŽe ˆ son h™tel, 20 rue du Bassin, ˆ Paris.

Si bien que AmŽdŽe pouvait rŽpondre au curŽ Grellier le 13 juin une lettre dont nous avons le brouillon, o il pose quelques questions sur: Ņla mŽtairie La Papinire  ... sur la carte trs dŽtaillŽe du dŽpartement que je me  procurai ˆ NiortÓ. Carte de 1878 de Lasailly. (en annexe)

Il sÕinforme aussi de la cha”ne des titres jusquÕaux derniers occupants du nom de Pineau.

Dans cette mme lettre du 13 juin on trouve une phrase qui affirme: Ņla seule donnŽe que jÕaie sur ma famille en France est lÕacte de mariage de SamuelÓ (du 16 juin 1704). En fait AmŽdŽe ignorait quÕil y avait aux archives des notaires ˆ MontrŽal o il Žtait proto-notaire, le contrat de mariage notariŽ du 6 juin 1704 et lÕacte notariŽ de concession dÕune terre par les sulpiciens en 1699 o est indiquŽ que Samuel est de Montigny en Poitou.

Un autre paragraphe peut jeter un certain Žclairage sur les affirmations postŽrieures et souvent rŽpŽtŽes dÕAmŽdŽe ˆ lÕeffet que ses anctres Žtaient huguenots et victimes des guerres de religion, par exemple quand il rŽdigera lui-mme lՎpitaphe des parents du premier anctre en 1885.  Ce qui est contredit par contre par sa lettre de 1878 au curŽ Grelier de Montigny:

ŅJe fus vivement impressionnŽ en voyant votre Žglise et quelques maisons du village ˆ la pensŽe quÕelles existaient avant lՎmigration de mon anctre et quÕil les avait vues et frŽquentŽes et que les cendres de ses pres reposent dans votre cimetireÓ.

AmŽdŽe ne semble pas non plus rŽaliser quÕen 1793, pendant les guerres de VendŽe, les colonnes infernales du gŽnŽral Trureau avaient bržlŽ et rasŽ le bourg de Montigny et aussi La Papinire.

Puis on trouve dans le carnet dÕAmŽdŽe une entrŽe au mercredi le 26 juin 1878: ŅVisite ˆ M. Roboam du Plessis, maire de Montigny en Poitou, ˆ son h™tel  9 rue Pasquier, ˆ Paris. Il me promet des renseignements sur nos origines de familleÓ.

CÕest sans doute lui qui lui remet une carte topographique dŽtaillŽe des environs de Montigny vers 1878 o on aperoit les noms de La Papinire et du ch‰teau Plessis-B‰tard. (en annexe)

Nous avons rŽcemment dŽcouvert une carte topographique encore plus ancienne de Montigny.

Cette carte de 1766-1768 par Cassini (en annexe) est aujourdÕhui disponible sur Gallica, le site internet de la Bibliothque Nationale de France. Elle a donc ŽtŽ confectionnŽe ˆ la demande de Louis XV avant les destructions de 1793 des guerres de VendŽe. Elle indique clairement La Papinire, son b‰timent, un moulin ˆ vent et un moulin ˆ eau situŽ sur le ruisseau Papinire, ˆ proximitŽ.
En 2005 nos amis de La Papinire nous disent quÕil subsiste des accumulations de pierres de ces anciens moulins.
Ils furent rasŽs par les bleus car la disposition des pales des moulins servaient aux VendŽens de moyen de communication pendant les guerres de VendŽe.

Sur la carte de Cassini sont aussi identifiŽs la gentilhomire du Plessis B‰tard, La Fort-sur-Svre, Courlay et Cerizay avec son abbaye de Beauchne.

 

En 1998, le conseiller municipal et enseignant ˆ Montigny, Jean-Michel Landry, nous a dŽroulŽ le plan cadastral de la commune. On y voit quÕen plus de lÕhabitation La Papinire, il y a derrire la route rurale nommŽe La Papinire et un long ruisseau Papinire  qui va se jeter dans la Svre Nantaise.

On peut aussi comparer ces cartes anciennes avec un dessin par lÕauteur (en annexe) des environs de  Montigny en 2003.

Ainsi nous possŽdons des cartes de Montigny en 2003, en 1878 et en 1766 et pouvons situer correctement le lieu dÕorigine en France du premier anctre Samuel Papineau.

AmŽdŽe Papineau nÕa pas laissŽ de traces subsŽquentes ˆ ses rencontres ˆ Montigny dans ses carnets ou dans sa correspondance .

Cependant en 1966 nous avons rencontrŽ le maire de Montigny, suivi d'une nouvelle visite en 1969. Par la suite, en novembre 1998 et en mai 2000, nous avons sŽjournŽ chez le comte Robert Des Dorides, du ch‰teau Plessis-B‰tard.

Il nous apprend que le comte Roboam Du Plessis, le maire de Montigny rencontrŽ par AmŽdŽe en 1878,  Žtait son arrire-grand-pre.

Il existe peu de traces de visites subsŽquentes ˆ Montigny des nombreux descendants Papineau et Bourassa du QuŽbec qui se rendirent en France au dŽbut du 20e sicle.

Par contre, la notoriŽtŽ des Papineau du Canada sՎtait ŽbruitŽe. On retrouve dans un manuscrit de lÕabbŽ Tricot, curŽ de Montigny de 1930 ˆ 1965, quÕil avait lu le livre de Robert Rumily, Ždition de 1934, sur Louis-Joseph Papineau et en avait ŽtŽ trs ŽdifiŽ.

Il Žcrit aussi: ŅEn 1949, le club olympique de Cerizay baptisa son stade...Papineau. Ė cette occasion un attachŽ de lÕAmbassade du Canada ˆ Paris vint prŽsider le festivalÓ. En mai 2000 nous cherchons en vain ˆ Cerizay le stade Papineau qui a changŽ de nom.

Plus loin: ŅEn 1954 est venue me voir, vers mars, une demoiselle Papineau de Chicago qui avait pris un engagement dÕun an dans lÕarmŽe amŽricaine. Elle faisait la classe ˆ des enfants dÕofficiers amŽricains ˆ La Roche-sur-Yon. (prŽfecture de la VendŽe).....Elle me dit que sont nombreuses ˆ Chicago les familles ŽmigrŽes du Canada.....mme quÕentre elles, elles sÕappellent Papineau Montigny....elle est venue trois fois me voir.Ó

Lors de ces visites ˆ Montigny, qu'on appelle "bourg", nous avons retrouvŽ ¬La Papinire¬. (lˆ-bas, on dit village pour une agglomŽration de deux ou trois maisons).

Il est composŽ de deux fermes mitoyennes installŽes sur une hauteur dominant un paysage dÕune grande beautŽ. La lignŽe des propriŽtaires serait les Papineau, puis les Pineau jusquՈ 1873, suivi des Cousineau. Le propriŽtaire en 1966 est M. MŽrine de Angers, qui est introuvable en 1998. CÕest son notaire qui transigeait avec les deux exploitants, lˆ depuis 1945, la famille Rousselot et la famille Devaud, avec qui nous parlons longuement en 1966. Trs gentils, ils nous disent savoir que les anciens propriŽtaires ont eu des descendants devenus cŽlbres au Canada, et ˆ lÕoccasion ils ont des visiteurs qui se rŽclament de cette filiation.

Il semble que tout ce quÕil reste des b‰timents de la pŽriode de Samuel Papineau et de ses descendants immŽdiats soit le vieux four extŽrieur qui, selon la tradition vendŽenne, est utilisŽ une fois lÕan pour cuire la galette de P‰ques. Tout le reste avait ŽtŽ incendiŽ en 1793-1794 par les colonnes infernales ˆ la fin des guerres de VendŽe.

Lors de notre rencontre en 1966 avec le maire de Montigny, il nous informe que les archives de la commune ont servi ˆ chauffer les vieillards rŽfugiŽs dans lÕh™tel-de-ville pendant la dernire guerre.

Ė lÕautomne 1998 nous nous rendons de nouveau ˆ Montigny. Nous sommes accueillis au Plessis-B‰tard par le comte Robert Des Dorides, et par son Žpouse Isabelle Des Dorides, qui est maire de la commune de La Fort-sur-Svre qui englobe maintenant le bourg de Montigny. Nous rencontrons aussi Jean-Michel Landry qui est lÕinstituteur ˆ lՎcole primaire de Montigny et aussi conseiller municipal de Montigny et La Fort. Ė notre grande surprise, aucun de ces personnages ne connaissait lÕhistoire et les antŽcŽdents locaux des Papineau. Ce que nous corrigeons en leur laissant des exemplaires des deux t™mes du Julie Papineau de Micheline Lachance, du Denis-Benjamin Papineau de Claude Baribeau et de  LÕhistoire de la seigneurie de la Petite Nation de Claude Lamarche.

Ils nous font rencontrer un artiste du nom de Rousselot, qui a amassŽ quelques documents historiques dont des notes du curŽ Tricot dont il nous cde gentiment copie. Cela contient quelques anecdotes sur des visiteurs reliŽs aux Papineau, et un note historique sur les origines de Montigny: ŅLe cartulaire de lÕabaye de la TrinitŽ de MaulŽon mentionne lÕexistence en 1123 de la paroisse de Saint-Pierre de Montigny et de son prieurŽ-cure. Elle dŽpendait du doyennŽ de Bressuire, de la baronnie de La Fort-sur-Svre, de la sŽnŽchaussŽe de Poitiers et de lՎlection de ThouarsÓ. (DŽtails en annexe)

Nous revoyons Žgalement les maisons constituant La Papinire. Les habitations et les environs ont ŽtŽ compltement modernisŽs depuis 1969. Malheureusement les occupants, Darvaud et Rousselot, les mmes quÕen 1966 Žtaient absents et nous nÕavons pu les saluer.

Ė lÕoccasion de ce voyage de 1998 nous avions ŽvoquŽ la possibilitŽ dÕun jumelage entre Montigny et Papineauville, soit au niveau municipal ou scolaire. Lors du dernier voyage en mai 2000, nous avons la joie de rapporter des messages des jeunes de Plaisance et Papineauville et les Žcoliers de Montigny nous font parler longuement de lÕhistoire de la Nouvelle-France et du premier anctre Papineau parti de chez eux il y a 300 ans.

En 2005, surprise chez les Papineau. Nous recevons des messages de Jean Geay, nŽ ˆ la Papinire il y a une cinquantaine dÕannŽes. Sa mre, dŽcŽdŽe, Žtait une Cousineau. Il nous fera rencontrer sa tante Reine Cousineau-Larus qui habite la commune voisine de Le Pin et nous accompagne Žgalement chez les occupants actuels, Raymond et ThŽrse Rousselot. Ils sont ˆ la retraite et ils ont bien du mŽrite dÕaccueillir gentiment les nombreux Papineau qui viennent visiter le lieu natal de leur anctre Samuel.

 Ė leur tour Jean Geay et son Žpouse Franoise sont venus visiter le QuŽbec en 2006. Ils ont rencontrŽ plusieurs descendants de Samuel Papineau dit Montigny, nŽ ˆ La Papinire en 1670. On leur a fait visiter la maison Papineau de la rue Bonsecours et ils ont ŽtŽ reus ˆ dŽjeuner par Jacqueline Papineau-Desbaillets, une descendante de Louis-Joseph Papineau.

 

 

1.7.2   Apercu historique VendŽe-Poitou

 

ƒPITAPHE DANS LA CHAPELLE FUNƒRAIRE DES PAPINEAU AU MANOIR DE MONTE BELLO

(concue et exŽcutŽe vers 1885 par AmŽdŽe Papineau, fils de Louis-Joseph Papineau).

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Transcription de la partie infŽrieure,

(avec corrections*)

 

Ė la MŽmoire de

SAMUEL PAPINEAU II

ƒmigrŽ au Canada en 16_ _* dans lÕarmŽe

Franaise**, puis Colon ˆ la Rivire-des Prairies***

(Ile de MontrŽal) Mort 23 dÕAvril 1737

Et de CATHERINE QUEVILLON son ƒpouse

Morte en 1773****

(*   en 1688)

(** les Troupes de la Marine sont indŽpendantes de lÕarmŽe franaise)

(***  ˆ la C™te-St-Michel et non ˆ Rivire-des-Prairies)

(**** elle est dŽcŽdŽe en 1781, ˆ lՉge de 95 ans)

 

 

 Le lieu dÕorigine de Samuel Papineau est donc  selon plusieurs sources concordantes:

 le village de La Papinire,

dans le bourg de Montigny,

aujourdÕhui, La Fort-sur-Svre,

(autrefois appelŽe: Baronie de La Fort sur Svre)

dans le canton de Cerizay,

sous-prŽfecture ˆ Bressuire,

prŽfecture ˆ Niort du DŽpartement des Deux-Svres. (crŽŽ ˆ la RŽvolution en 1789)

 

Montigny est limitrophe de la Svre Nantaise qui, ˆ cet endroit, est la frontire des Deux-Svres avec la VendŽe. Cette rŽgion est aussi appelŽe le Bocage VendŽen, ˆ ne pas confondre avec le Marais VendŽen que borde lÕAtlantique plus ˆ lÕouest. On appelle aussi La G‰tine ces collines ŽlevŽes au plus dÕune centaine de mtres qui courent grosso modo dans lÕaxe de Nantes ˆ Limoges.

 

LÕancien Bas-Poitou dans la France de lÕOuest, appartenait ˆ la province du Poitou, avec ŽvchŽ ˆ Poitiers.

(carte jyp 2000)

 

Les premiers habitants identifiŽs au Poitou faisaient partie de la nation appelŽe Pictons ou Pictaves qui fut subsŽquemment combinŽe aux peuplades voisines, dont les VŽntes (Vannes) situŽs au nord-ouest, les anctres de ces Bretons qui furent les derniers ˆ rŽsister ˆ lÕinvasion de lÕEmpire Romain et de ses lŽgions.

Poitiers, la capitale du Poitou, assimila trs t™t la culture grŽco-latine et fut un des premiers centres de rayonnement culturel en France. Rabelais nous le rappellera plus tard avec bonheur.

On peut voir lՎpanouissement de la civilisation ˆ cette pŽriode en visitant les ruines gallo-romaines dŽcouvertes rŽcemment ˆ Sanxai sur la route entre Niort et Poitiers : aqueduc et thermes, temple de 75 mtres, thŽ‰tre de 10,000 places.

Pour son plus grand malheur pendant les sicles suivants, le Poitou a ŽtŽ le lieu de passage obligatoire des envahisseurs qui sillonnrent la France du nord au sud et de lÕest ˆ lÕouest.

Aprs la chute de lÕEmpire Romain dÕOccident en 476, les Poitevins devenus de paisibles Gallo-Romains connurent la fureur tour ˆ tour:

į      des Cimbres venus du nord,

į      des Francs de Clovis qui ˆ la bataille de Poitiers en 507 ont vaincu les tribus venues du sud,

į      des Visigoths, qui occupaient lÕEspagne et lÕAquitaine,

į      des Sarrasins (arabes musulmans), arrtŽs ˆ Poitiers par Charles Martel en 732,

į      des guerres de Charlemagne jusquՈ son sacre en lÕan 800,

į      des Vikings, venus des brumes scandinaves, aussi appelŽs Ē northmans Č, qui ravagrent les pays de la Seine et de la Loire jusquÕau traitŽ de 912 de Ste-Claire-sur-Epte qui les fixait en Normandie sous le nom de Normands,......dÕo ils partirent conquŽrir lÕAngleterre !!!

į      des Anglais suite au mariage dÕAliŽnor DÕAquitaine avec Henry II Plantagent, qui fit du Poitou une province anglaise et amena la guerre de cent ans jusquՈ ce que Jeanne dÕArc et le poitevin DuGuesclin les Ē boutent hors du Royaume de France Č.

į      Finalement, ce furent les Allemands  qui laissrent des souvenirs dŽsagrŽables dont les dŽportations de 4000 VendŽens au travail obligatoire et des dizaines de rŽsistants fusillŽs ˆ Cerizay aux combats de la LibŽration en 1944.

 

Le Poitou fut de plus un des foyers principaux des guerres de religion qui dŽvastrent ˆ rŽpŽtition les plus belles villes de la rŽgion. Depuis les prches de Jean Calvin ˆ Poitiers en 1534 et son prosŽlytisme doctrinal et politique ˆ partir de son refuge de Genve, soit pendant les seizime et dix-septime sicles, elles opposrent les Franais dans des luttes fratricides, souvent par mercenaires interposŽs, Ē rtres et lansquenets Č venus de lÕEurope centale.

Ces hordes ont oscillŽ entre La Rochelle, la protestante, et Paris, la catholique, jusquՈ lÕabjuration providentielle de Henri IV et la rŽconciliation apparente apportŽe par la proclamation de lՃdit de Nantes en 1598.

Les terribles guerres de VendŽe de 1790 ˆ 1795 entre les Bleus des armŽes rŽpublicaines et les Blancs de Ē la grande armŽe catholique et royale Č dŽvastrent encore plus ce coin de pays.

Sous la Terreur, les Bleus suivirent le mot lancŽ depuis la tribune de la Convention par Barrre: Ē il faut dŽtruire la VendŽe Č.

CÕest dÕailleurs notoire que les VendŽens, comme avant la rŽvocation de lՃdit de Nantes en 1685, sont encore, ˆ la RŽvolution Francaise cent ans plus tard, les dŽfenseurs de la royautŽ et de la religion catholique. Le sud du Bas-Poitou, dont Niort et La Rochelle, rŽgions traditionnellement huguenotes dans la noblesse et dans les classes commerantes, se rŽfugie alors dans la neutralitŽ.

Ē Cette armŽe en sabots Č nÕen connut pas moins plusieurs victoires des Ē ventre-ˆ-choux Č, surnom donnŽ aux VendŽens, dŽcoulant de leur habitude de maquisards de faire feu en position couchŽe...dans les choux, avant dÕattaquer au cri en patois vendŽen de Ē Rembarre, (en avant) pour la religion et le roi Č.

Aprs plusieurs victoires, les VendŽens connurent leur premire grande dŽfaite le 13 octobre 1793 devant Cholet  dans un endroit situŽ entre Ē la lande de la Papinire  et Bois Saint-LŽger Č (aucun lien avec La Papinire de Montigny)

Aprs cette dŽfaite et la non moins sanglante Ē VirŽe de Galerne Č de lÕarmŽe vendŽenne au nord de la Loire, avec femmes et enfants fuyant la rŽpression, la rŽgion de  Montigny, Cerisay, Bressuire, La Fort-sur-Svres et son ch‰teau  Ē fut ravagŽe le 14 mars 1794 par les colonnes infernales du gŽnŽral Grignon, ancien marchand de boeufs qui se fait fort de tenir une comptabilitŽ rigoureuse des VendŽens abattus par lui et se vante dÕen avoir occis 200 en une seule journŽe aux abords de Bressuire Č. On bržla les habitations et les fermes dont lÕhabitation originale de La Papinire ˆ Montigny, et bien peu Žchapprent au massacre.

Ė la plus grande honte de la Premire RŽpublique, le nom du gŽnŽral en chef  Trureau qui prŽsida ˆ ce carnage est aujourdÕhui gravŽ sur lÕarc de triomphe ˆ Paris.

Ce fut une bien mince consolation que NapolŽon dŽclare plus tard, ˆ la vue de lÕhŽroisme des VendŽens: Ē CՎtaient des gŽants Č et les exonre de la conscription requise par les guerres napolŽoninnes.

On retrouve aujourdÕhui plusieurs musŽes qui perpŽtuent le drame vendŽen, dont le plus remarquable est le gigantesque  Puy-du-Fou ˆ quelques kilomtres ˆ lÕouest de Cholet.

La marquise de Larochejacquelain, Žpouse dÕun gŽnŽral vendŽen, mentionne dans ses mŽmoires le nom du patriote Bourasseau, qui Žtait le patronyme dÕorigine de lÕanctre Francois Bourassa venu en Nouvelle-France depuis Saint-Hilaire de Loulay, prs de Montaigu, en VendŽe.

Les Bourassa alliŽs aux Papineau deviendront cŽlbres dans lÕhistoire du QuŽbec, dont lÕartiste NapolŽon Bourassa qui Žpousa AzŽlie, une fille de Louis-Joseph Papineau.

Leur fils, Henri Bourassa, homme politique et journaliste, fut le fondateur en 1910 du rŽputŽ quotidien Le Devoir.

Il a mariŽ JosŽphine Papineau, lÕarrire-petite-fille de Denis-Benjamin Papineau, homme politique et frre de Louis-Joseph.

 

 

1.7.3  les anctres de Samuel Papineau Žtaient-ils huguenots ?

 

ƒpitaphe dans la chapelle funŽraire des Papineau

au manoir de Montebello (et transcription JYP).

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Ė

la MŽmoire de

Samuel Papineau,

de la Papinire. Commune de Montigny

en Poitou. dÕOrigine Gallo-Romaine.

et de Marie de Lain son

ƒpouse.

Victimes des Guerres de Religion.

Lui, Mort avant 1686. Elle aprs cette annŽe.


Elle a ŽtŽ rŽdigŽe en 1885 par Louis-Joseph AmŽdŽe Papineau (1819-1903), fils du chef patriote Louis-Joseph Papineau (1786-1871). LÕoriginal du dessin de sa main se trouve aux archives nationales du QuŽbec dans la ville de QuŽbec, Collection Joseph Papineau, cote P 417.

On y lit que Samuel Papineau, de La Papinire ˆ Montigny en Poitou, dŽcŽdŽ avant 1686 et son Žpouse, Marie Delain, dŽcŽdŽe aprs 1686, auraient ŽtŽ victimes des guerres de religion.

Ils sont les parents du premier anctre des Papineau en Nouvelle-France.

LÕannŽe 1686 mentionnŽe correspond ˆ la  rŽvocation de lՃdit de Nantes par Louis XIV en 1685.

LՃdit de Nantes, Žtait un pacte de tolŽrance permettant la coexistence entre la religion dՃtat, catholique  et gallicane-romaine, et la religion  rŽformŽe prchŽe par le Franais Jean Calvin, rŽfugiŽ ˆ Genve.


Henri IV signant l'Ždit de Nantes.  gravure d'Žpoque

LՎdit de Nantes avait ŽtŽ  ŽdictŽ en 1598 par Henri IV, ci-devant roi de Navarre, aprs sa conversion ˆ la religion catholique. Il en Žtait venu ˆ ce choix difficile en jugeant que cՎtait indispensable pour ramener la concorde dans la France dŽchirŽe par les guerres de religion fratricides en cours depuis le dŽbut du seizime sicle. On attribue ˆ Henri IV la rŽplique restŽe cŽlbre: Ē Paris vaut bien une messe Č.

LՃdit de Nantes avait donnŽ une certaine libertŽ de culte aux calvinistes, lÕaccs ˆ certaines charges publiques et le contr™le de quelques places fortes, si bien que cՎtait de facto donner ˆ une religion, le calvinisme, un caractre politique et militaire.

Malheureusement la noblesse et les marchands calvinistes ont utilisŽ cette base de pouvoir pour combattre avec plus dÕardeur encore les institutions de la majoritŽ catholique gallicane, et ont rŽussi ainsi ˆ dŽstabiliser la France.

Finalement, Louis XIII et le cardinal Richelieu ont dž recourir ˆ la force pour rŽtablir la sŽcuritŽ du royaume. En 1627-1628 eut lieu le sige de la ville de La Rochelle qui avait appelŽ lÕAngleterre ˆ son secours pour dŽfendre ses vellŽitŽs dÕautonomie. Les Anglais vinrent, virent la ville assiŽgŽe, et retournrent chez eux.

Dans les premires annŽes de son rgne, Louis XIV avait ŽvitŽ le pige des guerres de religion, occupŽ quÕil Žtait ˆ la guerre contre les Žtrangers pour assurer la permanence des frontires alors que le gŽnial Colbert travaillait ˆ ramener la prospŽritŽ.

Mais le problme de lՃtat dans lՃtat demeurait.

Les huguenots sÕopposaient mme ˆ la politique franaise qui tentait dÕaugmenter lÕautonomie du gallicanisme ˆ lÕendroit de Rome.

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Louis XIV

DŽjˆ, quelques annŽes avant la rŽvocation de lՃdit de Nantes en 1685, le roi Louis XIV, son confesseur, le pre Lachaise, sa maitresse et plus tard Žpouse, madame de Maintenon, le prŽdicateur Bossuet et lÕintendant Louvois qui avait succŽdŽ au rŽformiste Colbert, dŽcŽdŽ en 1684, avaient encouragŽ la conversion forcŽe des calvinistes ˆ la religion catholique.

Non content de leur avoir enlevŽ leurs prŽrogatives, on voulait obtenir leur abjuration par la coercition et la violence si nŽcessaire.

Une des pratiques Žtait appelŽe les Ē dragonades Č car on imposait aux familles huguenotes lÕhŽbergement onŽreux des compagnies de dragons, avec mission dÕobtenir des abjurations, par la force si nŽcessaire. Les historiens estiment que ces brimades ont amenŽ  lÕexil dÕenviron 200 000 Francais rŽformistes, en grand nombre issus de la noblesse et de lՎlite industrielle et commercante. Ces fuites, dites vers Ē le refuge Č, Žtaient interdites et les coupables si repris Žtaient sujets aux pires exactions.

Les ports dÕembarquement pour la Nouvelle-France Žtaient Žtroitement surveillŽs et mme celui qui avait abjurŽ devait dÕabord faire trois ans de probation avant de pouvoir sÕembarquer. Ceux qui rŽussissaient ˆ dŽjouer ces interdits Žtaient vite repŽrŽs par lÕaum™nier du navire et amenŽs ˆ abjurer ˆ bord ou ˆ lÕarrivŽe, sinon cՎtait le retour en France et la prison ou les galres royales ˆ Marseille. Ce qui explique certains baptmes et confirmations, parfois  groupŽs, que lÕon retrouve dans les archives de la Nouvelle-France.

Sans doute ˆ cause de la notoriŽtŽ subsŽquente de certains descendants Papineau, plusieurs auteurs ont avancŽ que la famille de Samuel Papineau Žtait huguenote ou de la religion prŽtendue rŽformŽe, comme la nommaient pudiquement les correspondances officielles.

Selon madame Anne Bourassa, arrire-petite-fille du chef patriote Louis-Joseph Papineau, cette affirmation a eu son origine chez le fils de ce dernier, AmŽdŽe Papineau.

On sait que dans sa vieillesse AmŽdŽe Papineau avait abjurŽ la religion catholique et en avait formellement avisŽ le curŽ de Montebello, le 3 aožt 1893, Ē  je vous fais savoir et je vous prie de prendre note, monsieur le curŽ, que jÕabjure et renonce ˆ toute allŽgeance et communion avec lՃglise catholique,...je la respecte comme je respecte toutes les opinions et croyances sincres et consciencieuses mais je crois devoir aujourdÕhui mÕadjoindre ˆ lՃglise presbytŽrienne calviniste...qui dÕailleurs fut la religion de mon Žpouse et qui est celle de mes enfants et de mes petits-enfants Č.

La religion presbytŽrienne est la variante protestante introduite en ƒcosse par John Knox, disciple de Calvin ˆ Genve. Religion dՃtat en ƒcosse, elle faisait Žchec ˆ la religion anglicane qui Žtait la religion dՃtat en Angleterre.

AmŽdŽe sՎtait donc fait baptiser dans cette religion en mme temps que son fils, ˆ lՎglise protestante de la rue Dorchester ˆ MontrŽal.

On sait aussi quÕil frŽquentait  le prtre apostat Chiniqui, lÕinvitant mme ˆ tenir des prches au manoir de Montebello, simulacre de Ē lՎglise du dŽsert Č, pratique de rencontres clandestines des huguenots aprs la perte de leurs temples en France.

Dans plusieurs de ses carnets qui racontent ses voyages en Europe avec sa famille, aprs sa retraite comme protonotaire ˆ la cour supŽrieure ˆ MontrŽal, AmŽdŽe attaque avec virulence les papistes, nom dŽrisoire appliquŽ alors aux catholiques.

Ė Toulouse, il assiste aux offices rŽformŽs, se rŽfŽrant aux Albigeois persŽcutŽs ˆ la fin du douzime sicle, un anachronisme alors quÕil y avait eu de tels actes de violence ˆ Toulouse beaucoup plus rŽcemment durant les guerres de religion des seizime et dix-septime sicles.

Lors de son voyage de 1878 en Europe, venant dÕAlgŽrie et dÕEspagne via Bordeaux, il cherche et finalement trouvera, le vendredi-saint 19 avril, le bourg de Montigny, lieu dÕorigine de sa famille.  Il dŽcrira ainsi au curŽ Grelier de Montigny quÕil nÕavait pu saluer ˆ cette occasion, cette premire visite dÕun descendant de Samuel Papineau au berceau de ses anctres: Ē je fus vivement impressionnŽ en voyant votre Žglise et quelques maisons du village ˆ la pensŽe quÕelles existaient avant lՎmigration de mon anctre et quÕil les avait vues et frŽquentŽes et que les cendres de ses pres reposent dans votre cimetire Č (catholique !!!).

En route pour Montigny, il avait rencontrŽ ˆ Angoulme et ˆ Saintes deux personnes qui vont par la suite colorer son discours.

Ė Saintes, cÕest le gŽnŽalogiste Beauchet-Filleau, qui a fait la biographie de toute la grande et la petite noblesse du Poitou, qui lÕinforme quÕil ne sÕy trouve pas de Papineau.

(Ė lÕautomne 1998, le petit-fils de Beauchet-Filleau a rŽpŽtŽ ce verdict ˆ notre collaboratrice dans cette rŽgion, la gŽnŽalogiste  Marguerite Morisson).

Ainsi, le blason (dit de convenance) accordŽ par le roi ˆ Gilles Papineau, de la paroisse de La Boissire prs de MaulŽon, et donc prs de Montigny, ne reprŽsente aucunement un titre de noblesse. DÕailleurs le bŽnŽficiaire suivant dans la liste du Ma”tre dÕarmes Dozier est ...le curŽ de La Boissire, sans doute en rŽcompense pour avoir dŽnoncŽ les huguenots de sa paroisse.

Le 15 avril 1878, ˆ  Angoulme, AmŽdŽe rencontre le pasteur Auguste-Franois Livre, Žminent calviniste qui lui donne un exemplaire de sa publication en trois volumes sur Ē les martyrs Poitevins Č, laquelle raconte les persŽcutions durant les guerres de religion. Le petit-fils de Livre, Pierre Dez, professeur au lycŽe de Poitiers, sÕen est inspirŽ pour Žcrire sur le mme sujet en 1936. Il est trs Žvident que cÕest lˆ quÕAmŽdŽe Papineau sÕest inspirŽ pour inventer lÕhistoire tragique des racines huguenotes de ses anctres.

Il existe de nombreux Žcrits dÕAmŽdŽe ˆ ce sujet qui vont par la suite tre repris mme par les historiens les plus sŽrieux, mais surtout par les prosŽlytes de la thŽorie dÕune influence huguenote importante dans le peuplement de la Nouvelle-France.

Dans une des Žtudes les mieux documentŽes sur le sujet, lÕhistorien Robert Larin estime leur nombre, ˆ lÕarrivŽe en Nouvelle-France, de 6% ˆ 8% des 10,000 Franais qui se sont implantŽs ˆ demeure. Ce chiffre aura considŽrablement diminuŽ aprs les abjurations et les intermariages avec des catholiques.

Aprs lÕinvasion de 1759, lÕAngleterre favorisera la venue de huguenots francophones dÕAngleterre, de Suisse et, insulte suprme, de France, pour servir dans sa bureaucratie coloniale.

Un examen dŽtaillŽ dŽmontre les nombreuses contradictions dans les arguments dÕAmŽdŽe Papineau ˆ lÕeffet que les anctres Papineau Žtaient huguenots.

Le 10 mai 1894, il rŽpond ˆ une lettre dÕun AmŽricain du Kansas du nom de William Popenoe, descendant du huguenot Jean Papineau de Niort, dont le fils Žtait venu le visiter au manoir de Montebello:

Ē I have no doubt you belong to the race of  Papineaus. Their history is a curious one. Their section in France was La Papinire, town or parish of  Montigny, in the province of  Poitou, and now the department of  Deux-Svres. They were noble and entitled to the prefix of ĒDe Papineau Č. They were huguenots, that is french calvinists, and persecuted under Louis XIV. Some were killed and others fled, some to England, some to Germany, one to Canada about the year 1686 or 87....The Papineau who came to Canada had to feign conversion to catholicism or be driven afar to Boston or New-York... Č

Le 14 octobre 1894, AmŽdŽe Žcrit ˆ son neveu Gustave Bourassa (1860-1904) devenu prtre : Ē mais nÕoublie pas, mon cher neveu, quÕaprs avoir adorŽ Dieu sous le nom de Jupiter ˆ Rome, nos anctres, colons romains au Poitou, y sont devenus chrŽtiens, puis catholiques, puis huguenots et sous cette dernire Žvolution, furent horriblement persŽcutŽs, les uns tuŽs, les autres chassŽs de leur patrie, les uns en Hollande, dÕautres en Angleterre, un en Virginie, un autre au Canada...Samuel II.  JÕavais ˆ peu prs toutes ces connaissances de nos anctres lors de mon voyage ˆ Montigny (en 1878). JÕy priais le Dieu de lÕhumanitŽ entire au pied de la croix du cimetire comme ensuite dans lՎglise catholique qui fut pendant un sicle un temple calviniste Č. (affirmation que des notables de Montigny dÕaujourdÕhui ont rŽfutŽe).

Dans une lettre du 21 avril 1896 en rŽponse aux interrogations de son fils Louis-Joseph IV Papineau et qui est certainement reprŽsentative de ce quÕil sait vraiment au sujet de son premier anctre, AmŽdŽe Žcrit (en anglais!): Ē Samuel Papineau who came to Canada was probably a huguenot refugee who to escape being killed enrolled himself as a soldier Č. Traduction: Samuel Papineau qui vint au Canada Žtait probablement un rŽfugiŽ huguenot qui pour Žviter la mort s'enrolla comme soldat'

Noter le Ē probably Č, car ce Ē probablement Č contredit les affirmations pŽremptoires prŽcŽdentes.

En conclusion, il est de mise dÕignorer le tŽmoignage Ē pro domo Č dÕAmŽdŽe Papineau sur lÕorigine huguenote des anctres franais Papineau.

Ce que nÕa pas fait le pasteur Durieux Duclos dans son Histoire du protestantisme franais au Canada et aux Etats-Unis, publiŽe par la Librairie ƒvangŽlique, de MontrŽal, au dŽbut du 20e sicle. Il cite presque textuellement les Žcrits dÕAmŽdŽe Papineau pour affirmer de Samuel Papineau:
 ( nous avons appris tout rŽcemment ses origines huguenotes)
, ainsi que quelques-uns de ses descendants sont, par allŽgeance , par comportement, ou autrement, des protestants.

En contrepartie, plusieurs autres faits et documents plaident en faveur dÕune appartenance des anctres Papineau ˆ la religion catholique.

Plusieurs historiens (Livre, Dez, Archange Godbout, Robert Larin), qui ont ŽtudiŽ les concentations de huguenots dans le Poitou et le dŽpartement des Deux-Svres notent leur petit nombre au nord o se situe Montigny par opposition au trs grand nombre dans le sud, le Niortais car Niort, situŽe sur la Svre Niortaise Žtait une presque banlieue de la protestante LaRochelle.

Dans le village voisin, ˆ 3 kilomtres de Montigny, se trouve le ch‰teau de La Fort-sur-Svre appartenant alors ˆ Philippe Duplessis Mornay, ancien conseiller dÕHenri IV et surnommŽ Ē le pape des huguenots Č. Aprs son dŽcs en 1623, son gendre a publiŽ ses mŽmoires qui, selon un occupant actuel du ch‰teau, dŽmontrent quÕil avait une grande tolŽrance ˆ lÕendroit de ses voisins catholiques. De plus, Duplessis-Mornay devait faire venir le pasteur DaillŽ de la ville de Pouzauges, ˆ 30 kilomtres plus loin, pour la prche et pour lÕinstruction de ses enfants, une preuve additionnelle que le bourg de Montigny nՎtait pas dÕobŽdience protestante.

Si Samuel Papineau dit Montigny avait ŽtŽ huguenot, il aurait certainement appris comme tous les petits huguenots de son temps ˆ lire la bible en franais et sans doute aussi appris ˆ Žcrire avant son dŽpart en 1688 ˆ lՉge de 18 ans. Or dans les nombreux actes o il intervient ˆ MontrŽal ˆ partir de 1699, le notaire inscrit quÕil ne sait signer.

Il nÕy a pas eu non plus dÕempchement ˆ son dŽpart de La Rochelle le 21 mars 1688. Aucun document dÕarchive nÕindique quÕil ait dž abjurer auprs de lÕaum™nier pendant la traversŽe, ni quÕil ait ŽtŽ baptisŽ ˆ son arrivŽe ˆ QuŽbec.

On perd sa trace pendant ses 10 ans de service militaire, jusquÕau 27 avril 1699 lorsquÕil acquiert des sulpiciens, seigneurs de Ville-Marie, une terre ˆ la C™te-St-Michel de MontrŽal.

Par la suite on assiste ˆ un parcours de bon catholique. Il est parrain le 12 septembre 1701 au baptme de Franois, deuxime fils de Pierre Cardinal, son Ē pays Č  vendŽen de la ville de Fontenay-le-Comte. CÕest dÕailleurs ˆ cette occasion quÕil dŽcline firement pour la premire fois: profession: volontaire.

Puis le 8 juin 1704, avec comme tŽmoin le mme Pierre Cardinal, il signe un contrat avec Catherine Quevilllon, promettant le mariage devant Ē notre sainte mre lՎglise catholique, apostolique et romaine Č, ce quÕils feront le 16 juin devant le pre Jean Bouffandeau, un autre VendŽen, en lՎglise de Saint-Joseph de la Rivire-des-Prairies.

Ils auront neuf enfants, tous baptisŽs et tous mariŽs ˆ lՎglise, qui ˆ leur tour leur donneront quatre-vingt-treize petits-enfants baptisŽs.

Un des fils de Samuel, Joseph I, qui sait signer et sÕest enrichi ˆ la traite des fourrures, devient artisan et bourgeois ˆ MontrŽal. Il a comme proches voisins de sa rŽsidence de la rue Saint-Paul prs de la rue Bonsecours, les prtres Sulpiciens qui veilleront ˆ lՎducation de ses enfants. LÕune deviendra religieuse, mre St-Olivier de la CongrŽgation Notre-Dame. Deux fils iront Žtudier au SŽminaire de QuŽbec, dont Joseph II qui deviendra dŽputŽ de MontrŽal, Žlu en 1792, 1796, 1800 et 1810. Membre de la premire chambre dÕassemblŽe, il y dŽfendra la langue et la foi des descendants des pionniers franais.

Ses fils Louis-Joseph, Denis-Benjamin, AndrŽ-Augustin et Toussaint-Victor suivront la mme voie au SŽminaire de QuŽbec,  les trois premiers dans lÕarne politique, le quatrime comme prtre.

Tous assez libres-penseurs et certains mme anti-clŽricaux, aucun dÕeux nÕa Žcrit que son arrire-grand-pre Samuel Žtait huguenot.   

 

 

 

 

1.7.4    Les Ē DŽtachements de la Marine Č ou Troupes de la Marine comme on les appelait ˆ MontrŽal, mme si leur appellation fut changŽe en 1700 ˆ

Ē Compagnies franches de la Marine Č.

 

Soldats des Compagnies franches de la Marine. 

Aquarelle anonyme du 17e. sicle

 

 

 

 

Voici comment seront recrutŽs les successeurs des Troupes de la Marine, par avis aux beaux hommes! :

 

 

 

Un officier des Compagnies franches de la Marine ˆ Marseille en 1754. Peinture de Joseph Vernet

Comme on peut lÕimaginer, ceci nՎtait pas le lot des troupiers.

 

 

Le gŽnial peintre aux armŽes de France, Eugne Leliepvre, a illustrŽ pour Parcs Canada le troupier et aussi lÕaccostage et le dŽbarquement beaucoup plus prosa”ques dÕune Compagnie des Troupes dans un campement dÕAmŽrindiens.

Soldat des Compagnies franches de la Marine

Eugne Leliepvre, peintre aux armŽes de France  Parcs Canada

 

 

 

 

 

 

 

 

PER MARE ET TERRAS, par mer et par terre, la devise des Troupes de la Marine.

 

Les Ē DŽtachements Č sont aussi connus comme Ē les Troupes de la Marine Č et aprs 1700, Ē Compagnies franches de la Marine Č.

Elles ont ŽtŽ crŽŽes ˆ lÕinstigation de Louis XIV et de Colbert qui voulaient un corps dÕarmŽe destinŽ spŽcifiquement au service dans les ports du royaume et dans les colonies.

En temps de paix, elles seraient appelŽes ˆ sÕy fixer pour accŽlŽrer la colonisation.

 

LÕintendant Colbert, qui Žtait ˆ la fois ministre des Colonies et ministre de la Marine, imagina cette formule qui lui permettait dՎviter les structures plus lourdes de lÕarmŽe de mŽtier dont faisaient partie les rŽgiments de Carignan-Sallires envoyŽs en Nouvelle-France en 1665.

Aprs leur dŽmobilisation en 1668, bon nombre des officiers de ces rŽgiments obtinrent des seigneuries et rŽussirent ˆ convaincre leurs soldats de sÕy faire habitants. Ce devint le modle prŽconisŽ par Colbert.

Si bien quÕentre 1668 et 1683 il nÕy eut pas de troupes rŽglŽes et seules les milices canadiennes assurrent la dŽfense de la Nouvelle-France.

  

Puis ce fut lÕarrivŽe des premires Compagnies des Troupes de la Marine envoyŽes en Canada prŽcipitamment en 1683 pour faire face ˆ la reprise des hostilitŽs par les Iroquois, soudoyŽs par les Hollandais de la Nouvelle-Angleterre.

Capitaines des 35 compagnies traversŽes entre 1683 et 1688.

 

Jean Leclerc (collge des JŽsuites, QuŽbec)

MŽmoires de la SociŽtŽ de gŽnŽalogie Canadienne-Franaise. 1960 XI. (voir sa recherche en annexe)

Entre 1683 et 1688 ce seront 35 compagnies composŽes chacune de 50 soldats et de six ˆ huit officiers et sous-officiers qui traversent en Nouvelle-France.

Pendant la guerre avec la Ligue dÕAugsbourg, le nombre de compagnies sera ramenŽ ˆ 28.

Le recrutement des officiers se faisait dans les rangs des Ē Gardes de la Marine Č et autres officiers des ports.Occasionellement ils venaient de lÕarmŽe de mŽtier ou de familles de la noblesse qui, comme cՎtait la coutume, achetaient la charge pour un des leurs. Gr‰ce aux rapports annuels de lÕintendant Champigny, on retrouve dans les archives franaises des Colonies non seulement les r™les des officiers mais aussi la notation de leur caractre et de leur performance. Aux archives, leur curriculum plus complet est contenu dans lÕAlphabet Lafillard.

Les soldats pour leur part Žtaient des volontaires ou des jeunes conscrits dŽsignŽs par les notables des villes et villages du littoral selon un systme de quotas. Malheureusement, les archives de lÕAmirautŽ des ports franais et de lÕAmirautŽ de QuŽbec dŽcrivant ces soldats ont ŽtŽ en partie perdues, ˆ lÕexception dÕun Ē rolle dÕembarquement sur le navire Le Franois ˆ destination de Plaisance. Le 4 avril 1697 Č,  la capitale de la partie franaise de Terre-Neuve.

 

Ce document est prŽcieux parce quÕil donne: le nom du soldat et de ses pre et mre, son ‰ge, sa taille, la couleur de son poil, son mŽtier, et aussi son lieu dÕorigine.

Le troisime dans le r™le :

Michel Texier (Tessier) de la Rochelle, paroisse Notre-Dame, agŽ de 21 ans, poil chatain, taille 4 pieds 5 pouces, Pierre son pre,  Marie Jeanne sa mre, jardinier.

On retrouvera trs rarement autant dÕinformation dans les actes de lՎtat civil et dans les actes des notaires quand le soldat demeurera en Nouvelle-France.

Uniformes et armement.

Plusieurs historiens et illustrateurs ont travaillŽ ˆ reconstituer lÕenvironnement, lÕhabillement et lÕarmement de ces trente-cinq Compagnies venues en Nouvelle-France entre 1683 et 1688, dont Eugne Leliepvre, peintre aux armŽes en France, et Michel PŽtard et Francis Back au Canada.

Voici une  reconstitution par Michel PŽtard des uniformes entre 1683 et 1700. 

Le soldet Montigny aurait ressemblŽ au soldat, ˆ gauche. LÕuniforme du soldat Ē MONTIGNY Č, nom de guerre de Samuel Papineau, Žtait donc: Ē chausses, culotte et veste de couleur blanc gris‰tre avec bordures bleues et boutons en laiton. Feutre noir avec galon dorŽ, agrŽmentŽ de lÕancre blanche de la Marine. Souliers noirs Č.

Noter quÕil manie un mousquet car le fusil fera son apparition aprs 1700.

 

 

 

Soldat des Troupes portant un uniforme modifiŽ pour affronter les rigueurs du climat. R.J. Marrion, MusŽe canadien de la guerre.

Un autre porte aux pieds des raquettes pour marcher sur la neige en hiver. Francis Back, pour Parcs Canada.

Comme lÕavaient souhaitŽ Louis XIV et Colbert, la plupart de ces jeunes soldats, qui avaient entre 16 et 24 ans ˆ leur arrivŽe, prendront racine dans le pays quÕils avaient si chrement dŽfendu.

En annexe, original et transcription de l'ordre de dŽmobilisation ou congŽ de 1698.

 

1.7.5.   LՎnigme du capitaine dÕAndrŽsy.

 

Samuel Papineau sÕest donc embarquŽ en 1688 au port de Rochefort pour un dŽpart de La Rochelle, avec la dernire des trente-cinq compagnies, celle du sieur dÕAndrŽsy, lors dÕune levŽe de troupes du Ministre de la Marine. Quelle est lÕhistoire de ce capitaine, le Sieur dÕAndrŽsy? (parfois Žcrit dÕAntrŽsy et Antrezy).

On retrouve sa prŽsence dans les archives des colonies ˆ trois endroits:

 

1.- Dans le rŽpertoire des officiers de lÕAncien RŽgime, aussi appelŽ Ē Alphabet Lafillard Č avec les notations suivantes:

ChÕer dÕAntrezy:

Capitaine  Canada    1 mars 1688

cassŽ       id               6 juin 1688

mort        id                         1693

 

2.- Dans la correspondance entre le ministre et le Gouverneur ˆ QuŽbec, on retrouve des ordres :

a.- en date du premier mars 1688, donc une semaine aprs le dŽpart de la MareschaleÓ de La Rochelle le 23 avril 1688:

Ē sa majestŽ ayant fait choix du Chevalier dÕAntresy, officier de marine, pour commander un dŽtachement de cinquante soldats de ses vaisseaux quÕelle a envoyŽ en Canada. Č

b.- puis, en date du Ē 6 juin 1688, ˆ Versailles, Ordre du Roy pour faire repasser en France le sieur Ch. dÕAndresy et de le dŽbarquer dans le premier port du royaume o il abordera. Č

Dans la mme missive on trouve partie de lÕexplication: Ē Monsieur, le Roy a recu tant de plaintes de la mauvaise conduite que le Sr dÕAndresy qui commande une des compagnies, que sa MajestŽ a cassŽ et rŽvoquŽ..... Č  

Ces messages ont dž parvenir ˆ QuŽbec par le prochain navire, soit vers la mi-septembre, donc aprs le dŽcs en mer du capitaine dÕAndrŽsy.

3.- Dans un rapport au ministre de la Marine et des Colonies en date du 6 novembre 1688, lÕintendant Bochart de Champigny fait ainsi rapport de lÕarrivŽe du navire Ē La Mareschale Č sur lequel sont embarquŽes les trois compagnies des troupes, dont celle du Chevalier dÕAndrŽsy:

(quŽbec)  6 novembre 1688

tout ce qui a estŽ envoyŽ de france est arrivŽ en bon estat et bien conditionnŽ.

mais le nombre dÕhommes a bien diminuŽ,

car de 225 qui estoient dans la mareschale

il en est mort.

le sr. dandresy capÕne  est du nombre.

ils ont donnŽ son employ au sr. de  la  groye, lieutenant qui  est un fort honeste gentillhomme et qui a bien servy.

 

Le mystre persiste sur les origines du  capitaine dÕAndrŽsy, sur la nature des plaintes portŽes contre lui et pourquoi Lafillard  le porte mort  cinq ans plus tard, soit en 1693 plut™t quÕen 1688.

 Les recherches pour conna”tre son origine convergent vers Ē la famille de lÕIsle, seigneurs dÕAndrŽsy Č de la ville du mme nom situŽe dans le dŽpartement des Yvelines, au nord-ouest de Paris.

Louis XIV y est allŽ avec ses enfants en 1670.

Il a donc connu la famille du seigneur dÕAndrŽsy et en 1688 pourrait avoir donnŽ une commission ˆ un des fils comme capitaine dÕune compagnie des Troupes de la marine.

 

 

 

 

     1.7.6         Charles Henri dÕAloigny, marquis de La Grois,   (aussi Žcrit De La Groye).

On trouve dans la transription informatisŽe de lՎtat civil de la Nouvelle-France, (PRDH, 1621-1799), de nombreuses mentions du successeur du dŽfunt capitaine dÕAndrŽsy: le capitaine dÕAloigny, devenu par la suite marquis de La Grois.

On peut imaginer son apparence par la reconstitution faite par Michel PŽtard dÕun officier des Troupes vers 1690.

Il assistera aux mariages et baptmes dans les familles de ses soldats. On peut prŽsumer que la majoritŽ dÕentre eux sont avec lui depuis quÕil a pris la relve du capitaine dÕAndrŽsy. On aura ainsi retrouvŽ une quinzaine de soldats de cette compagnie, la plupart ayant des liens de lieux et de circonstances avec Samuel Papineau.

Il y a donc conflit de dates dans la gŽnŽalogie du gŽnŽalogiste Denis-Benjamin II Papineau selon qui Samuel serait arrivŽ en 1694, sous M. Aloigny, capitaine dÕune compagnie franche. Ė son crŽdit cependant, il a sans doute ŽtŽ le premier ˆ dŽcouvrir dans les rŽgistres poussiŽreux encore ˆ lՎtat de manuscrits que Jean Pouget dit Gris Delin, originaire de Villamblard au PŽrigord, mariŽ ˆ MontrŽal le 19 janvier 1699 en prŽsence du marquis De La Grois, Žtait voisin, ami et tŽmoin de Samuel Papineau ˆ son contrat de mariage du 6 juin 1704. Sur la carte de la seigneurie de MontrŽal de 1702, les deux comparses apparaissent sous leur seul nom de guerre: Montigny et Grisdelin tous deux censitaires ˆ la C™te-St-Michel de MontrŽal.

En lÕabsence de documents plus prŽcis, comme les r™les dÕembarquement des soldats des DŽtachements de la Marine, nous pouvons affirmer quÕil existe assez dÕanciennes et de nouvelles preuves circonstantielles pour affirmer que Samuel Papineau dit Montigny est bel et bien arrivŽ en Nouvelle-France en 1688 avec la compagnie du capitaine dÕAndrŽsy et sera par la suite dans celle du marquis De La Grois.

Biographie du marquis de la Groye dans le Dictionnaire biographique du Canada Vol. II UniversitŽ Laval©.

ALOIGNY CHARLES-HENRI DÕ, marquis de LA GROYE, lieutenant, major des troupes, commandant, capitaine de vaisseau, nŽ vers 1662 ˆ Ingrandes prs de Chatellereault, au Poitou, fils de Louis dÕAloigny et de Charlotte de Chasteigner ;

il prit le nom de marquis de La Groye aprs la mort de son pre et de son frre a”nŽ ;

Il est mort ˆ lÕautomne de 1714 dans le naufrage du Saint-JŽr™me ˆ lՔle de Sable (au large de la Nouvelle-ƒcosse).

Charles-Henri dÕAloigny, garde-marine ˆ Rochefort, sÕembarque pour le Canada en 1683 comme lieutenant. Les 30 annŽes de sa vie en Nouvelle-France sont marquŽes par une carrire militaire trs active. Ds 1688, il est nommŽ capitaine par Brisay de Denonville (en remplacement du capitaine DÕAndrŽsy, commandant la 35e compagnie des troupes de la Marine, dŽcŽdŽ pendant la traversŽe) et cette nomination est confirmŽe par un ordre du roi, le 1er mars 1691. Il obtient, lÕannŽe suivante, une commission dÕenseigne  de vaisseau.

En 1695, Aloigny accompagne Antoine de Crisafy dans une expŽdition pour restaurer le fort Frontenac. Au mois de septembre de la mme annŽe, Frontenac [Buade*] et Callire, apprenant que de petits groupes de r™deurs indiens tendent des embuscades aux Franais, envoient des secours dans diverses directions ; Aloigny est chargŽ de diriger un dŽtachement vers Boucherville pour surprendre ces Indiens, pillards de rŽcoltes.

Aloigny est nommŽ commandant du fort Frontenac pour quelques mois, au cours de lÕannŽe 1700, remplaant Louvigny [La Porte] arrtŽ Ē pour avoir contrevenu aux ordres du Roy Č. Ė partir de 1702, annŽe o il est fait major des troupes, succŽdant ˆ Subercase [Auger] qui avait ŽtŽ nommŽ gouverneur de Plaisance (Placentia, capitale de la partie franaise de Terre-Neuve), ses nominations militaires se suivent. Il est commandant des troupes en 1704, et le restera jusquՈ sa mort, alors que le roi juge ˆ propos de ne plus remplir ce poste. Il est fait chevalier de Saint-Louis en 1705 et, deux ans plus tard, il obtient une commission de lieutenant de vaisseau.

Son Žtat de santŽ lÕoblige ˆ rentrer en France en 1708. Il est de retour dans la colonie lÕannŽe suivante et poursuit son activitŽ militaire. Capitaine de frŽgate en 1709, il est nommŽ capitaine de vaisseau en 1710. Ė lÕautomne de 1714, aprs huit mois de maladie durant lesquels Ē il a estŽ plusieurs fois ˆ lÕextrŽmitŽ Č, il sÕembarque ˆ bord du Saint-JŽr™me pour rentrer en France. Le b‰timent fait naufrage ˆ lՔle de Sable et se perd corps et biens.

Il semble que La Groye fut un bon militaire ; Frontenac, en 1691, le considŽrait comme un Ē brave officier, fort assidu au service et homme de qualitŽ Č. Pour sa part, Callire le qualifiait en 1701 de Ē bon officier Č. Charles-Henri dÕAloigny avait ŽpousŽ, le 5 novembre 1703, Genevive Macard, fille de Nicolas Macard et de Marguerite Couillard, veuve en premires noces de Charles Bazire* et en secondes noces de Franois Provost (gouverneur de Trois-Rivires). Aucun enfant ne naquit de cette union. Elle est dŽcŽdŽe ˆ QuŽbec.

No‘l BŽlanger

Correspondance de Frontenac (1689-1699), RAPQ, 1927-28 : 66.Ń Correspondance de Vaudreuil, RAPQ, 1938-39: 96.Ń Jugements et dŽlibŽrations, passim.Ń Royal Fort Frontenac (Preston et Lamontagne), 387, 391, 399, 467.-Nicolas-Gaspard Boucault, ƒtat prŽsent du Canada, RAPQ, 1920-21 : 35.Ń A. Roy, Inv. greffes not., XIX, passim.Ń Taillemite, Inv. analytique, sŽrie B, I.Ń P.-G. Roy, La ville de QuŽbec, II : 56, 430. 

1.7.7   ƒpilogue  de la premire gŽnŽration

Cet adolescent qui grandissait dans les doux paysages de sa France natale ne pouvait sÕimaginer que ses descendants se compteraient par milliers et se trouveraient trois cents ans plus tard partout dans le monde. Comment pouvait-il concevoir quÕil aurait un fils, Joseph I, qui se rendrait jusquÕau milieu dÕun nouveau continent, que son petit-fils, Joseph II, serait appelŽ Ņpre de la patrieÓ pour avoir sauvŽ la langue franaise aprs la conqute de la Nouvelle-France par lÕAngleterre. Un de ses arrire petits-fils, Louis-Joseph, serait consacrŽ par les historiens comme lÕhomme politique le plus marquant du Canada, alors que son jeune frre, Denis-Benjamin, serait co-premier ministre de ce lointain pays qui inspire tant de crainte dans les provinces de France?

On a vu que les Žvnements ont donnŽ ˆ Samuel une rŽponse inattendue.                                       

Car il a vŽcu cette incroyable aventure que ces quelques pages ont voulu reconstituer.


Nous verrons dans de prochaines publications lÕhistoire de  quelques-uns des descendants de SAMUEL PAPINEAU dit MONTIGNY, ˆ commencer par celle de certains de ses neuf enfants nŽs en Nouvelle-France, identifiŽs comme  la deuxime gŽnŽration.

On peut consulter dÕabord la bibliographie (chapitre 1.9) des principaux documents utilisŽs et des sites internet qui ont ŽtayŽ cette  recherche de la premire gŽnŽration des Papineau.

 

 On trouvera en annexe des extraits de documents officiels et dÕarchives se rapportant ˆ la premire gŽnŽration de Samuel Papineau et Catherine Quevillon et ˆ leurs anctres immŽdiats dŽjˆ Žtablis ˆ Ville-Marie. 

 

Il reste ˆ Žtablir par des recherches approfondies en France si les quatre pionniers Papineau venus de France en AmŽrique au 17e sicle Žtaient ou non apparentŽs:

    Samuel Papineau ......                de Montigny,

    Jean Papineau      ......                de Niort,

    Louis Papineau    ......                du Niortais,

    Anne Papineau Lamarque É   de Bordeaux,

 

1.7.8 ANNEXES

 

index

 

A.- La Mareschale, traversŽe de 1688,

aux archives de LaRochelle

0.- rolle de lՎquipage

1.- chargement

2.- Žtat en 1688 et 1689

 

B.- Actes de la famille de Samuel Papineau

0.- Ordre de dŽmobilisation en 1698

1.- Acquisition de la terre de 1699

2.- Parrain de Frs. Cardinal 1701

3,- Contrat de mariage de juin 1704

4.- Certificat de mariage de juin 1704

5.- Vente de la terre de Catherine 1705

6.- Acquisition dÕune terre ˆ RDP 1711

7.- Donation aux seigneurs janv. 1717

8.- Vente de la terre de RDP mars 1720

9.- Acte de sŽpulture de Samuel 1737

10.- Inventaire aprs dŽcs juil. 1738

C.- Actes des trois familles fondatrices

i.- Hunault / Lorgueil

a.- mariage en 1654

b,- famille

c.- leur fille Jeanne

1.- son baptme

2.- ses 3 mariages

3.- sa sŽpulture

ii.- Quevillon / Hunault

a.- mariage en 1672

b.- famille

c.- leur fille Catherine

                                    1.- son baptme en 1686

                                    2.- ses 4 mariages,      

                                    3.- sa sŽpulture

     

iii.-  Papineau / Quevillon

a.-  mariage en 1704

b.- famille

 

D.- Troupes de la Marine.

Recherche de Jean Leclerc , s.j.

 

E - Cartes gŽographiques diverses.

 

F.- PersonnalitŽs du 17e sicle ˆ Montigny.

 

 

 

A.-  La Mareschale  (La MarŽchaleÓ)

Navire de 300 tonneaux, construit en Hollande vers 1675. Il existe une peinture par Van De Velde, au Rijks museum dÕAmsterdam dÕun navire hollandais semblable.

 

 

ARCHIVES DE LÕAMIRAUTƒ, LA ROCHELLE.

1.- Ē Rolle Č de lՎquipage.

2.- Connaissement du chargement.

3.- ƒtat de La MareschaleÓ en 1688 et 1689.

 

1.- Archives DŽpartementales des Charentes Maritimes,

AmirautŽ de La Rochelle, B 235, folio 159v.

Du 23 mars 1688

Rolle de lՎquipage du navire La MarŽchalle appartenant au Sieur Richard Massiot commandŽ par le Sieur Jean Guillot pour le voyage de Canada et les ”les de lÕAmŽrique.

. Jean Durand, de lÕisle dieu, ma”tre, 40 ans.

. Jacques Binier, contre-maitre de La Rochelle,  paroisse de St-BarthŽlŽmy, 35 ans     

. Pierre Lapierre, chirurgien, 26 ans.

. Thomas Conie, de Royan, bossman, 34 ans.

. Pierre Thomas, de Marenne, maitre de chaloupe, 25 ans.

. Franois Bousseron, de La Rochelle, paroisse                     du pŽrot, canonier, 30 ans.

. Jean Legrand, du pŽrot, maitre charpentier, 35 ans.

. Pierre Blandin, 2me charpentier du pŽrot, 22 ans.

. Michel Millorit, de St Nicolas, 3me charpentier, 19 ans.

. Jacques Maururu, de St Nicolas, 1er thonelier, 34 ans.

. Jean Voge, de St Nicolas, 2me thonelier, 20 ans.

. David Real, de Marenne, matelot, 24 ans.

. Simon Peltier, de St Martin de RŽ, matelot, 25 ans.

. Pierre Saunair, de Marlque, matelot,  28 ans.

. Anthoine Raut, de Moutier, matelot, 32 ans.

. Yvon Tourant, dÕAudierne, matelot, 24 ans.

. Charles Giraudet, de St Nicolas, matelot, 30 ans.

. Abraham Grelier,  du pŽrot, matelot, 35 ans.

. Estienne Couraut, de Moulier, matelot, 25 ans.

. Paul Audran, du pŽrot, voylier, 23 ans.

. Jean Martineau, de Loix, matelot, 26 ans.

. Jean Decouot, de Marenne, matelot, 24 ans.

. Jean Pinaud, de la Tremblade, matelot, 28 ans.

. Pierre Brunau, matelot, 24 ans.

. AndrŽ-Jean Drouno, dÕOllonne, matelot, 22 ans.

. Paul Rousset, de Marenne, matelot, 26 ans.

. Simon Jacob, cuisinier, de La Rochelle, 24 ans.

. Pierre Boutelot, de Marenne, cocq, 22 ans.

. Franois Guerinau, de St Martin de RŽ, matelot, 19 ans.

. Pierre Chambert, de La Rochelle, garon, 17 ans.

. Jean Viaud, de La Rochelle, garon, 16 ans.

. Jacques Bauldoin, de St Martin de RŽ, 13 ans.

. Pierre Martin, garon, 14 ans.

Il est permis aux officiers mariniers et matelots dŽnomŽs au prŽsent rolle de faire le voyage de Canada et iles de lÕamŽrique ˆ la charge par le bourgeois et le capitaine de nous reprŽsenter laditte Žquipage au retour dudit vaisseau sous les peines portŽes par les ordonnances.  Fait ˆ La Rochelle le 23 mars 1688.

SignŽ Massiot, commissaire ordinnaire de la marine.

 

2.-  #C155- Intendance marine militaire, 1688-1692, pice no 2.

Estat des munitions embarquŽes, par ordre du Roy pour QuŽbec dans le vaisseau La Mareschale, capitaine GUILLOT.

Douze milliers de cordage, quinze barils de blŽ gras, six barils de goudron, huit cent laise de blŽ sec, vingt milliers de plombs en barrils, un baril de pierre a fusil, cent cinquante chaudire de cuivre pesant  douze cent laises, quatorze cent haches pour 2800 livres, deux cents laises dÕacier, trois millions de fer en barre, quatre cents laises de chandelles, cinquante laises dՎponges, quatre cents gamelles de bois, deux mille huit cent aunes de thoille de chanvre pour 2800 livres, cent laises de fil  de poitou, trois coffres de mŽdicaments pour 300 livres, quinze cents laises de tabac de brŽzil, dix caisses de tambours, six cent deux barils de lard pesant soixante milliers ?, trente barriques dÕeau de vie, dix barriques de vinaigre, quinze cent  ??  de clous, dix rames de papier  ????, cent laises de salpestre, quatre cent laises dÕhuile en barils, quatre cent laises de savon, deux cent laises de mches, cent sabres, cinq milliers de poudre ˆ mousquet.

Nous commissaire ordinaire de la marine certifions que les munitions embarquŽes au prŽsent estat, ont estŽs embarquŽes par ordre du Roy dans le vaisseau La Mareschale capitaine GUILLOT pour estre entreposŽ ˆ QuŽbec, sans avoir payŽ aucun droits.

Fait ˆ La Rochelle, le 23 mars 1688.      MASSIOT

 

3.- Archives DŽpartementales des Charentes Maritimes,

a) AmirautŽ de La Rochelle, B 235, folio 185.

Du 30 dŽcembre 1688.

(donc  au retour de QuŽbec)

Etat des vaisseaux de cette ville de La Rochelle, des noms des bourgeois, le port, lÕage et fabrique dÕiceux.

Le navire nommŽ La MarŽchalle du  port de 300 tx (tonneaux) appartenant au Sieur Richard MASSIOT, fabrique hollandoise, agŽ de 14 ans.

b) AmirautŽ de La Rochelle, B 235, folio 262v Du 29 novembre 1689.

Etat des vaisseaux de cette ville de La Rochelle, des noms des bourgeois, le port, lÕage et fabrique dÕiceux pour lÕannŽe 1690.

Le navire nommŽ La MarŽchalle  du port de 300 tx appartenant au Sieur Richard MASSIOT marchand de cette villle, fabrique hollandoise, agŽ de 15 ans.

(dans la marge : desfait)

B.-  Actes, famille Samuel Papineau

0.- Ordre de dŽmobilisation ou congŽ

Ordonnance royale du 21 mai 1698 permettant la dŽmobilisation.

Voici la transcription de lÕordonnance royale (et copie de lÕoriginal), permettant la dŽmobilisation.
 

Ė Versailles le 21 May 1698

ORDONNANCE

qui permet aux soldats des

Compagnies de Canada de se faire habitans au pays

De par Le Roy

Sa MajestŽ Žtant informŽe que parmy les soldats dont sont composŽes les Compagnies quÕelle entretient en Canada il y en a plusieurs qui seroient bien aisŽment de se faire habitans et qui ont toutes les qualitŽs nŽcessaires pour contribuer au bien et ˆ la soliditŽ de la colonie - Elle a ordonnŽ et ordonne veut et entend que ceux qui trouveront ˆ sÕestablir par mariage avec des filles ou femmes nŽes ou establies en la Colonie soient congŽdiŽs de ses Compagnies sur premire demande quÕils en feront et que les habits dÕordonnance quÕils auront leur demeurent sans que sans aucun prŽtexte les officiers puissent les retenir. Et afin de leur donner le moyen de sÕestablir et de subsister en attendant que les terres qui leur seront donnŽes ˆ dŽfricher puissent porter le bled et les autres denrŽes nŽcessaires ˆ leur subsistance, - Sa MajestŽ leur accorde une annŽe de solde qui leur sera payŽe sur les ordonnances du Sieur de Champigny intendant au dit Pays. Mande et ordonne Sa MajestŽ au Comte de Frontenac, Gouverneur et son lieutenant gŽnŽral en la nouvelle france, et au dit Champigny de tenir la main ˆ lÕexŽcution de la prŽsente ordonnance et de la faire lire et publier ˆ la sortie des compagnies afin que les officiers et les soldats en ayent connaissance.

fait ˆ Versailles le 21 May 1698

Archives nationales du QuŽbec ˆ MontrŽal.

Correspondance du Conseil souverain, 1698.

Microfilm no. 5937.

ORIGINAL

 

Plus tard, le CongŽ de Marine sera accompagnŽ dÕun prŽcieux certificat.

 

 

 

1.- 25 avril 1699, Acquisition par Samuel, cŽlibataire, de la terre ˆ la C™te-St-Michel

transcription et original en partie.

Contrat notaire Pierre Raimbault  du 25 avril 1699

No. 137

Par devant Pierre Raimbault Nre royal fut prŽsent messire Franois Dollier de Casson un des prtres du SŽminaire de St-Sulpice de Paris, supŽrieur de Messieurs les ŽcclŽsiastiques de cette isle et procureur de messire Louis Tronson, prtre supŽrieur des messieurs ecclŽsiastiques du SŽminaire de St-Sulpice de Paris, Seigneur et propriŽtaire de la dite isle de MontrŽal et autres lieux, assistŽ de mre Jean Franois Donay, un des ecclsiastiques du dit sŽminaire de cette ville et procureur de Messieurs les Seigneurs, lequel a reconnu et confessŽ, avoir baillŽ, cŽdŽ. quittŽ É par ces prŽsentes ˆ titre de cens et rentes seigneuriales É ˆ Samuel Papineau dit Montigny ˆ ce prŽsent É preneur et receveur ˆ ce dit titre, pour luy, ses hoirs É une concession sise ˆ la Coste St-Michel en cette isle de la contenance de 60 arpents de terre en superficie en 3 arpents de front sur 20 de profondeur, tenant dÕun bout par le devant ˆ une ligne qui court au nord-est et sŽpare la dite concession destinŽes et posŽes ˆ servir de Commune aux habitants de la dite Coste St-Michel, dÕun c™tŽ. Au sud-ouest aux terres concŽdŽes ˆ Jacques Richard dÕautre cotŽ. Au nord-est ˆ une ligne qui court au sud-est et sŽpare la prŽsente concession de celle de RenŽ Albert dit Beaulieu, dÕautre bout par derrire aux terres de messieurs les Seigneurs, non concŽdŽes. É chargŽes par les prŽsentes, savoir la prŽsente concession de 30 sols de cens et dÕune rente seigneuriale non rachetable de 3 demis minots de blŽ froment , bon, sec, net, loyal et marchand pour touts les 60 arpents de terre et 7 sols pour les dits droits de commune par chacun payable au jour de la St-Martin 11 novembre. É suivant la coutume de Paris, É sujette aux moulins de la dite Seigneurie, É et en cas de vente de part ou partie de la dite concession ou Commune, sera loisible a messires les Seigneurs de les reprendre en remboursant lÕacquŽreur du prix de son acquisition et loyaus cožts. É et outre que le dit preneur, ses dits hoirs et ayabt cause ne pourront vendre aucune boisson ennivrante aux sauvages ni directement ni indirectement ˆ peine de dŽchoir du bŽnifice de la prŽsente concession, et perte de touts les travaux et batiments , É sans pouvoir par eux-mmes vendre, donner, cŽder ni transporter en quelque manire que ce soit part ou partie de la dite concession en aucune main morte ni communautŽ, ni y mettre cens sur cens  et sans que les prŽsentes puissent nuire ni prŽjudicier aux droits de messires les Seigneurs, É Le preneur sera tenu de dŽcouvrir les dŽserts de ses voisins ˆ fur et ˆ mesure quÕil sera nŽcessaire, É souffrir sur la dite concession et Commune touts les chemins que mes dits Seigneurs jugeront utiles et entre autre un chemin de charette que le dit preneur fera, entrediendra et rendra praticable sur les terres de la Commune et vis-ˆ-vis de la dite concession. É le dit preneur a obligŽ et hypothquŽ touts ses biens meubles et immeubles, tant prŽsents quՈ venir, sans que les obligations gŽnŽrales et spŽciales dŽrogent lÕun ˆ lÕautre, É et de plus le dit preneur fournira ˆ mon dit Sr. Dollier É dans huit jours dÕhuy une copie du procs-verbal de mesurage et bornage quÕil fera faire ˆ ses frais ,,, par un jurŽ-arpenteur. É

Fait et passŽ en une des salles  du dit SŽminaire de Ville-Marie lÕan 1699 le 25 avril aprs midi en prŽsence des Srs, De Mosny et La Cassaigne, menuisier, tŽmoins demeurant au dit Ville-Marie, qui ont signŽ avec nous, et mon dit Sr. Dollier, le dit Sr. Donay et le dit notaire, le dit preneur a dŽclarŽ ne savoir Žcrire ni signer, de ce enquis et interpellŽ suivant lÕordonnance, lecture faite.

Fran. Dollier, ptre   De La Cassaigne  J. F. Donay  De Mosny                               P. Raimbault N. Royal

 

COMMENTAIRES:

Contrairement aux ordres du roi de faciliter lՎtablissement des soldats dŽmobilisŽs, les Seigneurs Sulpiciens leur faisaient des conditions usuraires. Sans doute pour payer, un siŽcle plus tard, les tableaux de Delacroix qui ornent lՎglise St-Sulpice ˆ Paris, dont lÕun reprŽsente le combat de lÕAnge contre Jacob!

 

 

Original (partie)

 

 

2.- 1701, Samuel, toujours cŽlibataire devient parrain au baptme de Franois Cardinal.

LÕofficiant le dŽclare ŅvolontaireÓ

 

 

Ņle parrain, Samuel Papineau, volontaireÓ

 

3.- 1704, Contrat de mariage entre Samuel Papineau dit Montigny et Catherine Quevillon le 8 juin 1704 devant le notaire Pierre Raimbault. No. 982

LÕacte a ŽtŽ insinuŽ le 7 octobre 1704.

Transcription et original (partie)

Furent prŽsents Samuel Papineau dit Montigny, habitant de la coste St-Michel en cette isle, fils de deffunt Samuel Papineau et de Marie Delain sa femme, ses pre et mre de la paroisse de Montigny ŽvchŽ de Poitiers en lÕancienne France, pour luy et en son nom dÕune part, et Catherine Quevillon veuve de dŽfunt Guillaume Lacombe dit St Amant, habitant de la dite coste St Michel, et fille de dŽfunt Adrien Quevillon, en son vivant habitant de la coste de la Rivire des Prairies et de Jeanne Hunault, sa femme, ses pre et mre;  la dite Hunault ˆ ce prŽsente et consentante, pour elle et en son nom dÕautre part.  Lesquelles parties en la prŽsenceÉÉÉÉÉÉ. Pour ce, assemblŽs, savoir de la part du dit Papineau, de Jean Pouget, ma”tre-tailleur (soldat de M. Delagrois, ex pŽrigueux, fils de Pierre Pouget et Jeanne Roussel) de cette ville et Pierre Cardinal, habitant de la Rivire des Prairies en cete isle (fils de Frs Cardinal et Perrine Racaut de Fontenay le Compte, Poitiers) et de la part de la dite Quevillon, de sa dite Mre, de Jean-Baptiste Quevillon, son frre, de Jacques Vaudry et Marie Francoise Joly son Žpouse, de Joseph Vaudry cousin de la dite future Žpouse, ont fait les traitŽs, accords et conventions matrimoniales ainsi quÕil ensuit savoir : que le dit Papineau et la dite Catherine Quevillon ont promis de prendre lÕun lÕautre par nom et loy de mariage et iceluy faire cŽlŽbrer en face et avc la licence de notre Mre la Ste Eglise catholique, apostolique et romaine le plust™t que faire se pourra et quÕil sera arrtŽ entre leurs dits parents et amis.  Se prennnent les dits futus Žpoux avec les biens et droits ˆ chacun dÕeux appartenant.   Pour estre uns et communs en tous leurs meubles et immeubles, tant ceux quÕils ont de prŽsent que avenir en quelque manire quÕils leur aviennent et ˆ quelque somme et valeur quÕils puissent monter et valoir de part et dÕautre, sans aucune en exceptŽ, sans nŽanmoins estre tenus des dettes et hypothques lÕun de lÕautre faites et crŽŽes avant leurs Žpousailles et au cas quÕil y eut quelques dettes, seront payŽes sur le bien seul du dŽbiteur.  Sera la dite future Žpouse douŽe de 300 livres une fois payŽes ou du douaire coutumier ˆ son choix, duquel douaire prŽfix ou coutumier tel que sera choisy par la dite future Žpouse, elle aura dŽlivrance ds que douaire aura lieu sans estre tenue de la demander en Justice.  Le survivant des dits futurs Žpoux aura pour prŽciput hors part et sans confusion des biens de la dite communautŽ suivant la prise de lÕinventaire qui en sera faite et sans crue jusque ˆ la somme de 200 livres, ou la dite somme en denier comptant au choix du dit survivant sera loisible ˆ la dite future Žpouse survivant au dit futur Žpoux, ou en cas de dissolution de la dite communautŽ de lÕaceepter ou y renoncer et en cas de renonciation elle pourra reprendre et retirer tous les dits biens quÕelle aura apportŽs ˆ la communautŽ et luy seront avenus et Žchus par succession, donation ou autrement avec ses douaire et prŽciput sans estre tenue dÕaucune dette ou hypothque encor quÕelle y eut parlŽ, sÕy fut obligŽe ou y eut ŽtŽ condamnŽe, dont elle sera acquittŽe et indemnisŽe sur les biens du dit futur Žpoux ou par ses hŽritiers pour quy elle aura son hypothque de ce jour sur tous les biens prŽsents et avenir du dit futur Žpoux. En faveur et contemplation duquel mariage (futur) et de lÕamitiŽ

É.. ils se sont faits et font par ces prŽsentes donation pure simple et irrŽvocable entre vifs et au survivant dÕeux ce acceptant, de tous et chacun des meubles et immeubles prŽsents et ˆ venir, tant de propres que dÕacquts, et conqus, en quelque lieu quÕils seront scis et scituŽs, alliŽs (?) et assignŽs et ˆ quelque somme et valeur quÕils puissent monter sans en rien excepter;  pour du tout jouir, faire et disposer en toute propriŽtŽ par le survivant ainsi que bon lui semblera.  La dite donation faite par les considŽrtions du dit mariage le tout au cas que lors dudit dŽcs du dit premier mourant il nÕy eut aucun enfant (issu) dÕeux deux en lŽgitime mariage auquel cas dÕenfant la dite donation au greffe et juridiction de cette isle et gouvernement de MontrŽal et partout ailleurs o besoin sera.  Les dites parties ont fait et constituŽ leur procureur gŽnŽral et spŽcial le porteur et donnant pouvoir & car & ainsi & nonobstant &ÉÉÉÉÉÉ..

 

Fait et passŽ au dit Ville-Marie en la maison du dit Vaudry, lÕan 1704 le 8 juin aprs-midi en prŽsence du sieur Antoine Hatanville greffier royal et Guillaume Lecavelier, Jacques Bazin i.e demeurant au dit Ville-Marie, tŽmoins soussignŽs avec le dit Cardinal et notaire.  Les dits futurs Žpoux, la dite Hunault et autres ci-dessus nommŽs, ont dŽclarŽ ne savoir signer de ces enquis et interpellŽs aprs lecture faite  suivant lÕordonnance É. 

Pierre Cardinal      G. Lecavelier          Hatanville                                   Raimbault  N. Royal

Original (partie)

 

 

 

 

 

4.- 1704, Mariage religieux du 16 juin 1704

Acte de mariage de Samuel Papineau dit Montigny et Catherine Quevillon en lՎglise de Saint-Joseph ˆ la Rivire des Prairies en lÕisle de MontrŽal

 (transcription de lÕoriginal aux Archives nationales du QuŽbec ˆ MontrŽal)

 _Le seizime jour du mois de Juin de lÕannŽe mil sept cent quatre, aprs la publication faite des bans de mariage entre Samuel Papineau dit Montigny, fils de Samuel Papineau et de Marie Delain ses pre et mre de la ville de Montigny en la province du Poitou dans le royaume de France. Le dit contractant demeurant ˆ la Coste de St-Michel de la paroisse de Ville-Marie en lÕisle de MontrŽal et Catherine Quevillon fille de feu Adrien Quevillon et de Jeanne Hunault ses pre et mre de cette paroisse, veuve ci-devant de Guillaume Lacombe (dit St-Amant).
 
 Les premiers bans publiŽs le premier de juin, le second le huitime du mme mois, le troisime  le quinze du dit mois, les jours de dimanche ˆ la messe de la paroisse aprs avoir reu le tŽmoignage de la publication des dits bancs dans la paroisse de Ville-Marie et nÕavoir dŽcouvert aucun empchement.

 Le sousignŽ prtre desservant la paroisse St-Joseph de la Rivire des Prairies les ay (ai) mariŽs selon la forme prescrite par la Sainte ƒglise en prŽsence de Pierre Laurin assistant le dit Žpoux, de  Pierre Taillefer, beau-pre de la ditte Žpouse, de Jean B. (Baptiste) Quevillon son frre, de Charles DazŽ son parrain, de M Franoise Hunault sa tante et de Marie Perthuis sa marraine, tŽmoins ˆ ce requis.
Pierre Laurin, Jean B. Quevillon, le mariŽ et la mariŽe ont dŽclarŽ ne scavoir signer, les autres ont signŽ avec moy_.

 (signatures)   Charles DazŽ Franoise Huno (Hunault) Catherine Perthuis Bouffandeau, prtre
 

original     (noter le dessin du pre Bouffandeau dans la marge)
 File written by Adobe PhotoshopØ 4.0

 

5.- 1705, Promesse de vente et vente de la terre de Catherine Quevillon, aussi sise ˆ la Coste St-Michel, hŽritŽe de son premier mari, Guillaume Lacombe dit St-Amant.

(CÕest peut-tre cette transaction interdite qui sera pŽnalisŽe par les Sulpiciens en 1719)

Transcription ˆ faire.

Original,

promesse de vente du 14 juin 1705 devant le notaire AdhŽmar dit St-Martin

Acte de vente ˆ Jean Guillebert dit Laframboise le 5 novembre 1705 de la terre hŽritŽe par Catherine Quevillon de son premier mariage.

 

 

6.- 1711 Acquisition dÕune terre aux enchres ˆ

Rivire-des-Prairies      29 janvier 1711

Cela pourrait aussi tre cette transaction qui sera pŽnalisŽe EN 1717.

 

(transcriptiom et original ˆ faire)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7.-  Rente annuelle et perpŽtuelle aux seigneurs

de St-Sulpice,  8 janvier 1717. Raimbault, Not.

Original en 3 feuillets:

 (ˆ transcrire et Žtablir la justification)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8.- 11 mars 1720

Vente dÕune demie terre ˆ Rivire-des-Prairies,   hŽritŽe par Catherine de son pre, Adrien Quevillon, tuŽ par les Iroquois vers 1693.

La vente est faite ˆ sa mre et ˆ son mari.

Transcription et original ˆ faire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9.-  23 avril 1737, acte de sŽpulture de Samuel

CÕest dÕailleurs ˆ la chapelle du Fort-Lorette, mission Žtablie en 1696 par les Sulpiciens pour transfŽrer les indiens du Fort de la Montagne vers le Sault-au-RŽcollet, que se fera le 23 avril 1737 la sŽpulture de Samuel Papineau dit Montigny dŽcŽdŽ la veille ˆ lՉge de 67 ans.

SƒPULTURE (transcription de lÕacte PRDH # 115310)  Sault-au-RŽcollet    le 23 avril 1737

DŽcs :1737-04-22

SAMUEL PAPINAU dit MONTIGNY    (1670-1737)                          67  ans

----------------------------------------------------------------------Catherine Quevillon             (1686-1781)                                     51 ans conjointe de 01

----------------------------------------------------------------------

Pierre Martineau          voisin de Samuel                                                

(pre de Charlotte, Žpouse de Jean-Baptiste, fils de Samuel Papineau)

----------------------------------------------------------------------Michel Perillard dit Bourguignon pre  de J-Bte.                                    

----------------------------------------------------------------------Jean-Baptiste Perillard dit Bourguignon

gendre de Samuel,  Žpoux de Marie Papineau

----------------------------------------------------------------------Charles Leblanc,  chantre, capitaine de milice de la C™te-St-Michel

----------------------------------------------------------------------Guillaume CHAMBON prtre de Saint-Sulpice                                               

Missionnaire au Sault-au-RŽcollet depuis novembre 1736, ˆ la Chapelle du Fort-Lorette

 

 

Samuel Papineau dit Montigny fut sans doute inhumŽ en 1737 dans un cimetire situŽ prs de la chapelle qui faisait le coin sud-est du Fort-Lorette, datant de 1696.

Depuis 1721, les Sauvages qui autrefois avaient leurs cabanes ˆ lÕextŽrieur de lÕenceinte du fort, avaient ŽtŽ dŽmŽnagŽs aux Deux-Montagnes, plus tard nommŽ Oka.

 

Les habitants de la C™te-St-Michel qui auparavant faisaient partie de la paroisse de Saint-Laurent furent rattachŽs ˆ la nouvelle paroisse de Sault-au-RŽcollet ˆ sa fondation en 1736. Les services religieux Žtaient tenus dans la chapelle du Fort- Lorette o le premier curŽ, M. Chambon, Žtait logŽ dans la maison des seigneurs.

 

 

Aprs lÕinauguration de la nouvelle Žglise de La Visitation en 1752, de style rŽcollet, Ē on amŽnage un nouveau cimetire entourŽ de murs de pierre de chaque c™tŽ de lՎglise Č. rŽf.: Petite histoire du Sault-au-RŽcollet,

Louis De Kinder, p. 32.

On y a peut-tre dŽmŽnagŽ la tombe de Samuel Papineau depuis le cimetire de la chapelle du Fort-Lorette.

Cependant Ē en 1873, la Fabrique de la paroisse fait lÕacquisition dÕun terrain, ˆ lÕouest du Chemin des Sauvages et touchant la propriŽtŽ des JŽsuites, pour servir de cimetire. La fermeture de lÕancien cimetire permettra la construction dÕun nouveau presbytre ˆ lÕest de lՎglise, dix ans plus tard, ainsi quÕune salle des habitants, ˆ lÕouest Č. ref: ibid. De Kinder, p. 58.

 

 

 

La nouvelle Žglise, avec ses deux clochers.

Reproduit de: Le Sault-au-RŽcollet,  

Chs. P. Beaubien, curŽ. p. 238

 

Le premier Fort-Lorette ou Nazareth, de 500 pieds par 160 pieds, fut construit pour les prtres de Saint-Sulpice, seigneurs de lՔle de MontrŽal. Il fut commencŽ en 1696 pour la dŽfense de lՔle et pour accueillir les Sauvages du Fort de la Montagne de MontrŽal, au nombre de 113 en 1698, selon le curŽ Beaubien. La chapelle, en pice sur pice, mesurant 60 pieds par 27, fut terminŽe en 1701.

 

 

ƒcole des soeurs de la CongrŽgation Notre-Dame, 1701.

La mme annŽe, les soeurs de la CongrŽgation Notre-Dame y ouvrent la premire Žcole.

 

 

Le dernier vestige du Fort-Lorette Žtait la poudrire, dŽmolie en 1926.

La rue du Fort-Lorette, ˆ lÕouest de lՎglise actuelle, rappelle cette Žpoque.

 

 

Site de lÕancien Fort-Lorette, ˆ lÕouest de lՎglise actuelle. L.DeKinder, p. 54

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ƒGLISE DE LA VISITATION DU SAULT-AU-RƒCOLLET

La plus vieille Žglise du rŽgime franais subsistant ˆ MontrŽal.

De style rŽcollet, construite en 1748, inaugurŽe en 1752.

RallongŽe de deux travŽes en 1850 par John Ostell, architecte de Notre-Dame de MontrŽal.

La dŽcoration intŽrieure est en partie due ˆ Louis-Amable Quevillon, petit-neveu de Catherine Quevillon, lՎpouse de Samuel Papineau.

Ē En 1969, commence la construction du pont Papineau-Leblanc. La fabrique vend une grande Žtendue de terrain pour lÕapproche du pont. Toutes les maisons du c™tŽ ouest de la rue Papineau ont ŽtŽ dŽmolies lÕannŽe prŽcŽdente:

De Kinder p. 92.

Il faut croire quÕil nÕy avait pas de sŽpultures ˆ cet endroit.

 

Cimetire de la paroisse du Sault-au-RŽcollet                          

Si, par un hasard providentiel, il y a eu deux fois une translation des restes du premier anctre Samuel Papineau, ils se trouvent dans ce cimetire situŽ ˆ lÕouest de la rue Papineau, entre les boulevards Gouin et Henri-Bourassa.

On devrait y faire installer une plaque commŽmorative, rappelant le plus de trois-centime (300e) anniversaire du mariage de Samuel Papineau et de Catherine Quevillon ˆ St-Joseph de la Rivire-des-Prairies, le 16 juin 1704.

CՎtait lÕacte fondateur de la lignŽe des milliers de descendants Papineau dont le premier anctre repose ici.

10.- Inventaire aprs dŽcs 27 juillet 1738

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C.- Actes des trois familles fondatrices (INDEX)  

(paternel et maternel, par ordre dÕanciennetŽ de lÕarrivŽe).

 

I.- TOUSSAINT HUNAULT DIT DESCHAMPS         ET MARIE LORGUEIL

   a.- MARIAGE en 1654

   b.- FAMILLE

 

    c.- LEUR FILLE JEANNE

1.- SON BAPTęME

2.- SES 3 MARIAGES

3.- SA SƒPULTURE

      

II.- ADRIEN QUEVILLON ET JEANNE HUNAULT DIT DESCHAMPS

a.- MARIAGE en 1672

b.- FAMILLE

 

c.- LEUR FILLE CATHERINE

1.- SON BAPTęME en 1686

2.- SES 4 MARIAGES, 1703, 1704, 1742, 1754

3.- SA SƒPULTURE

 

      

 

III.- SAMUEL PAPINEAU DIT MONTIGNY ET         CATHERINE QUEVILLON

a.-  MARIAGE en 1704

b.- FAMILLE

I.- Famille Toussaint Huneault dit

Deschamps et Marie Lorgueil

a.- Mariage:

VILLE-MARIE (MontrŽal)   le 1654-11-23

Note: Ils sont tous deux arrivŽs avec la Grande Recrue de 1653. On ignore sÕils se connaissaient en France avant le recrutement ˆ Laflche et lÕembarquement ˆ Saint-Nazaire ou ˆ LaRochelle pour elle.

TOUSSAINT HUNAULT dit DESCHAMPS

Fils de Nicolas Hunault et Marie Benoist

Origine : Paroisse de St-Pierre-es-Champs, diocse de Beauvais

TuŽ en 1690 dÕun coup dՎpŽe par le lieutenant des Troupes, Michel Dumont de Blaizac, qui prend la fuite.

MARIE LORGUEIL

Origine : ville de Cognac

Fille de Pierre Lorgueil et Marie Bruyre

(on nÕa pas trouvŽ dÕarchives pour Marie Lorgueil)

 

tŽmoins:

Paul Chomedey de Maisonneuve, Gouverneur de MontrŽal

Gilbert Barbier

Claude Pijart   Profession  : Prtre

(lÕacte est rŽdigŽ en latin)

 

 

 

b.- Famille

de  TOUSSAINT  HUNAULT dit DESCHAMPS

et   MARIE  LORGUEIL

Thcle et Thomas Chartrand

AndrŽ et Marguerite Langlois/ Lachapelle

JEANNE 02-11-1658 ˆ 05-09-1748 (90 ans)

et   ADRIEN QUEVILLON

 

Pierre et Catherine Beauchamp

Marie ThŽrse et Guillaume Leclerc

Elle est tuŽe par les Iroquois ˆ Lachenaie

Mathurin

Marie Franoise et Nicolas Joly

Toussaint et Etiennette Paquet

 

 

c.- Leur fille Jeanne

 

   1.- son baptme

BAPTęME           MontrŽal      1658-11-02

Jeanne Hunault (dit Deschamps)

Toussaint Hunault dit Deschamps  Profession : Habitant

Marie Lorgueil

Fiacre Ducharme dit Lafonteyne    Profession : Menuisier

Jeanne Rousseliere, conjointe de

Pierre Godin dit Chatillon      Profession : Charpentier

 

į      Le rŽdacteur a omis de signer

 

  

2.- ses trois mariages

JEANNE HUNAULT dit DESCHAMPS  

( de 3 mariages, elle eut 9 enfants dont 2 tuŽs par les Iroquois)

Naissance : 1658-11-02 MontrŽal

DŽcs : 1748-09-05 Rivire-des-Prairies

 

Premier mariage : 1672-02-02    MontrŽal

Adrien  Quevillon, dŽcŽdŽ vers 1693,

TuŽ par les Iroquois ( 7 enfants )

France  Pre : Nicolas  Quevillon

France  Mre : Marie  Vauquelin

 

Deuxime mariage : au printemps 1696, chez les Iroquois

Jacques Courval, Franais, disparu ou dŽcŽdŽ  chez les Iroquois entre 1696 et 1698. (1 enfant)  Un fils nŽ chez les Iroquois. Ė la libŽration de sa mre et de sa demie-soeur Catherine Quevillon, il sera baptisŽ sous condition ˆ Pointe-aux-Trembles ˆ lՉge de 18 mois, le 4 juin 1698, sous le nom de  Louis Augustin Courval.

Troisime mariage : 1699-05-07    MontrŽal

Pierre Taillefer, ( 1 enfant ) Pierre Taillefer II

 France    Pre : Guillaume Taillefer

 France    Mre : Suzanne Campion

3.- sa sŽpulture

 

Rivire-des-Prairies  1748-09-06

Jeanne Hunau

Pierre Taillefer

Jean-Baptiste Rapin

Pierre Taillefer II

Hourde   Profession : prtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II.- Famille Quevillon

a.- Mariage

Mariage le 2 fŽvrier 1672 ˆ Ville-Marie   

ADRIEN  QUEVILLON

Pre : nicolas  quevillon

Mre : marie  vauquelin

et 

JEANNE  HUNAULT dit DESCHAMPS

Pre : toussaint  hunault dit deschamps

Mre : marie  lorgueil

 

b.- Famille

į      Marie Marguerite  et Jean Mineau dit Lumina

į      Marguerite et Jacques Demolier dit Biarnais

į      Pierre, blessŽ peut-tre mortellement lors du rapt de sa famille par les Iroquois ˆ la Rivire-des-Prairies en 1692. On le retrouve ˆ lÕH™tel-Dieu de QuŽbec. Il est dit ŅsortiÓ, puis il nÕexiste aucun acte affirmant sa survie.

į      Franoise AngŽlique

tuŽe ˆ lՉge de 12 ans par les Iroquois  

į      Jean-Baptiste et Marie Anne Jammoneau dit Moineau

CÕest eux qui auront la descendance la plus nombreuse.

į      Franois et Marie Louise DeVilleray

į      Marie Catherine  (14-03-1686 ˆ 30-03-1781) 95 ans

 

   

 

 

 

c.- leur fille Marie Catherine

1.- son baptme

Pointe-aux-Trembles 1686-03-14

CATHERINE QUEVILLON

RŽsidence : C™te-St-Dominique (Rivire-des-Prairies)

Adrien Quevillon      RŽsidence : C™te-St-Dominique

Jeanne Hunault dit Deschamps

Charles DazŽ fils

Paul DazŽ,  parrain de lÕenfant

Franoise Goubille (mariŽe DazŽ)

Catherine Perthuis (mariŽe Maguet) marraine de lÕenfant

Pierre Maguet

Seguenot, profession : curŽ    de Pointe-aux-Trembles

2.- ses 4 mariages

Marie-Catherine Quevillon

(selon PRDH avec corrections JYP en 2002)

Premier mariage :

elle a 17 ans     1703-07-30    MontrŽal

GUILLAUME  LACOMBE dit ST-AMANT

Pre : michel  lacombe

Mre : marguerite

 

Deuxime mariage :

18 ans 1704-06-16, St-Joseph  de Rivire-des-Prairies,

SAMUEL  PAPINEAU dit MONTIGNY 

Pre : samuel  papineau

Mre : marie  delain

 

Troisime mariage :

elle a 56 ans 1742-04-03  

Sault-au-RŽcollet

JACQUES  DANIEL (veuf)

Pre : francois  daniel

Mre : marie  baudon

 

Quatrime mariage :

elle a 68 ans 1754-02-18   

Sault-au-RŽcollet

JEAN-BAPTISTE NICOLAS  VERRAT dit PARISIEN

Pre : jean baptiste  verrat (Paris)

Mre : marie madeleine  levasseur

  

3.- sa sŽpulture

SƒPULTURE       MontrŽal      1781-04-02

DŽcs :1781-03-30

MARIE CATHERINE QUEVILLON

95 ans,  veuve de Nicolas VŽrac (ou Verrat) dit Parisien

(4e mari, dŽcŽdŽ)

Hardy Pre, chantre   Hardy fils, chantre

F.X. DUFAUX   Profession : PRETRE

 

InhumŽe dans le cimetire proche lՎglise

 

(1re Žglise Notre-Dame)

Note: Elle avait 9 enfants et une cinquantaine de petits-enfants dŽjˆ mariŽs qui ont dž assister aux funŽrailles. Comme dÕhabitude alors, lÕofficiant ne les a pas ŽnumŽrŽs dans lÕacte.

copie de lÕacte original

 

 

III.- Famille Samuel Papineau

 

 

b.- Famille (9 enfants)

et conjoints dont nous verrons la descendance dans le Tome 2.

1-Marguerite 1705-03-23 ˆ 1758-08-29

Mariage, 1725-08-20

J.-Bte. Perillard dit Bourgignon

 

2-Catherine 1706-12-12 ˆ 1730-10-16

Mariage, 1730-10-16

Nicolas Perillard dit Bourgignon

 

3-Louise 1709-04-28

Mariage, 1725-04-16

Pierre Paradis

 

4-Franois 1712-05-24

Mariages

1- M. Josephe De Vautour

2- M-Josephe LETOURNEAU

3- Marie ALARIE

 

5-PIERRE 1714-10-20

Mariage, 1739-06-30

Marie-Josephe Brignon dit   Lapierre

 

6- Jean-Baptiste 1716-11-01

Mariage, Marie-Charlotte Martineau

 

7- Joseph 1719-03-18 ˆ 1785-09-08

Mariage, 1749-02-17 

M-Joseph Beaudry 1729-03-27 ˆ 1814-12-18

premier anctre paternel de la lignŽe politique (et de lÕauteur) nŽ en Nouvelle-France

8- MICHEL 1722-04-16

Mariage, 1753-03-05  

M-Anne Sarrault dit Laviolette

 

 

9- Jean-Louis 1726-08-25

Mariages

1- M-Joseph Chomelier 1746-04-18                           

2- Marie Mandeville

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D.- Troupes de la Marine, 1683-1688

recherche de Jean Leclerc, s.j.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

E.-  Cartes de Montigny et de sa rŽgion

 

En France 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les Deux-Svres en 1878

 

 

 

 

 

 

 

Montigny,  cartes modernes

 

 

 

 

 

Carte Michelin

 

 

 

 

 

 

 

 

La Papinire et Montigny en 1765-1768

Selon la carte de Cassini.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte Google, satellite,

La Papinire et Montigny par satellite Google en 2010

 


 

 

 

 

 

 

 

 

F.- De nouvelles donnŽes prometteuses?

Les guerres de religion fratricides du 17e. sicle, les destructions par les colonnes infernales pendant les guerres de VendŽe ˆ la fin du 18e. sicle, et finalement, le malencontreux incendie des Archives dŽpartementales ˆ Niort au dŽbut du 20e. sicle ont fait que lÕon nÕa pas encore, en 2008, trouvŽ les actes de lՎtat civil Š baptme, mariage, sŽpulture, - de la famille de Samuel Papineau.

Comme Samuel a qualifiŽ son pre de ŅmarchandÓ, ce que confirme le moulin-ˆ-vent de La Papinire sur la carte de Cassini de 1765, il doit bien aussi exister des actes des notaires dŽcrivant ses transactions de biens, de terre, etc.

Or voilˆ que les techniques trs rŽcentes de la numŽrisation informatique nous offrent, par association, des pistes nouvelles pour pousser plus loin les recherches.

Noms de personnalitŽs de la rŽgion au 17ime sicle ayant possiblement des liens avec les Papineau de Montigny en Poitou et donc aussi avec ceux du Canada.

1.- Blasons DÕHozier,  vers 1700, ˆ Montigny et LaBoissire

2.- Dossiers aux archives ˆ Poitier dÕun notaire de Bressuire en 1673 

3.- Dossier aux archives ˆ Poitier du curŽ Morin de Montigny vers 1700

4.- Notes et commentaires

 

 

1.- DÕHozier, Charles dÕ (1640-1732).

Armorial gŽnŽral de France, gŽnŽralitŽ du Poitou, dressŽ en vertu de lՎdit de 1696 par Charles DÕHozier.   BNF-Gallica, Paris

 

:Armorial-Poitou.jpg 

 

Liste alphabŽtique des rŽcipiendaires et descriptions de leurs blasons, 

Par H.Passier,  Clouzot, Niort, 1887

 

:D'Hozier_Armorial-du-Poitou_blasons.jpg

 

 

 

copie de lÕoriginal dŽcrivant les blasons du curŽ Morin et du secrŽtaire Bichot, de Montigny.

(troisime et quatrime)

 

:Morin, Noël, curé de Montigny et Bichot.pdf

 

 

 

1.a.- Gilles Papineau, greffier des rolles, paroisse de La Boissire (prs de MaulŽon et de Montigny)

 

Papineau:Users:jean-yvespapineau:Desktop:D'Hozier_blason_Gilles-Papineau.jpg

 

 

 

 

 

1.b.- No‘l Morin, prtre , curŽ de la paroisse de Montigny et

NÉ veuve de N. Bichot, greffier des rolles de la paroisse de Montigny.

 

Papineau:Users:jean-yvespapineau:Desktop:D'Hozier_Montigny_curé-greffier.jpg

 

:Morin, Noël, curé de Montigny et Bichot.jpg

 

       

 

2.-  G. Delavau notaire ˆ Bressuire en 1673

              Archives dŽpartementales de la Vienne ˆ Poitier

Accueil > Faire une recherche > Inventaires en ligne > Tables des notaires par noms > D > Delavau

Delavau

Notez le groupe de cotes qui vous intŽresse et reportez-vous aux rŽpertoires des notaires.

 

Nom du notaire

RŽsidence de lՎtude

Cotes

PŽriode

Delavau

Genay

4 E 80/72

1641

Delavau (G.)

Bressuire (Deux-Svres)

4 E 53/484

1673

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut vŽrifier lÕautenticitŽ de ces blasons en les comparant avec celui du comte Ē des Dorides Č,  actuel chatelain du Plessis Batard ˆ Montigny qui, comme La Papinire, appara”t sur la carte de Cassini de 1765 (deuxime) :

 

 

 

 

 

 

4.- Notes

lՃdit de 1696 de lÕArmorial de France avait pour but de recenser et policer les titres de noblesse et les armoiries de France, y compris les blasons dits Ņde convenanceÓ.

Or, en 1702 des pays europŽens et lÕAngleterre ont declarŽ la guerre ˆ la France en utilisant le prŽtexte que Louis XIV avait placŽ son petit-fils Philippe V dÕAnjou sur le tr™ne dÕEspagne.

Pour financer sa dŽfense, Versailles eut recours ˆ la vente de ces Ņblasons de convenanceÓ, commenant ˆ cinquante livres pour les gens ordinaires, allant jusquՈ 100 livres pour les nobles et les corps constituŽs.

 

 

Pour une description dŽtaillŽe de LÕArmorial de France,

(en anglais) :

http://www.crwflags.com/FOTW/FLAGS/fr_armge.html

La sŽlection des rŽcipiendaires a dž aussi tenir compte de leur zle ˆ dŽnoncer les Huguenots que lÕon pourchassait suite ˆ la rŽvocation en 1685 de lՃdit de Nantes qui les avait protŽgŽs depuis sa promulgation par Henri IV en 1598.

 

 

Voici un document de 1701 enregistrant  dans les Armoiries de France lÕoctroi par brevet dÕun blason É.  aprs paiement des droits:

 

:Dhozier-blason-frais.gif

 

 

 

Blason de Gilles Papineau, 

greffier des rolles de la paroisse de La Boissire  prs MaulŽon et Montigny.

La tradition orale des Papineau du Canada le dit frre a”nŽ de Samuel Papineau (Montigny 1670 - MontrŽal 1737), qui fut soldat des Troupes de la Marine en Nouvelle-France en 1688.

Libre aux Papineau dÕaujourdÕhui de sÕen ennorgueillir.

Ņde sable, semŽ dՎtoiles dÕor et de billettes dÕargentÓ

 

 

 

 

 

 

1.7.9    Les Papineau de Niort, qui sont protestants huguenots, iront Ē au refuge Č en  Angleterre et aux USA.

 

Tout aussi satisfaisant en ce printemps 2000  fut de trouver avec lÕaide de notre amie gŽnŽalogiste de Niort, madame Marguerite Morisson, la filire complte des anctres de Jean Papineau, ce jeune huguenot qui Žmigra dÕabord en Angleterre, puis en Nouvelle-Angleterre ˆ la fin du 17e sicle et fonda une descendance appelŽe aujourdÕhui aux ƒtats-Unis:  Popenoe et Poppino.

Nous avions ŽtudiŽ ensemble en 1998 la compilation exhaustive du Pasteur Rivire intitulŽ: Le livre dÕor des protestants  du Poitou, relatant le parcours de milliers de personnes.

Y figurait en bonne place pour lÕannŽe 1699 un Ē ancien Č du temple huguenot du nom de Jean Papineau, marchand de Niort, mis ˆ lÕamende ˆ rŽpŽtition pour refus dÕenvoyer ses nombreux enfants aux offices catholiques Č.

Aprs deux ans de recherches nous avons trouvŽ quatre gŽnŽrations de Papineau et dŽcouvert que plusieurs membres de cette lignŽe de Niort avaient trouvŽ refuge en Angleterre.

LÕun dÕeux le calviniste Jean Papineau, nŽ en 1678, Žtait parti pour la Nouvelle-Angleterre vers 1698. Il y exploita avec Gabriel Bernon, un marchand de La Rochelle, et Michel Grignon, une chamoiserie ˆ New-Oxford, dans le Massachussett.

Ce qui pourrait suggŽrer que ses trois anctres toujours identifiŽs comme marchands ˆ Niort Žtaient aussi de ce mŽtier qui faisait la renommŽe de Niort.  Il sÕest mariŽ vers 1700 avec Charlotte Bouniot, un patronyme frŽquent ˆ Niort et en VendŽe.

Ils eurent deux fils, Jean et Pierre, lÕun dÕeux baptisŽ ˆ lՎglise calviniste de New-York. Ils ont donnŽ deux lignŽes amŽricaines, les Poppino et les Popenoe.

Oliver Popenoe de New-York, diplomate amŽricain ˆ la retraite, a contribuŽ  au succs de ces recherches car il avait dŽpouillŽ les livres de comptes de Gabriel Bernon aux Archives de lՃtat du Rhode-Island ˆ Providence.

Voir son site web:   http://www.popenoe.com

Avec son autorisation, on peut consulter dans notre page WEB notre correspondence donnant la liste des actes retrouvŽs et un arbre gŽnŽalogique des Papineau de Niort.

Le plaisir de ces dŽcouvertes est amplifiŽ par le fait que AmŽdŽe Papineau avait fait cette recherche et correspondu avec ces AmŽricains en 1894 et que le Lt.-Colonel Denis-Benjamin Papineau avait fait de mme en 1963, toujours sans succs quant ˆ la ville dÕorigine de leurs anctres.

Selon une correspondance entre les Popenoe amŽricains et le pre Archange Godbout, fondateur de la SociŽtŽ gŽnŽalogique canadienne-franaise, ce dernier opine quÕau 17e sicle, Montigny et Bordeaux Žtaient plut™t dÕobŽdience catholique alors que Niort comme La Rochelle Žtaient plut™t dÕobŽdience protestante.

Il resterait ˆ identifier les Papineau dÕAngleterre qui descendent aussi de Jean Papineau de Niort.

 

 

1.8.0    Les Papineau de Bordeaux et de La Rochelle,

au Canada, aux USA, ˆ Singapour et en Australie.

Parmi les Papineau traversŽs en AmŽrique au 17e sicle, nous avons trouvŽ le certificat du baptme le sept juillet 1648 ˆ Bordeaux, de Anne Papineau Lamarque, fille de Marie Papineau mariŽe ˆ Louis Lamarque.

 

Port de Bordeaux en 1759.     Joseph Vernet,

MusŽe de la Marine,

Marie est la fille de Louis Papineau, marchand de Bordeaux, qui a obtenu des lettres de bourgeoisie en 1605. MariŽ ˆ Jeanne Dautiges, ils ont aussi trois fils, dont  Olivier que lÕon trouve conseiller du roi et banquier ˆ La Rochelle, fonctions aussi occupŽes plus tard par son fils cŽlibataire Pierre-Louis.

Anne Papineau Lamarque avait sans doute fait la traversŽe vers 1658-1660 avec son frre Jacques, dont nous avons aussi copie de lÕacte de baptme en 1643 ˆ St-AndrŽ de Bordeaux.   

On la dit Ē demoiselle noble envoyŽe par le roi Č, dans les archives du couvent des Ursulines de QuŽbec o elle est Žtudiante de fŽvrier ˆ octobre 1663. Elle a dž conna”tre mre Marie de lÕIncaarnation qui avait fondŽ le couvent en 1639.

En 1666, ˆ lՉge de 18 ans, on la retrouve ˆ MontrŽal o elle Žpouse Charles Testard qui pendra plus tard le surnom Ē dit Folleville Č. Il Žtait arrivŽ ici avec son frre militaire, Jacques Testard de La Fort et une soeur, Jeanne, mariŽe en 1662 ˆ Franois Lebert, aussi originaire de Rouen.

La famille Testard donnera ˆ la Nouvelle-France de trs grands militaires: le fils de Jacques, Gabriel Testard de La Fort, capturŽ par les Anglais ˆ la Baie dÕHudson, dŽcŽdŽ dans la prison de Londres. Son frre, Jacques Testard de Montigny et le fils de ce dernier, Jean-Baptiste Philippe Testard de Montigny, dont nous avons les portraits au MusŽe Ramesay, ont tous deux mŽritŽ la Croix de Saint Louis, la plus haute dŽcoration militaire franaise.

 

 

Jacques et son fils Jean-Baptiste Philippe Testard De Montigny

 

 

 

Les appellations La Fort, Folleville et Montigny sont tirŽes des noms de places des environs de Rouen dÕo est originaire la famille Testard.

CathŽdrale de Rouen

Ē Anne Papineau Lamarque Testard de Folleville Č qui Žtait devenue aubergiste ˆ Ville-Marie sera une des hŽro•nes de la thse de doctorat de lÕethnologue Robert-Lionel SŽguin: Ē Les moeurs libertines en Nouvelle-France Č.

La fameuse auberge serait situŽe ˆ MontrŽal ou pourrait apparaitre sous le nom de FOLLEVILLE sur la carte de MontrŽal de 1702 du terrier des Sulpiciens, seigneurs de lՔle. Elle est situŽe ˆ la CoulŽe St-Jean, mitoyenne du petit fort Gervaise, donc ˆ Pointe-aux-Trembles .

Ils auront de trs nombreux descendants dont certains adopteront le patronyme de la grand-mre Papineau.

Quelques uns de ces Papineau sont aux USA, dont Anthony Papineau, celui qui a construit le site gŽnŽalogique Papineau le plus complet sur le web: http://www.papineaufamily.com/familytree.htm

 

Papineau de Bordeaux ˆ Singapour et en Australie.

DÕautres Papineau descendants de Pierre Papineau, bourgeois de Bordeaux, se trouvent ˆ Perth, en Australie.

Le premier de la lignŽe sÕest installŽ ˆ Singapour.

Un de ses fils, Aristide Papineau, a ŽtŽ fait prisonnier et internŽ au Japon pendant la dernire guerre, fait qui Žtait connu du gŽnŽalogiste le Lt.-colonel D.-B. Papineau.

Aprs sa libŽration il est devenu ˆ Singapour lÕauteur de brochures touristiques sur plusieurs pays du Sud-Est asiatique. Il les avait intitulŽ : Ē Let Papineau guide you around Asia Č et Ē Discover PapineauÕs world Č. Celui sur Hong Kong date de 1982 alors que lÕauteur, Jean-Yves Papineau allait y ouvrir la premire DŽlŽgation du QuŽbec en 1984.

 

 

 

En avril 1985, aprs avoir dirigŽ la tournŽe mouvementŽe du premier-ministre RenŽ LŽvesque en Asie et lÕouverture Žreintante de la DŽlŽgation du QuŽbec ˆ Hong Kong, lÕauteur fut contraint par le docteur Paul Chow de prendre quelque repos. Pourquoi pas une semaine ˆ Bali comme le recommendait le lointain cousin Aristide Papineau dans son guide touristique.

Il avait raison, Bali est la plus belle image du paradis.

 

 

1.9    Bibliographie

1.9.1           ImprimŽs

.- ARCHIVE-HISTO, Banque de donnŽes notariales du              QuŽbec ancien, Parchemin,

.- Archives judiciaires de MontrŽal, Archives Nationales du QuŽbec, MontrŽal.

.-BEAUBIEN, Charles-P. Le Sault-au-RŽcollet, Beauchemin, MontrŽal, 1898, 505p.

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į      Cap aux Diamants, De Marque Inc.(CD-ROM) et www.histoirequebec.com/cad

į      SGCF MŽmoires de la SociŽtŽ gŽnŽalogique Canadienne-Franaise, 1976-1997. (CD-ROM) et

www.sgcf.com

į      Dictionaire biographique du Canada, UniversitŽ Laval http://www.biographi.ca/FR/

.- Papineau family page de la famille Anthony Papineau aux U.S.A. (Anctres Papineau de Bordeaux)

www.papineaufamily.com

į      Popenoe Page de la famille Oliver Popenoe aux U.S.A. (Anctres Papineau de Niort)

www.popenoe.com

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Rapports des archives nationales du QuŽbec 1920-1975. (CD-ROM) ANQ.

į      History of Canada  (a very short summary/bref rŽsumŽ, en anglais)

www.linksnorth.com/canada-history

 

 

- ƒdit de Nantes 1598-1685,

http://www.webencyclo.com/articles/articles.asp?IDDoc=00001bae

.- Poitou historique,

http://www.webencyclo.com/articles/articles.asp?IDDoc=00002013

- VendŽe,

http://www.webencyclo.com/articles/articles.asp?iddoc=000029e8

http://www.histoiredevendee.com/index.htm

 

   

 

 

 

 

Paris 1967

 ©2010 Jean-Yves Papineau.

Mont-Tremblant, QuŽbec

membre no.1672

SociŽtŽ gŽnŽalogique canadienne-francaise.



EN HOMMAGE Ė SAMUEL PAPINEAU  

dit Montigny 1670-1737

                        

Cette saga est celle du premier Papineau arrivŽ en Nouvelle-France en 1688 dans une Compagnie Franche des Troupes de la Marine.

Huit gŽnŽrations sŽparent Samuel, le hŽros de ce rŽcit, et Jean-Yves Papineau, lÕauteur. (ici en mission diplomatique en 1984 avec le premier ministre RenŽ LŽvesque devant le cŽnotaphe des soldats canadiens en CorŽe)  

 

Le dŽclencheur de ce projet fut une  visite inopinŽe en 1966 ˆ Montigny, berceau de sa famille, alors quÕil Žtait en poste ˆ la DŽlŽgation gŽnŽrale du QuŽbec ˆ Paris.

NŽ dans une famille qui a illustrŽ lÕhistoire du QuŽbec, et o lÕon parlait donc beaucoup de gŽnŽalogie, cÕest seulement ˆ sa retraite en 1998 quÕil plonge sŽrieusement dans ce monde fantastique de la recherche des anctres et de leur histoire. Il lui faudra une dŽcade ˆ interroger des archives poussiŽreuses et de vieux grimoires en France, les nombreuses Žtudes et publications des archivistes et historiens quŽbŽcois, en plus de recourir aux merveilles de la numŽrisation informatique et de lÕinternet qui sont devenus des alliŽs incontournables des chercheurs.

On trouvera ici de nombreux rŽcits et des documents tout ˆ fait inŽdits qui en font foi.